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-Je....je.....

La nervosité, la peur, l'anxiété, le choc tout ce mélange de sensations toxiques se propageaient dans mon corps, ma langue était lourde et un noeud s'était formé dans ma gorge et mon estomac, je refermais ma bouche en proie à un arrière gout désagréable et levais les yeux vers Philippe qui s'était rapprocher encore une fois de moi. C'était incroyable à quel point est-ce qu'il ressemblait à son père, il était son portrait craché : la silhouette svelte, le teint pale, ce visage légèrement osseux avec ses yeux enfoncés qui lui donnait ce regard perçant....la seule chose qu'il avait hérité de sa mère c'était ses yeux couleurs noisettes. Sinon pour le reste, tout était une copie parfaite de son géniteur, qu'il s'agisse de la démarche, de la manière si élégante de se tenir, de parler et même dans les gestes je pouvais retrouver le calme de celui qui avait changé ma vie pour toujours. Il faut dire que Philippe avait toujours été en totale admiration pour son père, il était fils unique, seul hériter d'une fortune que son père avait si habillement amassé et conservé pendant de nombreuses années. Philippe aimait son père, c'était son héros et il faisait tout son possible pour le contenter et  avoir ainsi son approbation . Pendant ses cours séjours, seul moment  que sa mère lui accordait dans la maison de son enfance et rares périodes ou j'avais un semblant de paix, Philippe accompagnait son père à tous ses rendez-vous et tous ses meetings politiques après tout c'était un honneur d'être le fils du maire de la ville. Mais malheureusement pour lui, son père ne lui accordait que peu d'importance, il était marié et avait une famille juste pour faire bonne figure et avoir la sympathie de la population. En repensant à tout je sentis mon coeur rugir sous les palpitations, mes mains qui s'étaient mise à trembler, froissaient nerveusement le tissu fin de mon top. Pourquoi est-ce que je n'avais pas pris ses satanés médicaments. Mes yeux cherchèrent une zone de réconfort le temps que je puisse me calmer et ceux-ci se stoppèrent sur Fred qui semblait totalement déconcerté par ce qui se passait autour de lui. Au même moment Lukas toujours inconscient  s'agita faiblement sur sa chaise en émettant une légère plainte. Je ne sais pas ce qu'il lui avait fait mais il semblait au plus mal, il avait le teint livide et transpirait à grosses gouttes. Tous ses éléments y compris la situation ne m'aidait pas du tout à maitriser la deuxième vague d'émotions qui commençait à naitre à l'intérieur.

- Tu as perdu ta langue ? me questionna Philippe avec un sourire narquois sur les lèvres en déambulant autour de moi les mains croisés dans le dos

- Non, lui répondis-je faiblement. C'est juste que je ne sais pas de quoi tu parles, je....je ne savais même pas qu'il était mort, soufflais-je en réalisant à peine l'information que je venais de recevoir

- C'est étrange......Tu sais, continua-t-il, mon père était un homme assez puissant, il avait beaucoup d'ennemis je le savais le monde de la politique est parfois remplis de vautour et de charognard mais de là à le tuer, c'était beaucoup trop. J'ai passé des années à faire mes enquêtes, ce crime ne pouvait pas rester impunis, j'ai éliminé un à un de la liste les personnes qui aurait pu lui faire ça. A la fin, il ne restait qu'une seule personne, énonça-t-il en se plantant face à moi. Je ne suis pas dupe Carmen, je voyais bien comment est-ce que mon père était en totale admiration quand il te voyait, quoique je dise quelque soit la réponse que je pouvais lui donner, ce n'était jamais aussi bien ou aussi élaboré que lorsque toi tu lui répondais, il passait son temps à te faire tes éloges sur comment est-ce que tu étais si intelligente, si érudit, si magnifique, déclara-t-il en caressant ma joue essuyant au même moment une de mes larmes. Je pensais qu'il voyait en toi l'enfant qu'il aurait voulu avoir mais apparemment c'était bien plus compliqué que cela à en juger par les photos que j'ai découvert....les seules que tu n'as pas réussi à détruire. Je les avais mise sur ce site en me disant qu'un jour peut-être que tu tomberais sur elle, dans dix, vingt ou trente ans vu que tu avais disparu, impossible de te retrouver. Je ne croyais pas trop à cette piste mais le fait est qu'il ma facilité les choses, déclara-t-il en faisant allusion à Lukas.

Mala FamaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant