Je reste figée, n'arrivant même pas à me lever. Je regarde la sorcière ramasser les vêtements qu'elle tenait et les replier soigneusement avant de les poser sur la petite table. Une fois fait, elle se retourne. Son regard change instantanément, une lueur de colère traverse ses yeux.
— Élia, qu'est-ce que tu fais là ?
— Je...
Elle me gifle, puis m'attrape par l'oreille et me traîne jusqu'au sous-sol.
— Je ne suis pas d'humeur à m'occuper de toi maintenant, crache-t-elle.
Elle me pousse violemment dans une petite pièce sombre et froide. La porte claque derrière moi, m'enfermant dans l'obscurité. Mon oreille brûle là où elle m'a attrapée, et mes joues sont encore humides de larmes. Tremblante, je me laisse glisser contre le mur, essayant de contrôler ma respiration saccadée.
Autour de moi, l'obscurité semble se resserrer. Elle m'étouffe. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser. Mes doigts cherchent désespérément quelque chose à quoi se raccrocher, mais ils ne rencontrent que la froideur rugueuse de la pierre.
L'air est lourd et humide, et chaque respiration devient un effort. Un hoquet m'échappe, transformé en sanglot incontrôlable. Ma poitrine se serre, et une panique sourde monte en moi, m'envahissant peu à peu.
— Laissez-moi sortir !
Ma voix résonne. Seule l'écho de mes propres mots me répond, se répercutant en vagues effrayantes contre les parois de ma prison. Je me lève précipitamment, mes mains tâtonnant dans le noir, cherchant désespérément une sortie. Mes pieds glissent sur le sol humide, je trébuche, tombe à genoux, et un cri de terreur de douleur et de désespoirs m'échappe.
— Je vous en supplie, laisser moi sortir ! Je suis désolé, pitié !
Je me redresse à nouveau, mon front heurte violemment la porte en métal. Un vertige me prend, mais je ne m'arrête pas. Mes mains explorent frénétiquement, heurtent des angles, des aspérités de la pierre froide et humide, chaque contact me faisant sursauter. L'angoisse devient insupportable, une vague énorme qui me submerge.
Un cri résonne dans le cachot, si fort que mes oreilles bourdonnent. Mais je ne sais plus s'il vient de moi ou des murs eux-mêmes qui se moque de moi. Mon cœur se serre, je n'arrive plus à respirer, si je ne sors pas d'ici je vais mourir je le sens ! À bout de forces, je me laisse tomber sur le sol humide et collant. Les sanglots secouent mon corps, je me recroqueville contre le mur, me balançant d'avant en arrière, les mains contre mes oreilles et les yeux fermés pour échapper aux ténèbres.
— Mathilde, vient me chercher, s'il te plaît... Mathilde, reviens, je t'en supplie...
Mais il n'y a que le silence, ce silence assourdissant qui m'enveloppe, me submerge, et je suis seule dans cette obscurité sans fin.
Après ce qui semble être une éternité, j'entends des pas approcher. La porte s'ouvre brusquement, projetant un faisceau de clarté qui m'aveugle. Je distingue une silhouette, floue d'abord, puis nette.
— Annie ! m'écriai-je, ma voix brisée par le soulagement et le désespoir.
Elle se précipite vers moi, ses yeux remplis de panique et de tendresse.
— Ça va aller, je suis là maintenant, murmure-t-elle, en m'enveloppant dans ses bras.
Je m'effondre contre elle, mes sanglots se muant en une cascade incontrôlable. Annie me tient fermement, ses mains tremblantes caressant mes cheveux.
— Je suis désolée, je suis tellement désolée, répète-t-elle, comme un mantra.
J'essaie de lui expliquer ce qu'il vient de se passer, mais se bloque et se mélange avec les larmes. Annie met un doigt sur ma bouche et essuie mes joues de son pouce.
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La petite orpheline
Science FictionLorsque l'on est une jeune orpheline en 1922, la vie est loin d'être un jeu d'enfant. Surtout, quand on habite dans un orphelinat où la règle principale est le silence. Où il est défendu de jouer et de rire. Où les enfants sont cloîtrés en attendant...
