Ce qui se passait devant moi était purement surréaliste, j'avais l'impression de me trouver en plein délire peut-etre que j'y étais encore, un des effets de l'hypoglycémie ...Je revenais à moi avec peine de la crise que je venais de piquer, j'essayais de contrôler au maximum ma respiration comme je l'avais fait de nombreuse fois après m'être retrouver dans cet état. J'inspirais au maximum pour remplir mes poumons d'oxygène cependant la scène qui se déroulait devant avait l'air de sortir tout droit d'un cauchemar me poussant à me concentrer sur autre chose.
Quelques souvenirs me revenaient, avant que je ne perde connaissance cependant, l'ambiance avait pris une toute autre couleur, l'un des deux hommes qui avaient fait irruption chez moi était couché sur le sol en marbre avec son sang qui se répandait silencieusement sur le blanc laiteux de la pierre. Cet homme qui m'avait maitriser en deux secondes dès qu'il était entré je me rappelle, je n'avais pas pu me défendre qu'il m'avait mis à terre, cet homme qui avait passé des heures à me torturer ne semblait plus faire partie de ce monde à présent
Il m'avait roué de solides coups à chaque fois que je refusais de répondre aux questions de son patron ce qui eu pour effet de m'affaiblir davantage. Je tournais légèrement la tête et vu le tube orange au sol : du glucaçon, je comprenais comment j'avais repris conscience. Une minute de plus et j'y restais j'en étais sur. Mais pourquoi ? et surtout qui ? Je me redressais et restais figé en voyant ce qui se passait devant. Frida qui se tenait debout une arme pointé tout droit sur la poitrine du second homme, le patron,Philippe si je me rappelais bien de son nom, avait longuement insisté pour que je lui dise ou se trouvais Frida. Il me disait qu'elle était très dangereuse je ne l'osais le croire mais la jeune femme que j'avais connu des semaines auparavant et qui m'avait charmé par sa beauté et sa douceur n'avait rien a voir avec celle qui était dans cette pièce en ce moment.
Elle avait des éclaboussures de sang sur tout le coté gauche en partant de sa jambe jusqu'à son visage ou il y avait de fines gouttes parsemées par-ci par là, l'arme...le sang : je ne m'y pas longtemps à comprendre comment le garde du corps était mort . Ses yeux verts qui laissaient transparaitre une certaine candeur quand je la voyais reflétaient quelque chose de sombre et de très froid à présent, on pouvait y voir une lueur presque démoniaque. Cette femme n'avait rien à voir avec la jeune femme que je connaissais c'est sur et certain.
J'essayais de trouver tant bien que mal, malgré la situation une position qui soulagerait mes membres sur la chaise de fortune ou j'avais été attaché, mes muscles étaient endolories, j'avais du passer des heures dans cette position. En bougeant je fis grincer mon siège et automatiquement tous les regards convergèrent vers moi. Je croisais celui de Frida....elle me regardait sans émotions, sans rien, son regard était vide, rien à voir avec les regard pleins de désirs qu'elle avait l'habitude de m'envoyer, à cette vue un frisson me parcouru l'échine
- Tu vois, commença prudemment Philippe, il s'est réveillé....tu peux me faire confiance, j....
- Te faire confiance pourquoi ? le coupa-t-elle brutalement en revenant à lui. Ne me dis absolument que tu ne me feras pas de mal. Toi et moi, on sait bien qu'un de nous ne s'en sortiras pas aujourd'hui Philippe. Tu avais l'intention de me tuer et ne me dis surtout pas le contraire, c'est pour ça que tu m'as chercher pendant toutes ces années continua Frida en faisant allusion au cadavre sur le sol
- Non...pas exactement Carmen...je....je.....je voulais juste que la justice soit.... rendue
Philippe avait à peine terminer sa phrase que Frida partie d'un très long fou rire, elle riait aux éclats, se tenait le ventre et de petites larmes coulèrent de ses yeux qu'elle essuya du revers de sa manche.
-Justice tu as dit ? Attends j'espère que tu rigole là, de quelle justice est-ce que tu parles ? La justice des hommes ? Celle qui m'a envoyé en foyer d'accueil puis en hôpital psychiatre ? Ou la justice divine ? Dieu qui m'a regardé subir ces atrocités pendant ces années sans rien dire, celui qui à pris mes parents et ensuite mes grands-parents. Si la justice existait vraiment nous n'en serions pas là aujourd'hui Philippe....on est jamais mieux servi que par soi même sur ce point là tu peux me croire termina-t-elle avec froideur après un silence insoutenable
Ses paroles avaient retenti dans le salon qui était redevenu tout d'un coup très silencieux. Seul la respiration saccadé de Philippe était perceptible, il était devenu très blême rien a voir avec l'homme rempli d'arrogance que j'avais vu avant de m'évanouir. Je remarquais à peine l'autre homme qui était attaché sur une chaise comme moi. Il était blessé, le sang coulait encore de sa plaie à la tête, on l'avait solidement attaché mais vu son gabarit ça avait été nécessaire apparement. Nos regards se croisèrent et celui-ci fronçait les sourcils en me détaillant, il avait l'air tout aussi perdu dans cette histoire que moi mais je me demandais bien qui il était et surtout comment il avait lui aussi atterri ici
- Tu vas donc me tuer entendis-je de Philippe qui reprenait progressivement son air calme
- Oui....enfin non... pas comme avant, lui dit Frida
- Avant ?
