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**LUKAS**


- Tu....tu es amoureux de moi ? me demanda-t-elle toute déboussolée avec ses yeux aux bords  ses larmes

- Oui, je suis tombé amoureux de toi Mausi, il y a bien longtemps que je n'ai pas ressenti quelque chose comme ça pour quelqu'un.....Je me souviens, le premier jour ou je t'ai aperçu arrêté dans ce musée devant cette sculpture, je te voyais et je me disais secrètement au fond de moi qu'elle avait bien de la chance pour que tu la regardes de cette façon, soufflais-je avec un sourire un coin.Après, j'ai appris à te connaitre, ce que je pensais être passager s'est avéré être très profond en faite

- Je....Lukas, commença-t-elle en bégayant. Tu ne me connais pas je t'assure, et tu ne peux pas tomber amoureux de moi, de quelqu'un comme moi....je ne suis pas une bonne personne, je ne suis pas quelqu'un de bien...J'ai fait des choses dans cette vie qui...qui.....Ce que les gens disent sur moi ce n'est pas totalement faux, j'ai beau me voiler la face personne je sais très bien que je suis sale, je suis souillée....personne ne veux d'une fille comme moi, tu ne peux pas m'aimer je ne le mérites pas.

- Moi j'ai envie d'être avec toi, lui dis-je en prenant sa main que je sentais tremblée. Mais je n'attends pas à ce que tu me crois, j'aimerais plutôt gagner ta confiance. Je suis conscient que ce ne sera pas facile seulement je me dis que si tu m'a avoué tout ça c'est que quelque part, tu me vois différent...laisse-moi essayer

J'étais sincère, je m'accrochais à ce petit espoir en plongeant mon regard dans le sien cependant elle ouvrit la bouche pendant quelques secondes, puis détourna les yeux avant et qu'elle ne retire précipitamment sa main comme si elle venait de se bruler.

- Si tu veux vraiment m'aider oublie tout ce que je vient de te dire....Je pense qu'il faudrait mieux que je rentre chez moi, j'ai besoin d'être un peu seule, m'énonça-t-elle en se dirigeant vers la sortie

Je ressenti un léger pincement en coeur, je n'aimais pas la voir dans cet état j'avais terriblement envie qu'elle reste avec moi je voulu lui barrer la route cependant je ne pouvais pas la forcer ça ne devait pas être facile pour elle. Se rappeler de tout ça, je n'imaginais absolument pas ce qui devait se passer à l'intérieur d'elle, c'est souvent les larmes qui coulent à l'intérieur qui sont les plus destructrices.

- Je comprends, soufflais-je une fois devant les portes de l'ascenseur.  Je t'en prie, pense à ce que je t'ai dit...je sais que ce n'est pas comparable néanmoins je sais qu'on a toujours besoin de quelqu'un pour nous aider à sortir dans l'enfer dans le lequel on vit.

- Si seulement c'était aussi facile, dit-elle avec un petit sourire pensif aux lèvres. Au revoir Lukas

- Tu m'appelles ? Après, je veux dire quand tu iras mieux, lui demandais-je avant de poser un petit baiser sur ses lèvres. 

Elle me fixa et hocha affirmativement la tête juste avant que les portes ne se referment. Je restais plantées devant elle un petit moment puis me dirigeais vers le salon. Ce n'est que lorsque je me rassis que la fatigue qui avait envahie mon corps quelques heures plutôt refis surface. J'étais exténué, après être aller chez Louis et qu'il me raconte tout ce qu'il savait j'avais directement pris un vol tout à fait improviser pour me rendre dans un coin perdu dans le New Jersey ou se trouvait le siège de ce fameux site. J'y avais rencontré un mec à l'apparence cadavérique qui, après avoir feint ne as savoir d'ou provenait ses photos, avait quand même généreusement accepté de me les revendre à la vue de la liasse que je lui avait mise sous le nez.

Je me passais les mains dans les cheveux afin de réduire l'intensité de ma migraine, pendant que mes mains étaient en action mes yeux se posèrent malgré eux sur ces fameuses photos. Celle qui était en haut de la pile montrait Frida qui était ligoté sur le ventre, la corde, qui était relié à un masque qui bâillonnait sa bouche, emprisonnait savamment ses jambes et ses mains. Les liens étaient attaché de manière technique, c'était du shibari, du bondage japonais, il était plus esthétique, particulièrement efficace pour ce genre de pratique : plus la personne bougeait plus les liens se resserraient. Ce type de bondage, de ce que je savais, était utiliser afin  de décupler l'intensité des sensations plaisir et douleur qui n'était pas seulement physique. L'homme qui avait fait ça était un adepte du sadomasochisme pur et dur :  il trouvait essentiellement son plaisir dans la souffrance que ressentait son partenaire, là n'était pas le problème mais le faire sur une enfant. Je comprenais, pourquoi elle avait un si fort caractère elle l'utilisait pour se protéger, c'était un de ses mécanises de défense. Pourtant, inconsciemment elle aimait être soumise elle avait grandit avec ça ce n'était pas qu'un simple fantasme ou une pratique qu'elle affectionnait, on le lui avait imposé, comme beaucoup d'autre chose d'ailleurs. Il l'avait traumatisé psychologiquement et sentimentalement aussi et ce n'était qu'une partie submergée de l'iceberg que je venais de découvrir, elle était beaucoup plus brisée qu'elle ne le laissait transparaître. 

Mala FamaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant