À peine le soleil était il levé que Hataru bondit de son lit pour se préparer. C'était rare, pour cette dormeuse qui préférait de loin profiter de la sérénité matinale de ses draps, surtout durant les jours de week end comme celui-ci. Mais ce jour là était particulier. C'était comme si un immense poids avait été retiré de ses épaules, et qu'elle était parvenue, pour la première fois depuis longtemps, à s'endormir paisiblement, sans ressasser pendant des heures les problèmes qui la rendait si anxieuse.
Elle était parvenue à discuter avec une camarade de classe. Elle s'était réconciliée avec Kazuto. Elle avait passé une soirée magnifique en sa compagnie. Et le corps endormi du beau jeune homme était allongé à côté d'elle, comme si leur dispute n'avait jamais eu lieu. Hataru passa une main amoureuse le long du torse dénudé de son petit ami, et le gratifia d'un léger baiser sur le front. Il était encore bien trop tôt pour le tirer du lit, Hataru savait parfaitement à quel point il était important que Kazuto dorme suffisamment pour être en forme aux entrainements.
Mais surtout, la jeune femme avait hâte de sortir pour retrouver Rin. Elle n'avait jamais fait de feu, son unique expérience de camping remontant à un âge où elle n'était pas en mesure d'avoir seulement le droit d'essayer d'en allumer un, et l'idée de passer plus de temps avec la mutique présidente du cercle des activités en plein air la remplissait d'un étrange sentiment, mélange d'excitation et d'appréhension. Était-ce parce qu'il s'agissait d'une rencontre dont elle avait été à l'origine, à la différence des membres du club de basket rencontrés via Lucie? Hataru ne ressentait, pour la première fois depuis une éternité, lui semblait-il, plus ce sentiment de mélancolie qui l'étreignait. Elle se sentait emplie d'une motivation et d'un désir de reprendre en main le cours de son existence, tout en se retrouvant encore surprise de la vitesse à laquelle ses humeurs pouvaient changer. Cependant, en arrivant dans la petite cuisine de son appartement, la jeune femme déchanta quelque peu; par la fenêtre, elle pouvait apercevoir l'épais rideau de pluie qui s'abattait sur Shizuoka.
-Oh nan... pas aujourd'hui, s'il vous plait. Supplia-t-elle en consultant les prévisions météo, chose qu'elle ne faisait qu'une fois par mois à peu près, les séances du club basket ayant toujours eu lieu en intérieur.
Il ne semblait pas que le temps allait s'améliorer dans la journée, ni même le lendemain. Hataru plaça alors tous ses espoirs dans le créneau de quinze à dix-sept heure, où le risque de pluie était légèrement plus faible que durant le reste de la journée. Rin n'avait-elle pas dit qu'elle avait une chance insolente vis-à-vis de la météo? Hataru espéra que ce n'était pas juste pour se vanter que la présidente avait prétendu cela. Son moral retombé dans les chaussettes, la jeune femme prépara son consistant petit déjeuner, non sans fixer d'un air morose la petite lucarne.
-Ça a pas l'air de vouloir se calmer.
La voix de Kazuto résonna dans la petite pièce, alors qu'il s'approcha glisser un baiser dans le cou de sa compagne. Cette dernière soupira.
-C'est vraiment pas de chance... Rin avait dit qu'elle me montrerait comment faire un feu.
-Je doute qu'elle puisse te le montrer en intérieur, c'est sûr. Plaisanta Kazuto pour essayer de remonter le moral de sa petite amie.
Ce n'eut pas vraiment l'effet escompté, au vu du profond soupire que poussa Hataru.
-J'avais vraiment hâte d'y aller... laissa-t-elle échapper.
-Ce n'est pas si grave. Remarqua Kazuto. Dans le pire des cas, vous devrez simplement décaler.
-Mais les examens arrivent bientôt. Gémit Hataru. Je ne pense pas que Rin organisera de sortie pendant les révisions... ça veut dire que ça repousserait jusqu'à... janvier, où il fera probablement trop froid, donc jusqu'au printemps.
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Auprès du feu
RomanceMalgré son accession à une prestigieuse université, malgré son couple avec le garçon le plus en vue du campus, malgré le large groupe d'ami dont elle est au centre, au club de basket, il semble manquer quelque chose à la vie d'Hataru, comme un vide...