-Tu sais pourquoi j'ai été interné Philippe ? Je suis sure que tu le sais mais bon c'est pas grave.. Et bien dans le foyer ou Carmen avait été envoyé, il y avait cet alcoolique bien gras et répugnant, le père de cette soi-disante famille. Il était bien content de l'avoir avoir recueilli, il avait entendu tout ce que ta chère et tendre mère racontait à son sujet dans la ville , tu te rappelle non ? Cette petite pute qui n'arrivais pas gardé les cuisses fermées et que je suis toujours d'ailleurs soupira-t-elle. Un soir il avait essayé de la toucher continua-t-elle, mais je crois que c'est à ce moment que j'ai commencé à en avoir marre d'être prise le petit jouet de tout le monde : je lui ai planté un couteau dans son ventre remplie de graisse, il y avait du sang partout et il pleurait comme un bébé là je ressenti quelque chose d'étrange, comme un déclic relatait-elle avec un sourire qui se dessinait sur son visage. Ils l'ont envoyé dans cet hôpital pour des soi-disantes crises de colère, ils n'ont rien fait à cette homme, il avait juste dit à l'assistante sociale qu'elle était une gamine affreusement perturbé, encore une fois. La psychiatre qui s'occupait de son cas a dit quelque chose de très interessant à Carmen, elle lui a dit qu'elle devait trouver la source de sa colère et y mettre fin. Elle avait donné quelques astuces mais moi je savais exactement ce que je devais faire à ce moment. Voir ton père s'offrir et me supplier de ne plus lui faire de mal, l'entendre implorer mon pardon, ta mère qui me répétait à quel point elle était désolé, qu'elle n'aurait jamais du cautionner tout ce que son époux cachait : là ma colère s'est apaisé. Tu étais la prochaine victime après elle, mais j'avais déjà eu ce que je voulais...tout ça pour dire que oui je te tuerai oui...mais pas pour épancher ma colère cette fois se sera pour me protéger, c'est presque de la légitime défense après tout
Philippe la regardait interdit quelques secondes, moi j'étais complètement perdu dans son récit. Elle le racontait comme s'il ne s'agissait pas d'elle tantôt à la première personne tantôt à la troisième personne. Et elle avait parlé de Carmen mais Carmen était le prénom usuel de Frida enfin...avant si j'avais bien compris ce qu'elle m'avait expliqué sur son passé.
- Je vois, réussi à dire Philippe en croisant ses mains dans son dos. Tu as parlé de quelques choses de très interessant : tu as tué mes parents pour épancher ta colère....mais pour tous les autres tu étais aussi en colère ? lui demanda-t-il en soutenait son regard faisant complètement fi de l'arme qui était posé sur sa poitrine
Quels autres me demandais-je subitement, cette déclaration me sonna mais encore une fois je ne fus pas le seul dans la pièce à recevoir un coup de massue, l'expression de l'homme en face semblait se décomposait
- Les autres, ne me dis pas que tu as oublié Carmen, reprit Philippe. Je t'ai dit que je te cherchais depuis longtemps, j'ai suivi chacun des moindres faits et gestes que tu as pu faire dans ce pays, j'ai fait ma propre enquête. Quatorze....c'est le nombre d'hommes que tu as tué ces dernières années Carmen, c'était aussi de la légitime défense je suppose ?
- Oh ça....répondit-elle calmement. Une autre chose que j'ai remarqué....lorsque que tu commence à tuer, il y a cette sensation étrange qui te parcoure, ce sentiment de mépris et de puissance qui devient facilement addictif, décrivait-elle en glissant l'arme silencieusement pour la stopper au niveau de l'entre-jambe de Philipe. Personne ne les regrettera et puis même si c'est le contraire qu'est-ce que j'en ai à foutre répondit-elle toujours avec un sourire diabolique aux lèvres
- Tu tues des gens de sang-froid Carmen
- Non je ne tues pas des gens, je tues que des hommes. Les hommes sont des bouches-trous Philippe, il y en aura toujours
- Comme ces deux-là ?
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Mala Fama
Romance"Diabolique est la femme qui charme avec son corps mais mortelle est celle qui sait le faire avec son esprit."disait le dicton.Ils se croyaient impénétrables mais sous ses airs de gentille fille, elle va leur apprendre que la séduction est un plais...
