– Sale connard... !
Assise du côté passager, alors que Jason conduit, je croise mes bras et je fulmine en traitant ce bâtard de Tristan de tous les noms.
Comment a-t-il osé ?! Ce fils de chien...
J'ai rempli ma mission et éliminé un mafieux, et c'est comme ça qu'il me remercie !
En plus... Je n'ai pas rêvé : il avait collé son membre dur contre moi. Je l'avais fait bander ? Je me souviens avec horreur avoir été parcourue malgré moi de frissons incontrôlables. Je me déteste d'avoir ressenti une telle sensation.
Même si c'est une réaction "normale" et "humaine", je me serai giflée et je chasse ce pénible souvenir d'un brusque mouvement de tête, comme pour me réveiller.
– Il me le paiera !
Je continue de pester contre lui, me renfrognant davantage et mes bras toujours croisés. Puis, je prends une grande inspiration pour essayer de me calmer avant de fermer les yeux et de me laisser bercer par les secousses de la voiture tout le long du trajet.
Je ne fais même pas attention à Jason qui est aussi silencieux que moi. Aucun de nous ne s'adresse à l'autre et c'est parfait comme ça.
Arrivés à destination, je sors du véhicule avant de claquer la portière et je monte sans un au revoir à mon chauffeur. En pénétrant dans la maison, je vois Amanda qui m'accueille avec le sourire, puis qui sursaute légèrement avant d'écarquiller les yeux devant le sang qui macule mes vêtements. De peur ou d'inquiétude ?
– Du calme, ce n'est pas mon sang, la rassuré-je.
Je me dirige ensuite vers la salle de bain et j'ouvre les robinets à fond. Pendant que l'eau chaude coule sur moi et délasse mes muscles, je repense à cette journée... Tout va à fond dans ma tête, cette sensation de tuer... Je me souviens l'avoir déjà vécue une fois. J'avais tellement aimé ce sentiment de toute puissance qui m'avait habitée. Et là aujourd'hui, elle s'était manifestée de nouveau. Cette sensation qui me faisait vibrer, me sentir vivante, moi qui habituellement suis sans tonus et toujours passive, résignée.
Mais putain, fait chier ! Au lieu de provoquer la peur de mes geôliers – ce que j'avais espéré – cela avait attisé autre chose. Dans un coin de ma tête, le mot « sexe » apparaît et clignote de toutes les couleurs, mais comme je n'ai jamais eu de petit ami et que je ne connais pas les choses de l'amour... Je ferme mon cerveau à double tour, ne voulant pas y penser davantage. Je veux simplement me reposer.
En sortant nue de la salle de bains, je croise le regard d'Amanda, un peu surprise de me voir ainsi, mais je ne prends pas la peine de discuter avec elle. Je lui dirais quoi d'ailleurs ? Je traverse le couloir, me dirige vers ma chambre et je m'affale de tout mon long sur le lit. Le sommeil m'emporte rapidement et l'agitation de cette journée fait ressurgir mes souvenirs enfance, depuis longtemps enfouis.
*****
Je me revois enfant, vivant entre la violence et la drogue. En effet, mes deux parents sont accros à l'héroïne et ne s'occupent pas de moi.
De toute façon je suis un accident et, ma mère ayant fait un déni de grossesse, je suis arrivée dans leur vie comme un cheveu sur la soupe. Ils auraient pu profiter de ma naissance pour décrocher, mais non, apparemment ce n'était pas un motif suffisant pour qu'ils arrêtent. Toxicomanes ils étaient, toxicomanes ils resteraient...
Au contraire même. Depuis que je suis née ils en consomment encore plus, comme pour oublier qu'ils ont conçu un petit être. Et quand par hasard ils prennent conscience que je suis là, je me fais tabasser. Continuellement.
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MORSURE EMPOISONNÉE
RomanceMe faire enlever le jour de mes 19 ans, ça aurait pu être une belle surprise si ça avait été dans le but de m'emmener à une fête pour mon anniversaire. Au lieu de ça, je me retrouve au milieu d'une pièce entourée d'hommes richement habillés, leur m...
