« Chers passagers, nous venons d'atterrir à l'aéroport international de Los Angeles. Nous sommes le 2 février, il est 15h57, heure locale, la température extérieure est de 3°C. Veuillez attendre l'arrêt complet de l'appareil avant de détacher vos ceintures. Merci d'avoir choisi la compagnie USAAirways pour ce voyage et nous vous souhaitons un très bon séjour en Californie ! »
La voix féminine s'arrête alors que je finis de mettre mon écharpe. Je sens que la différence de température va vraiment me faire drôle ! Mais j'ai quand même hâte ! Quand je pense que j'ai toujours rêvé de venir ici, en Californie ! Et aujourd'hui, j'y suis. Je ne peux pas encore dire que j'ai mis le pied aux USA, mais dans quelques minutes, ce sera chose faite. Au bout de quelques secondes, l'avion s'arrête complètement et tous les passagers se lèvent pour sortir.
Rapidement, je passe une lanière de mon sac à dos EastPack rose sur mon épaule droite avant de me faufiler entre deux passagers pour sortir. Quand l'air froid de l'hiver californien frappe mon visage, j'ai l'impression d'être au Pôle Nord. Pourtant, je suis toujours à l'intérieur de l'aéroport. En soufflant, je resserre ma doudoune bleu marine contre moi, ainsi que mon écharpe blanche en laine. Ça me fait bizarre de ne plus être en short. Cette tenue, je ne l'ai plus portée depuis si longtemps ! C'était quand j'étais encore en France, loin de mes problèmes de cœur et d'amitié, mais tout aussi proche de ma mort. Quand j'étais avec mon frère chaque jour, qu'on riait, que j'étais aussi dans mon hôpital, dans ce service que j'ai appris à connaître et à aimer, d'une certaine façon.
Rapidement, je secoue la tête pour m'enlever toutes ces pensées nostalgiques de la tête. Je suis ici pour participer à ce fichu talk-show. À vrai dire, je ne sais même plus pourquoi j'ai accepté de le faire. Maintenant, après que l'excitation soit retombée, je me rends compte que l'on va m'interroger sur Calum et Luke. On va insinuer des choses, poser des questions gênantes... Et ça me fait peur. Parce que je ne suis pas sûre d'être prête, pas sûre de pouvoir parler de Maya sans pleurer, pas sûre de pouvoir évoquer des souvenirs où tout était encore « normal », où je n'étais pas seule dans cette galère, pas sûre de pouvoir répondre à des questions sur la raison de ma venue en Australie, pas sûre de pouvoir dévoiler des secrets que j'avais enfoui au plus profond de moi, et espéré de jamais ressortir.
Rapidement, je traverse les longs couloirs de l'aéroport menant à l'espace où je pourrai récupérer ma valise. Après près de dix minutes de marche, j'arrive enfin dans l'immense pièce où des dizaines et des dizaines de tapis roulants apportent les valises des passagers. Toujours sans ralentir le pas, je vais vers le tapis qui fait déjà rouler les valises de certains passagers de mon vol. Il me faut quelques minutes avant de voir la mienne arriver. Je l'attrape rapidement avant de me diriger vers le hall. J'ai hâte d'être sortie, il y a trop de gens ici, on est compressés les uns contre les autres, même si la pièce est littéralement immense.
Quand j'arrive dans le hall, j'ai le tournis en voyant les centaines de personnes qui attendent avec des pancartes que leurs clients/familles/amis arrivent. C'est encore plus grand qu'à Sydney. Comment je vais faire pour m'y retrouver ? J'ai l'impression de me retrouver dans la même situation qu'il y a cinq mois, lorsque je cherchais désespérément Kyle dans la foule.
Après plusieurs minutes à chercher mon nom dans la foule, je sors mon portable, priant intérieurement pour que quelqu'un de l'organisation m'ait envoyé un sms. Mais rien. Même pas un message de mon frère ou de Luke. Pour mon frère, je comprends, il doit être en cours, mais pour Luke... En réalité, depuis deux jours, il est distant. J'ai l'impression qu'il me cache quelque chose. J'ai envie de dire : déjà ?
Je soupire avant de me reconcentrer sur les gens devant moi. Je dois avoir l'air d'une idiote, à attendre, assise sur sa valise, et à observer toutes les pancartes face à moi. Et enfin, au bout de longues minutes de solitude, je la vois. L'inespérée. La pancarte indiquant « June Caoussin ». Instantanément, je suis debout et je marche rapidement vers l'homme en costume qui tient le bout de carton. Quand je suis enfin devant lui, il semble me reconnaître et me sourit faussement.
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Last chance in Australia
FanfictionJe n'ai jamais particulièrement cru au destin ni au fait que les coïncidences n'existent pas. Pourtant si je n'avais pas été gravement malade, je n'aurais jamais été obligée d'intégrer un programme expérimental en Australie et jamais je n'aurais ren...
