Amaël
C'est sous les réjouissances de ma famille après la nouvelle de mon frère que nous quittons la maison quelques heures plus tard. Je n'en reviens pas que mon frère décide de se lancer. L'euphorie n'a pas quitté mon corps et c'est pour cela que je laisse Nilaja conduire pour le retour. Conduire la rend vraiment belle, elle est concentrée sur ce qui l'entoure tout en ayant une posture détachée.
- Tu ne trouves pas ça incroyable qu'ils se marient ? Je me rappelle encore du jour où ils se sont retrouvés après avoir couché ensemble. Dis-je hilare. Mon frère était totalement paniqué quand il a vu Quincy en face de lui qui lui discutait avec la femme à côté de moi. Je n'aurais jamais imaginé à ce moment-là que 6 mois plus tard, nous en soyons là.
- Il ne va pas accepter. Je me tourne face à elle, les yeux ronds. Comment ça ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que je connais mon meilleur ami. Je ne dis rien ne voulant pas la contredire mais je sais qu'ils en ont déjà parlé ensemble. Je décide tout de même d'aller dans son sens en essayant de détendre l'atmosphère.
- Si tu le dis, mais partons du principe qu'il accepte. Tu les verrais eux en jeunes mariés ? Je peux voir le coin de sa bouche se relever et elle secoue la tête. Ou même parents.
- J'ai peur pour leur progéniture. Je rigole et je ne peux qu'acquiescer, ce sont de vrais enfants mais ensemble c'est encore pire.
- Si on suit la logique des choses, ce sont nous les prochains à nous marier et pourquoi pas avoir des enfants ? Je sais que j'avance sur une pente glissante mais fonder une famille est un objectif important dans ma vie. Je veux élever mes enfants dans le même environnement d'amour que mes parents ont fait avec nous. Et surtout, je ne me vois pas construire quelque chose d'aussi important et profond sans qu'elle soit à mes côtés.
- Ça ne sera certainement pas avec moi. Je ne m'attendais à rien mais ses mots me font un mal de chien.
Le trajet se fait en silence jusqu'à notre destination. Quand nous sommes enfin dans l'appartement, je fonce sous la douche pour essayer d'apaiser mes muscles tendus. J'ai vraiment l'impression que notre relation stagne depuis quelque temps, je suis prêt à avancer et à m'engager mais ce n'est pas la même chose de son côté. La moindre évocation d'engagement et d'implication lui fait peur. Est ce que je vais pouvoir tenir dans une relation à sens unique ? Mes pensées sont interrompues par des mains qui se déplacent sur mon ventre. Je reste de dos, n'étant pas capable d'affronter son regard et ne sachant pas vraiment ce qu'elle attend de moi actuellement alors que j'en attend beaucoup plus d'elle.
- Ce que j'ai dit n'était pas contre toi, après tout ce que j'ai vécu je ne me vois vraiment pas me marier et encore moins avoir des enfants. Mes parents ne faisaient que se disputer et au fil des années j'ai compris qu'ils ne restaient ensemble que par intérêt et pour ma sœur. Et puis tu as vu l'exemple que j'ai eu en tant que mère ? Je ne peux empêcher mon corps de se retourner pour me retrouver face à elle, elle est nue mais la seule chose que cherche mes yeux sont les siens. Je serais une mauvaise mère, une très mauvaise même. Je préfère épargner mon temps et mon corps de ce fiasco total. Aucun enfant au monde ne mérite d'avoir un parent comme moi.
Ses mots me brisent le cœur et je ne sais pas comment réagir sur le moment. Je comprends totalement sa vision des choses et lui dire qu'elle ne va pas reproduire les erreurs de ses parents ne serviraient à rien. Elle est bien trop butée pour ne serait-ce que m'écouter.
- J'aurais dû comprendre que c'était plus compliqué que ça, je suis désolé d'avoir réagi comme ça.
- Tu n'as pas à t'excuser, tu as été blessé et je le comprends comme je n'ai pas à m'excuser de penser comme ça et de vouloir vivre comme ça. Je sais que j'ai dû mal à te montrer que je suis impliquée. On pourrait acheter un animal si tu veux, ce n'est pas comme un enfant mais ça demande autant d'implication, enfin je crois. Bref, on prendra celui que tu préfères. Elle se reprend avant de me laisser parler. Sauf les reptiles, je ne sais pas trop comment m'en occuper. Et pas de vermines comme des cochons d'indes ou des lapins, ça pue. Et pas de chats, sinon un chaton. Je rigole face à ses exigences comprenant que j'ai plus trop de choix.
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BLACK BOSS
General FictionEt si pour une fois on changeait les rôles ? Que se passe - t - il quand un assistant beau et attentionné tombe dès le premier regard amoureux de sa patronne froide et dépressive ? Vous sentez le cocktail Molotov arrivé ? Entrez dans le monde tris...
