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Cette soirée ressemblait à toutes les autres de ces derniers temps

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Cette soirée ressemblait à toutes les autres de ces derniers temps. Il était posé sur son canapé, accompagné de ses frères ou de quelques-uns de leurs potes, selon les disponibilités de chacun. Ils passaient la nuit à jouer ou à parler de tout et de rien. Autant dire qu'il n'avait rien compris quand quelqu'un avait toqué à sa porte avec insistance. Sa surprise ne s'était pas arrêtée là : en ouvrant, il reconnut l'un des jeunes qui traînaient dans le hall de l'immeuble. Celui-ci lui indiqua que quelqu'un le cherchait en bas, et que la situation semblait urgente.

Sans attendre, et complètement perdu, il enfila une paire de claquettes qui traînaient devant la porte et s'engouffra dans la cage d'escalier. Arrivé en bas, il reconnut immédiatement Samir, le voisin de Zeyna, qui avait l'air plus qu'inquiet.

— Salam, mec. Y a un problème ?

— Salam, smeh de débarquer comme ça, mais dis-moi, t'aurais pas vu Zeyna aujourd'hui ?

— Zeyna ? Non, pas du tout. Pourquoi ?

— Merde... Tu n'as aucune idée de ce qu'elle aurait pu faire aujourd'hui ?

— J'ai pas eu de contact avec elle depuis la dernière fois qu'elle est venue manger. Il se passe quoi, en fait ?

— Justement, je sais pas. Elle a disparu depuis ce matin, et elle n'a donné de nouvelles à personne. Sa famille a essayé de la contacter, mais c'est silence radio. Elle a même laissé sa voiture chez nous.

— Elle a prévenu personne ? Personne ne l'a vue ?

— Absolument personne. En ce moment, elle parle à presque personne. Elle reste cloîtrée chez elle ou au taf.

— Comment ça ? Il s'est passé quelque chose ?

— Écoute... c'est pas vraiment à moi de te raconter tout ça, mais... des vieux trucs sont ressortis, et ça lui a mis un coup.

Il n'était pas idiot, et il fit rapidement le lien avec l'altercation de la dernière fois, et avec les paroles de son père.

— T'as cherché là où elle a l'habitude d'aller ?

— Ouais. J'ai appelé sa collègue : elle n'est pas à l'hôpital, pas chez ses parents, ni chez sa meilleure amie.

Récupérant ses clés dans sa poche, il se dirigea rapidement vers sa voiture.

— Je vais chercher de mon côté. T'as mon numéro, on s'appelle dès qu'il y a du nouveau.

Son ton était froid et ferme, ne laissant aucune place à la discussion. Le jeune homme hocha simplement la tête avant de monter de son côté dans sa voiture. La disparition de Zeyna n'était pas quelque chose qu'il pensait devoir gérer un jour, et au fond de lui, il était complètement terrifié par ce qui pouvait lui être arrivé.

Il savait qu'elle n'était pas du genre à disparaître sans laisser de nouvelles. Elle pensait trop au bien-être de sa famille et de ses proches pour leur infliger une telle frayeur. Non... Si elle ne donnait aucun signe de vie, c'est qu'elle était dans un état plus que préoccupant.

Se dirigeant vers la capitale, il fit le tour des endroits où ils étaient déjà allés ensemble. Des lieux qu'elle aimait, et où elle aurait pu chercher un peu de réconfort. Après une heure à tourner, il reçut un message qu'il ouvrit immédiatement :

On n'a rien retrouvé pour le moment. Je suis avec son frère, on est partis voir chez le reste de sa famille. Tu peux aller voir au cimetière de *******, ça m'étonnerait qu'elle soit là-bas mais on sait jamais.

Un cimetière ? Glauque. Mais vu tout ce qui se passait, la situation était loin d'être normale. Il répondit rapidement au message, redémarra la voiture et prit la direction du lieu indiqué.

Arrivé près du cimetière, il ralentit sa conduite, scrutant les alentours malgré l'obscurité pesante de la nuit.

C'est en arrivant devant la grille d'entrée qu'il l'aperçut enfin. Recroquevillée sur un banc, elle avait l'air épuisée. Sans attendre, il sortit de sa voiture, garée en plein milieu de la route, et courut jusqu'à elle.

— Eh, Zeyna...

La jeune femme ne répondit pas tout de suite, ce qui l'inquiéta encore plus. Il saisit doucement son visage entre ses mains et releva sa tête vers lui, continuant de l'appeler. Peu à peu, la médecin papillonna des yeux, comme si elle sortait d'un lourd sommeil.

Bien qu'il ait été rongé par la colère à l'annonce de sa disparition, l'inquiétude qu'il ressentit en la voyant prit rapidement le dessus. Elle avait des cernes profondes, témoins d'une fatigue extrême, des traces de larmes encore visibles, et ses yeux étaient injectés de sang – signe qu'elle avait passé des heures à pleurer.

Mais c'est son regard qui le bouleversa le plus. Ce regard habituellement si joyeux et déterminé était désormais rempli d'une peine indicible. Il manqua un battement.

Voyant qu'elle ne réagissait toujours pas, il passa un bras autour de sa taille et la ramena doucement vers la voiture, l'installant sur le siège passager. Comprenant qu'elle n'était pas en état de parler, il envoya rapidement un message à Samir, puis reprit la route sans attendre, tout en gardant un œil sur la brune à ses côtés.

Discrètement...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant