Tarik Andrieu x Zeyna Zaïr
Elle ? Douce, souriante, discrète
Lui ? Sérieux, loyal, discret
Comment deux personne vont elles réussir à construire une relation tout en restant des inconnus aux yeux de leur proches
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3 semaines. C'était le nombre de semaines qu'il allait passer hors de Paris. Leur tournée de concerts débutait dans quelques jours, et bien qu'il ait hâte de retourner sur scène, le fait de quitter la capitale avait cette fois un goût légèrement amer. Ça faisait 2 mois que lui et Zeyna étaient officiellement en couple, bien que ce statut n'ait pas vraiment changé les choses entre eux. Il avait redouté l'annonce de la tournée : 3 semaines sans se voir. Il aurait aimé que la jeune femme le rejoigne sur quelques dates, mais le planning de la jeune femme était plus que rempli et ne lui laissait pas vraiment le temps de traverser la France pour quelques jours. Ils avaient alors décidé de profiter et de passer un maximum de temps ensemble avant le départ des 2 frères.
C'est pourquoi il était encore devant cet hôpital, attendant que la fameuse médecin se décide à sortir. Chose qui avait aussi changé ces deux derniers mois : il avait fini par introduire la jeune femme dans son groupe d'amis. Cette nouveauté avait été une surprise pour certains plus que pour d'autres, qui avaient certains doutes. Fort heureusement, ils avaient tous rapidement compris que les vannes et railleries n'étaient pas les bienvenues, accueillant avec joie la jeune femme, non sans lancer des regards moqueurs au rappeur lorsque celui-ci devenait légèrement démonstratif en public.
Après quelques minutes, sa brune sortit du bâtiment, un air fatigué sur le visage mais toujours avec son sourire bienveillant qui ne la quittait pas. La repérant au fond du parking, elle se dépêcha de traverser ce dernier et de pénétrer dans l'habitacle de la voiture à l'abri de la fraîcheur qui s'était installée en fin de journée.
— Coucou monsieur.
— Salam madame.
Se penchant vers lui, elle déposa légèrement ses lèvres sur les siennes, chose qu'il n'apprécia pas vraiment, car il la retint en approfondissant son baiser. Deux jours qu'ils ne s'étaient pas vus, après tout.
— T'as passé une bonne journée ?
— Ça va, c'était un peu la course. Il y a eu un accident sur le périph', donc on a dû gérer ça en plus, mais bon.
— Rien de trop grave ?
— Non hamdoullah. Deux jeunes en salle d'état, mais pas assez pour mettre leurs vies en danger.
— Hamdoullah.
Il était fasciné par le sang-froid de la jeune femme face aux situations critiques. Elle pouvait lui raconter sans le moindre problème des histoires qui feraient tourner de l'œil la plus grosse des brutes, même lui qui était parfois dégoûté face aux histoires les plus sanglantes.
— On va chez Nabil ?
— Ouais, ils ont voulu se faire une dernière soirée tous ensemble avant qu'on parte pour la tournée, juste une soirée pizza entre nous.
— Ils ont raison. Il fallait ramener quelque chose ? Tu aurais dû me prévenir, j'aurais envoyé un message à Jasmine pour savoir.
— Zey, tu as travaillé toute la journée, tranquille. Je pense pas que mon reuf ou Jasmine vous en veuillent de ne pas avoir ramené les boissons ou le dessert.
— Oui, mais j'aime pas arriver les mains vides.
La voir se sentir plus que à l'aise avec sa famille l'apaisait. L'ensemble des QLF avaient validé la jeune médecin, la trouvant même un peu trop parfaite pour supporter l'Algérien. Elle pouvait passer la soirée à discuter avec son frère et son cousin, le rendant presque jaloux à certains moments.
Arrivant devant l'immeuble où résidait son frère, ils ne tardèrent pas à se garer et à monter à l'appartement. Ne prenant même pas la peine de toquer, ils entrèrent directement sous les râlements de la brune, qui trouvait impoli de rentrer sans toquer.
— Nana !!
— Lulu !!
Le cri de son cousin lui fit lever les yeux au ciel, toujours à en faire des caisses. Ils étaient les derniers à arriver, tout le monde étant regroupé dans le salon en train de discuter ou de rire.
— Vous avez pris trop de temps wsh, on a faim !
— Règle ça avec Zey, je suis parti la chercher.
Son frère se retourna vers la jeune femme qui s'était assise au bar près de Jasmine, inséparables comme toujours.
— Eh oh, y en a qui travaillent ici, Andrieu hein, je sauve des vies moi !
— Tu dis ça, mais je suis sûr que t'as traîné à parler à toutes les daronnes reubeu que t'as croisées dans les couloirs.
— Même pas vrai.
Sa réplique fit rire les deux frères, qui savaient très bien qu'elle mentait. Elle leur avait un jour confié qu'elle avait plusieurs fois été mise en retard sur ses tâches à cause de cela. Parlant couramment l'arabe, ses collègues lui laissaient gérer ce genre de cas pour faciliter la prise en charge. Il savait qu'elle adorait s'occuper de ces familles, se retrouvant en eux, et il ne pouvait que comprendre.
Oubliant les prochains jours, il profita alors du moment, entouré de ceux qu'il considérait comme sa famille. Quelques heures plus tard, la digestion se faisait sentir. Le ton était plus calme, bien que toujours rempli de taquineries en tous genres. Zeyna l'avait rejoint après avoir aidé à débarrasser, tous les deux étaient installés dans un coin du canapé, la tête de la brune reposant sur son épaule. La fatigue pointait son nez chez la jeune femme qui avait passé la journée à travailler, et l'atmosphère chaleureuse combinée à la présence de Tarik contre elle était un parfait combo pour l'endormir. Profitant du fait que tout le monde soit occupé, le rappeur posa un baiser sur le haut de sa tête, lui arrachant un sourire tendre.
Leur bulle ne dura pas longtemps lorsque Lucas se retourna vers eux, un air malicieux sur le visage.
— Zeyna, avoue, tu vas pleurer quand Tarik va partir.
La remarque arracha un ricanement de la part de l'intéressé, qui savait très bien qu'il cherchait à piquer la brune.
— C'est lui qui va pleurer oui.
La réponse arrêta rapidement son ricanement, regardant la jeune femme avec un sourcil relevé.
— Ah ouais ?
— Pourquoi ? Je vais pas te manquer ?
— C'est archi pas la question madame, donc moi je vais pleurer ?
Leur regard s'affronta pendant quelques minutes, la jeune femme détourna rapidement le regard, reposant sa tête sur son épaule.
— Bref.
Le changement de ton brutal entraîna le rire du reste du groupe, qui savait très bien qu'elle ne gagnerait pas ce débat face à son partenaire.
— Je te pensais plus forte que ça, Nana, renchérit Lucas pour la narguer.
Ne prenant même pas la peine de lui répondre, elle lui tira la langue avant de fermer les yeux, toujours blottie contre son bras, le tout sous son regard amusé. En effet, il pouvait partir en paix...