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5 heures

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5 heures...

Ça faisait maintenant 5 heures qu'il attendait le réveil de la brune. Il avait bien réussi à s'endormir quelques heures sur le canapé, mais sa volonté d'être là lorsqu'elle ouvrirait les yeux l'avait empêché de dormir plus. Ces dernières heures lui avaient donné le temps de découvrir son appartement. Bien qu'il fût déjà venu, il n'avait pas eu le temps de prêter attention plus que ça à la décoration de son intérieur. Il s'était toujours senti bien ici. Il y avait cette atmosphère réconfortante qu'il retrouvait chez la propriétaire des lieux : calme, ordonné et apaisant. Il avait aussi passé plusieurs minutes à l'observer, elle. Priant pour qu'elle ne se réveille pas alors qu'il la fixait au pied du lit. Il avait remarqué ses joues plus creusées que d'habitude ainsi que les cernes qui avaient pris place en dessous de ses yeux.

Le soleil avait commencé à se lever depuis une bonne heure lorsqu'il entendit du bruit venir de la chambre. D'un pas tranquille, il se dirigea vers celle-ci, restant dans l'encadrement de la porte et observant la jeune femme se réveiller.

Elle se redressa lentement tout en papillonnant, comme perdue. Lorsqu'elle tourna la tête et l'aperçut :

— Tarik ?

Sa voix était faible et enrouée, ce qui était compréhensible au vu du nombre d'heures qu'elle avait dû passer dehors la veille.

Très calmement, pour ne pas la brusquer, il s'avança vers elle, s'asseyant au bord de son lit.

— Comment tu te sens ?

— Je sais pas, mais qu'est-ce que tu fais là ?

— Tu te souviens d'hier soir ?

Un voile d'incompréhension et d'inquiétude recouvrit alors son regard.

— Quoi ? Non... il s'est passé quelque chose ? Tout le monde va bien ? Mes parents...

Sa voix commença à se briser et ses mains se resserrèrent autour de la couverture. Comprenant que la jeune femme imaginait le pire, il saisit délicatement son visage entre ses mains, accrochant son regard au sien.

— Hé hé, calme, ne t'inquiète pas, tout va bien... Tu te souviens de ce que tu as fait hier ?

Zeyna resta un moment silencieuse, comme recherchant au plus profond de sa mémoire quelque chose qui lui aurait échappé. Après plusieurs minutes, elle remonta les yeux vers lui, murmurant :

— Le cimetière.

— Oui...

— Tu es venu me récupérer le soir.

— Tu nous as fait peur, tu sais. Samir est venu me chercher en panique. Personne ne savait où tu étais...

— Je... je suis désolée.

Ses yeux se remplirent de larmes et ses lèvres se pincèrent pour retenir des sanglots. Voyant ça, le brun l'attira contre son torse, l'entourant de ses bras.

— Ne t'en fais pas, tu vas bien, c'est l'essentiel.

Il n'en fallut pas plus pour que la médecin fonde en larmes dans ses bras. Les larmes coulaient abondamment et sans contrôle, s'échouant sur le t-shirt de l'homme où elle avait enfoui son visage. Il avait ce truc réconfortant, cette chose protectrice qui faisait qu'elle ne pouvait retenir sa peine. Elle oublia totalement leur « dispute » et les longs mois où ils avaient coupé contact. Elle ne voulait être nulle part ailleurs que dans ses bras à ce moment-là.








**Ellipse quelques heures**

Ils étaient restés un moment dans les bras l'un de l'autre. Après cela, Zeyna s'était levée se doucher afin de se rafraîchir, tandis que lui était parti fumer sur le balcon. Il inspira sa dernière bouffée lorsqu'il sentit la porte-fenêtre s'ouvrir derrière lui. Sans un bruit, la jeune brune apparut à ses côtés. D'une manière totalement naturelle, elle se cala contre lui, tandis que lui passait son bras autour d'elle. Aucun des deux ne parla durant de longues minutes, se laissant bercer par le silence du jour qui se levait lentement sur la ville.

— Merci...

Pendant quelques minutes, Tarik se demanda si elle l'avait vraiment prononcé ou s'il avait juste imaginé ce mot tellement il avait été prononcé d'une voix faible.

— Ne me remercie pas pour des choses comme ça. Tu as été la première à venir sans hésiter quand je t'ai appelé pour Yanis.

— C'est mon métier. Toi, tu n'as pas hésité une minute à faire le tour de l'Île-de-France pour me chercher.

— Je te dois bien ça...

— Tu ne me dois rien du tout, Tarik...

Cette phrase avait un goût amer. En effet, d'un certain sens, ils ne se devaient rien. Ils avaient fait le choix de vivre chacun de son côté, lui le premier en allant fréquenter d'autres femmes. Mais rien n'était comparable à ce qu'il vivait lorsqu'il était en compagnie de Zeyna. Ce n'était pas un amour passionnel qui les faisait se déchirer, non, c'était quelque chose de doux, qui apaisait toutes ses idées noires sans avoir besoin de fumer ou de boire pour oublier. Et même après les nombreuses disputes qu'ils avaient pu avoir et les mois passés, rien n'était venu à bout de cet apaisement.

— Je te devrais toujours quelque chose...

La brune leva la tête vers lui, les sourcils froncés en signe d'incompréhension.

— Tarik...

— Non, tu sais très bien, au fond de toi, de quoi je parle.

— Ça fait des mois...

— Dis-moi que ces derniers mois ont changé la moindre chose vis-à-vis de nous...

Elle-même savait. Elle savait qu'elle n'avait jamais ressenti quelque chose de semblable...

— On n'a pas arrêté pour rien...

— Je sais, j'ai été totalement débile sur ce point, je me suis pas rendu compte de ce que je perdais.

— Qu'est-ce qui me dit que ce sera pas la même chose dès qu'on rencontrera une situation compliquée ? Tu ne sais pas tout sur moi...

— Je le sais, et je ne veux en aucun cas te forcer à parler. Je veux juste être là...

— Je ne sais pas...

— Zey..., on fait ça à ton rythme. On apprend à fonctionner ensemble, sans pression, juste nous...

Son regard était tellement fort, tellement confiant qu'il en était douloureux pour la jeune femme. Son cœur et sa raison étaient en pleine bataille, mais le fait qu'il soit là à ce moment même était tellement symbolique qu'elle ne pouvait l'ignorer. Alors, de la manière la plus simple, elle hocha doucement la tête.

— Une chance.

Discrètement...Des histoires addictives. Découvrez maintenant