Appartement d'Irène et de Léa
Point de vu de Léa
Quand nous entrons dans le salon Mekra passe son bras au dessus de mes épaules. Ce geste signifie beaucoup pour moi et il indique aux autres que je suis sous sa protection, que j'ai sa bénédiction. Lorsqu'on s'assoit sur le canapé je vois Ken au loin froncer les sourcils, dans le même temps j'observe Fram et Mo se rapprocher de nous.
- Vas-y, fait d'la place à coté de la tit-pe mec s'te'p'.
Mo est totalement inconscient ou quoi de parler à Mekra de cette façon?
- T'as cru que tu parlais à qui toi? Vas-y t'a d'la chance je dois aller voir le p'tit grec avant qu'il fasse une scène.
Perplexe je le vois se lever et se diriger vers Ken qui effectivement ne semble pas loin de la crise de nerf. Mo et Fram s'assoit à coté de moi: Mo à ma gauche et Fram à ma droite.
- Ouech on observait de loin pour te défendre de Mekra si besoin.
- C'est ça oui.
- Ouech j'te jure. Tu nous prend pour qui?
Mo me regarde outrait que j'ose remettre en doute ses propos. Framal mort de rire reprend.
- En vrai, on savait pas trop comment venir te parler. C'est que ça fait longtemps... Enfin bon y'a eu la dernière fois au bar mais on a pas vraiment eu l'occasion de parler
- C'est vrai... On peut recommencer de zéro peut être?
- Enchanté, je m'appelle Sneaz, Mo pour les intimes.
Dans un éclat de rire la conversation reprend. Pendant quelques heures la douleur de mon coeur se fait oublier. Sous des flot d'alcool et dans les éclats de rire je retrouve ces amis passés, nous refaisons connaissance au présent. J'apprend avec plaisir à découvrir les hommes qu'ils sont aujourd'hui. Je reconnais quelques trait de caractères qu'ils avaient déjà à l'époque et je devine une maturité évidente... enfin plus qu'au lycée.
***
La soleil commence à se lever au loin. Il ne reste plus grand monde. Mekra enfile sa veste et râle après Mo qui est intenable. Il est motivé pour supporter Mo et Doum's dans le même véhicule. Fram et Ken sont plus calmes. Lorsque la porte se referme derrière eux, j'interroge Irène.
- Pourquoi t'as pas proposé à Mekra de dormir ici?
Elle me lance alors un sourire rayonnant.
- Il ramène les 4 zigotos et revient... tu comprends il faut que ça reste secret pour l'instant.
- Je vois... bon du coup je vais dormir avec des boules quies ce soir alors.
Irène rougie à vu d'oeil ce qui me fait rire. Elle râle un peut pour la forme. Si on peut même plus rigoler ici.
***
Il est à peine 14h quand j'entend du bruit dans le couloirs. Je lève la tête de mon carnet de dessin et je vois Hakim qui termine d'enfiler son T-Shirt dans le couloir.
- Hey, ça va toi? Bien dormis?
A sa tête il ne s'attendait surement pas à me voir.
- Hm... Qu'est ce que tu fais déjà réveillé toi?
Il a jamais été du matin, ça n'a pas changé ça.
- J'arrivais plus à dormir. Tu parts déjà?
- Ouai, les mecs m'attendent au stud'.
- Tu veux un café avant de partir?
- Allez, mais je l'enfile vite.
Précipitamment je pose mon carnet sur la table basse du salon et je me dirige vers la cuisine.
- Putain, tout est clean, c'est toi qui a fait le ménage?
Je ne prend pas la peine de confirmer. Qui d'autre aurait pu le faire? Pendant que je lance le café il s'étale dans le canapé, c'est alors qu'il me lance...
-Tu t'es remises au dessin? Je croyais que t'avais plus d'inspiration?
Je me précipite vers mon esquisse pour lui prendre des mains et la retourner sur la table afin de soustraire à son regard ce que j'étais en train de dessiner, en vain car forcément il a deviné.
- T'as toujours adoré le dessiner en scred.
- S'il te plait. Ça ne veut rien dire. C'était pour passer le temps et m'entrainer. Comme tu dit, j'ai plus trop d'inspi.
Il prend un moment pour m'observer du coin de l'oeil avant de répondre.
- Ça c'est parce que tu te censure toi même.
- Comment ça?
- Et bien, à l'époque je me souviens tu faisais toujours des tenues de fou. Une foi une de mes GO t'as demandé d'où te venait l'inspiration. Tu as répondu un truc qui m'a marqué à vie tu t'en souviens?
- Non
Je ment, je m'en souviens très bien.
L'expression de son visage m'indique qu'il n'est pas dupe.
- Tu as répondu un truc style "Je pense à la personne que j'aime et à la manière dont je peut le rendre fou. L'art c'est pas de montrer mais de suggérer" . C'était une phrase dite comme ça, mais tu avais ton regard braqué sur Ken qui faisait encore des conneries avec Mo. Tu vois ce regard là, je me suis toujours dit que le but de ma vie serait de trouver une Go qui me regarderait comme ça. Une fille qui saurait me rendre fous sans montrer mais en suggérant...
- Et Irène arrive à faire ça?
Il ne répond pas et se contente de me regarder avec bienveillance.
- Bref, Ken où pas, depuis ton départ tu n'as laissé aucune chance aux mecs qui t'entoure. Tu n'as plus personne à rendre fou...
- Toi au réveil t'es trop philosophique.
- Rigole mais toi et moi on sait que le problème est là. D'ailleurs le croquis dans ton calepin le prouve. Ken est ta source d'inspiration. T'es partis mais tu ne l'a jamais oublié. En gros, soit tu continue à te mentir, tu tentes de l'oublier en sortant avec d'autre gars avec qui ça marchera jamais vraiment soit tu gagne du temps et tu te bats pour faire comprendre au grec que t'es la femme de sa vie...
- Tu le pense vraiment?
- Que vous êtes fait l'un pour l'autre? Putain y'a que vous qui le voyait pas. Hier à la soirée, le Ken heureux de vivre et cool c'était du vent. Il a surjoué grave juste pour te prouver qu'il avait pas besoin de toi.
Son téléphone lui annonce l'arrivé d'un message. Il regarde l'écran du coin de l'oeil.
- Bon je dois y aller les mecs m'attendent au studio. Fais belek à toi.
Il termine son café d'une traite, se lève et s'en va me laissant très pensive. J'avais décidé d'avancer mais à l'entendre je ne trouverais le bonheur qu'auprès de Ken... et si il avait raison?
Je saisie mon carnet et reprend mon croquis tout en méditant sur les paroles du kabyle.

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Pas moi sans toi
Fanfiction* Londres - Gare St Pancras Internationale - 19h50* En ce mois de décembre, la gare fourmille de monde. Des gens pressés, des touristes émerveillés, des familles, des couples, des amis, des personnes seules... et puis elle, Léa Stanfield cherchant à...