Aranéos eu trois nouveaux fils de cette union. Les deux premiers, Ayintas et Gaios ne laissèrent pas grande trace dans l’histoire et si le troisième d’entre eux, Claudios, ne rappel rien au lecteur de peu d’érudition, le nom de Claudion, qu’il prit en devenant premier roi de Sargonne, est aujourd’hui connu de tous.
En effet, si le roi Othrystin avait dû réfréner en son temps ses appétit de conquête, ce n’était que pour mieux les transmettre à ses enfants et dès qu’ils furent en âge de guerroyer, ils les envoya vers le nord, à la tête d’une imposante armée, afin que la construction d’un monde à leur image se perpétue.
Gaïl le Vénérable, Mémoire du Monde d'Omne
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Avant de partir, son père lui avait annoncé qu’il ne serait pas là pour assister avec elle aux festivités de l'Apogée. Le cœur de la fillette s'était empli de tristesse, mais aussi de fierté, car il obéissait à la volonté du conseil des anciens. Il y avait déjà quelque temps qu'elle ne le voyait pratiquement plus, mais il lui avait offert une poupée de chiffon et de paille et cela l'avait consolée. Elle l’avait appelé Sveta. Pourtant, Luba ne reverrait jamais son père et elle ne vivrait même pas les trois jours qui la séparaient de ses six ans. Ses cheveux blond étaient maintenant collés et rougis par le sang, sa vie s'éteignait peu à peu.
Les hommes avaient provoqué des personnages monstrueux appelés Sargonnais, puis ils étaient partis avec les garçons, laissant les femmes et les anciens sans protection face à leur colère. La fillette ne pouvait plus bouger, ses yeux fixaient sa petite main qui trempait dans une flaque poisseuse. Du sang, son sang, qui s'écoulait de son crâne fracassé. Elle avait froid, mais un désir farouche la dévorait. Elle voulait récupérer sa poupée étalée juste en face et rejoindre sa mère qui gisait derrière. Elles étaient si proches, mais elle ne pouvait plus bouger.
La journée avait commencé comme une autre, Luba était partie jouer près du fleuve avec Sveta. L’Évir était passé depuis longtemps et la matinée baignait dans la fraîcheur calme qui précède les chaudes journées communes à l'approche de l'Apogée. Le clapotis de l’eau n’était troublé que par le chant des jeunes oiseaux qui réclamaient la béquée. Ces petits gourmands étaient vraiment très bruyants. Un chien avait aboyé et la sérénité de l'instant fut gâchée. Furieuse, elle lui avait jeté des pierres et son petit corps déborda de fierté lorsque le malotru prit ses jambes à son cou. Malheureusement son papa n'avait pas vu ça, elle le lui raconterait lorsqu'il reviendrait.
Un grondement lointain s'était alors élevé. La fillette avait levé les yeux au ciel, il était bleu et sans nuages. Ouf ! Un stupide orage ne viendrait pas gâcher sa journée. Ses yeux en amandes se plissèrent et ses lèvres s'étirèrent en un large sourire qui dessina des vaguelettes dodues sur les rondeurs de ses joues enfantines. Elle s'en voulut instantanément. Son papa lui répétait toujours que la pluie était un cadeau de leur dieu pour que puissent vivre les hommes. Elle avait alors posé son index et son majeur sur son front pour demander pardon à Samal.
Mais le bruit n'avait pas cessé. Il approchait et, comme un mauvais présage, montait en intensité. Il fini par envahir tout l’espace. Le sol se mit à vibrer. Puis la fillette les vis surgir, des hommes dans des armures étincelantes et chevauchant une marée sombre de chevaux furieux. Ils fonçaient sur leur hameaux fait de paille et de roseaux. Luba était restée là, comme hypnothysée, jusqu'à ce que ça mère l'arrache à sa contemplation et la traîne dans leur maisonnette. La fillette s’y sentait en sécurité. Et puis, elle n'avait pas lâché Sveta, elle aussi était à l'abri. Sa mère la serrait dans ses bras, elle lui souriait. "Ces gens sont très bruyant, mais ils sont juste venu chercher à manger" avait-elle dit. La petite avait alors pensé qu'ils étaient comme les oisillons. "Il sont méchants ?" avait-elle demandé. "Tout ira bien, mon amour, s'était contenté de répondre sa mère, là où nous allons, nous serons ensemble pour toujours, Samal prendra soin de nous”.
La fillette était déconcertée. Apprendre aussi subitement qu'elles allaient quelque part, pourquoi une telle précipitation ? Mais elle s'était soudain inquiétée :
"Sveta viendra avec nous ?"
Sa mère lui souriait toujours, mais ses yeux s'étaient voilés de larmes.
"Oui bien sûr, elle fait partie de la famille, où as-tu la tête mon trésor ?"
"Et papa, il nous rejoindra ?"
"Il faudra attendre un peu, mais oui, un jour ton père nous rejoindra et nous serons ensemble à tout jamais."
Luba avait quand-même un peu peur mais c’était bête puisque ça maman lui disait de ne pas s’inquiéter. Le grondement fini par raisonner de toute par, il était partout. Devant, derrière et même juste à côté. Les hurlements des femmes, les pleurs des enfants, la rage dans les voix des hommes et le bruit sourd du métal contre la chair. Sa mère la serrait fort, elle lui faisait mal. Luba lui avait caressé le bras, c’était à elle maintenant de la rassurer. Une profonde tristesse l'avait assaillie. Elle sentait que les choses allaient changer, qu'après ça, rien ne serait plus comme avant, puis la porte s’était ouverte dans un grand fracas. Sans comprendre comment, Luba avait été projetée sur le sol. Son premier réflexe avait été de retrouver Sveta, mais derrière elle sa mère poussait des cris furieux. La petite fille s’était retournée, sa maman se défendait, elle n’était pas du genre à se laisser faire, mais la silhouette du méchant Sargonnais était monstrueuse. Luba ne voulait pas qu’il fasse du mal à sa mère, elle l’aimait trop. Elle s'était jetée sur lui et avait agrippé un de ses pieds pour le faire tomber. Mais il était resté debout et l’avait frappé violemment au visage comme si elle eut été un homme.
Elle s’était réveillée et il faisait sombre, tout était silencieux. Elle crut être sortie d'un cauchemar mais elle sentait sa vie la quitter. Elle ne bougeait pas, elle ne le pouvait plus. Sa maman ne venait pas la réconforter. La petite fille se mit à imaginer le pire, mais... Non... Sa mère était forte ! Elle allait se relever, elle allait la soigner et puis elles raconteraient tout à son père et ils les vengeraient et après ça il vivraient à nouveau tous ensemble heureux comme avant. Elle n'avait plus froid. De son petit nez sortit un long soupir douloureux et sa respiration cessa. Elle souriait.
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Mémoires du Monde d'Omne Tome II
FantasíaÀ l'aube d'une nouvelle ère, la mécanique en marche sur le Monde d'Omne annonce les prémices du changement. Les armées du Thésan affluent vers Cubéria répondant à l'appel de Caribéris. L'invasion du Grandval se prépare, mais toute guerre bien menée...
