Impuissance

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Le lendemain soir...

Comme à son habitude, avant de monter sur scène, Valaya aidait le barman à disposer tables et chaises dans la grande salle. Les premiers clients de la soirée commençaient à arriver. Mais alors qu'à leur habitude ils appuyaient leurs regards sur la jeune danseuse, ils ne se contentaient désormais de jeter un vague coup d'oeil et de vite détourner le regard. Valaya s'en alla donc dans l'arrière salle afin de se préparer pour le spectacle.

Elle ôta sa tunique de lin pour enfiler la tenue dorée composé simplement d'un soutien-gorge et d'une culotte. Le tout agrémenté de nombreux bracelets d'or et d'argent cliquetant sur ses bras, ses poignets et ses chevilles.

À peine eu-t-elle enfilé le bas qu'un grand fracas et des cris se firent entendre dans la salle principale. Quelques secondes plus tard, la porte de l'arrière-salle fut projetée contre le mur d'en face. Deux hommes en armes et armures entrèrent dans la pièce et se saisirent de la jeune femme.

"- Lâchez moi bande de chiens !"

À moitié nue et effrayée, la pauvre danseuse se retrouve balancée sur le plancher de la grande salle, une paire de souliers en cuir sous les yeux, ornés d'une boucle d'or sur le dessus.

En levant les yeux, Valaya aperçut un long manteau en velours bleu, dominé par la tête grasse, rouge et en sueur de Rodrich De Fredmond.

"- Comme on se retrouve ma belle, dit-il en approchant son visage, tu aurais dû accepter cet argent.

- Que Yog dévore ton coeur encore palpitant, rétorqua-t-elle avant de lui cracher au visage."

Sire De Fredmond, l'air outré se releva et sortit un mouchoir de sa poche pour s'essuyer le visage. Il s'adressa à ses hommes, tout en lui lançant un regard dédaigneux :

"- Jetez cette putain dans une geôle. Que plus jamais elle ne voie le soleil."

Valaya fut emmenée de force à travers la bâtisse, et ses griffures, cris et autres morsures n'ébranlèrent aucunement la marche des deux gardes qui la traînaient.

"- Airobyn ! Fais quelque chose ! Aide moi ! supplia-t-elle.

- Je suis désolé ma belle, je ne peux rien faire, lui répondit un vieil homme qui n'était autre que le propriétaire de l'établissement et l'ami de Valaya, du moins le croyait-t-elle.

- Lâche ! On avait un marché ! Tu peux pas laisser faire ça !

- Il le peut et il n'a pas le choix, souffla la voix rieuse du noble personnage à ses côtés."

Soudain une violente douleur la prit derrière la tête.

La jeune femme put distinguer Airobyn faire une courbette à Rodrich avant de perdre connaissance.

Les 5 RoyaumesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant