Extinction impériale 2/3

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Sur la terrasse, Sardan continuait de se dandiner avec un entrain juvénile. Dans son dos s’approcha lentement un garde aux larges épaules. L’empreur ne lui prêta aucune attention et s’échinait à suivre le rythme des tambours qui avaient monté en intensité. Derrière lui, la silhouette menaçante commença à lever les bras. Dans ses mains se trouvait une masse d’arme qu’il dressa haut vers le ciel. La tête de métal s'érigea agressive et le terrible élan que son détenteur lui avait fait prendre présageait un impact cruel. Ménéryl crut un instant qu’il s’agissait là d’un simple rituel, mais à sa stupéfaction, l’homme abattit brutalement le pesant instrument sur la tête du souverain. Il broya la tête et les os, les dents sautèrent, expulsées de la bouche du vieillard qui s'écroula sur le sol.

La musique cessa. Les concubines impériales, les jeteuses de pétales tombèrent toutes à genoux et se mirent soudain à pleurer. Certaines hurlaient en se roulant par terre, d’autre se tiraient les cheveux en gémissant, il y eu soudain une marée féminine qui se lamentait comme ébranlée par une douleur atroce. À l’inverse, la foule éclata de joie, le grondement venant de l'étage en dessous était terrifiant et les trois compagnons se regardèrent interloqués. 

Se retournant en direction de cette scène incompréhensible, Ménéryl vit alors les insectes  ralentir, s'immobiliser puis tomber sur le corps inerte. Ils se désagrégrèrent doucement, pénétrèrent à travers le tissus et fusionnerent lentement avec le cadavre. 

— Vous n'avez toujours rien vu là ? demanda-t-il 

— Vous voulez dire à part une brute qui vient de défoncer le crâne d'un vieillard ? répondit ironiquement Brankas.

Izba fit signe que non.

L'explosion des cris continua un long moment, mais la furie qui avait envahi la foule se heurta à l'immobilisme parfait du tournant qui se jouait sur la terrasse. Petit à petit, le chahut s'estompa jusqu'à s'éteindre. Les gens tout autour ne bougeait plus, ils continuaient de regarder l’empereur inanimé. Il ne resta alors que le cris déchirant des femmes qui résonnait à travers l’île toute entière. Le temps s'écoulait et tous attendaient qu’il se passe quelque chose. Mais le corps de Sardan restait inerte et les événements qui venaient de précéder semblaient tout indiqués pour rendre cet état définitif.

Ménéryl pris soudain conscience qu’une ville entière venait d’assister à un assassinat et qu’elle restait là, pétrifiée, à regarder un cadavres. L'atmosphère était malsaine, il ressentait comme une tension dans l’air. Il n'arrivait pas à distinguer précisemment le pourquoi, mais il flairait les prémices de choses mauvaises. Le soleil était dans l'axe de la ville pyramide et semblait trôner sur son sommet. L’homme illustre était discrètement ressorti et jetait des regards circonspects en direction du soldat à l’armure d’or. Il y avait du mouvement du côté des baraquements, des personnages dont les tenues vestimentaires reflétaient une certaine noblesse étaient soudain apparus. Au dessus, à l’étage ecclésiastique, parvenait l’écho d’une animation naissante. Sur la terrasse, les soldats eux-mêmes étaient sortis de leur immobilisme, ils avaient l’air sur le qui vive dans l’attente d’instructions qui ne venaient pas. Mais ce qui frappa le plus le jeune homme, ce fut la crainte qu’il lu dans le regard des plus jeunes enfants de Sardan, une angoisse viscérale teintée de frayeur.

Mémoires du Monde d'Omne Tome IIDes histoires addictives. Découvrez maintenant