Chapitre 17

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Mes membres commencent à trembler, ma respiration s'accélère de manière irrégulière et déjà, mes yeux commence à me piquer. J'ai envie de courir, de m'échapper loin de cette sorcière, mais je n'y arrive pas, mes jambes refusent de m'obéir. Je relève lentement la tête vers la sorcière, mais à l'instant où je croise son regard froid et cruel, je suis pétrifiée, ma respiration se bloque dans ma gorge. C'est comme si tout d'un coup, il n'y avait plus d'air dans la pièce. Néanmoins, je prends toute la force qu'il me reste pour ouvrir la bouche pour m'excuser, mais aucun son ne sort. Je n'arrive plus à parler ni à articuler. Pourtant, il faut que je lui demande pardon, si je ne dis rien elle sera encore plus en colère et elle risque de découvrir la lettre. Et si elle la voit, elle va encore... Elle va... Des larmes s'échappent de mes yeux et roulent silencieusement sur mes joues en repensant au souvenir du martinet sur ma peau. Il faut que je m'excuse, il faut que je parle rapidement, je ne veux pas revivre ça, je ne veux plus avoir mal...

Soudain, un claquement retentit et ma joue se met à me brûler. Cette gifle me fait sortir de ma torpeur et c'est comme si tout se remet à fonctionner d'un coup. Ma respiration reprend de manière frénétique et mes jambes se mettent à vaciller. De nouvelles larmes viennent inonder mon visage ainsi que ma main que j'avais posé sur ma joue endolorie.

— Élia, commence la sorcière d'une voix menaçante, tu ne peux donc pas faire attention ? Et tu n'as rien à dire ? On ne t'a donc pas appris les bonnes manières ?

— Pa-pa-par-

— Parle plus fort ! crie-t-elle furieuse.

Terrifiée, je recule d'un pas en serrant instinctivement la lettre de Mathilde pour me donner le courage d'affronter colère de la sorcière.

— Parle correctement, je ne comprends rien ! Tu n'es qu'une petite-

Soudain, elle se tait, et en une fraction de seconde, je comprends au regard de la sorcière, qu'elle a vue et deviné que je cache quelque chose dans ma poche.

— Qu'est-ce que tu as dans ta poche ? demande-t-elle d'un ton étrangement très calme, un léger sourire mauvais se dessinant sur son visage.

Un frisson d'horreur remonte le long de ma colonne vertébrale.

— R-rien ma-

— Ne me mens pas ! claque-t-elle en me giflant de nouveau.

Je baisse la tête en sanglotant. Je ne peux pas lui dire, même si c'est mal de mentir, je ne peux pas lui dire la vérité, c'est trop dangereux.

Voyant que je ne réponds pas, la directrice m'attrape le bras et plonge sa main dans ma poche pour y ressortir mon précieux secret.

Plus la directrice déplie la feuille, plus les battements de mon cœur s'accélèrent, il est à deux doigts d'exploser sous la pression et l'appréhension de tout ce qu'elle pourrait me faire subir. Rapidement, elle balaye la lettre des yeux, en lisant, sa mâchoire se contracte, son visage blafard devient rouge et les veines dans son cou gonflent. Soudain, ses petits yeux noirs de vipère se braquent sur moi.

— Où as-tu eu ça ? Qui a bien pu envoyer une lettre à une fillette dans ton genre ? demande la sorcière sèchement.

Je ne réponds pas. Je préfère ne rien dire, elle ne sait peut-être pas que c'est Mathile qui m'a envoyé la lettre, son nom n'est marqué qu'à la fin, derrière la feuille, elle n'a pas pu le voir. Si je lui dis elle le dira peut-être à ses parents et elle pourrait avoir des ennuis pour avoir envoyé une lettre à une fille comme moi. Je ne peux pas non plus trahir Annie, elle aura aussi des problèmes et je ne veux pas que la directrice s'en prenne à elle aussi.

— Réponds !

Je sursaute de peur. Je ne sais pas quoi faire, je ne peux pas lui raconter, c'est impossible. Pour Annie, pour Mathilde, je ne peux pas dire la vérité. Mais si je ne parle pas, ce sera encore pire. Alors, contrainte, je balbutie d'une voix tremblante :

La petite orphelineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant