Un jour, je suis en pleine transaction quand je suis prise d'une envie – d'une pulsion dirais-je même – de brutalité.
Alors que ce gars en face de moi essaie seulement de quémander un peu plus de came, au lieu de l'envoyer balader purement et simplement avec des paroles, je perds mon sang-froid et je me jette sur lui en le bourrant de coups de poing pour le faire taire. Le pauvre camé n'a même pas le temps de comprendre ce qui se passe et il ne peut pas riposter non plus. Le voilà à terre, les membres tremblants et me suppliant de l'épargner.
Moi, je suis là devant lui : haletante et furieuse, j'ai les poings en sang, habitée d'une colère sourde. Et tout ça à cause de Tristan !
Il n'est pas venu me voir une seule fois. Si je me suis sentie vexée au début, de fil en aiguille j'ai senti la colère m'envahir.
Eh ben quoi ? Il me laisse là, comme ça, en plan ? Je suis passée au second plan d'un claquement de doigt ? Je ne l'intéresse plus ?! Alors pourquoi il n'en finit pas avec moi tout simplement ?!
Je suis folle de rage. Il m'a kidnappée, utilisée, baisée, et maintenant il m'abandonne comme une vieille chaussette ?! Quel connard...
Je fulmine en même temps que je sens les larmes me monter aux yeux.
Putain, mais merde à la fin ! Depuis quand je suis devenue aussi dépendante de lui ?
*****
Après la transaction, je me retrouve dans la caisse avec Jason. Depuis l'incident sur le pont et le fait que j'ai faillis me faire tuer, ils ne me laissent plus aller faire les échanges seule, je suis donc chaperonnée en permanence... Enfin, eux ils appellent ça de la « sécurité », alors que moi j'appelle ça du « flicage » ! Je me souviens, quand j'en ai fait la remarque à Michael, il m'a simplement répondu « c'est une simple question de vocabulaire » ! Quel con !...
Bref, en chemin pour le QG et encore tremblante de rage – contre moi-même – d'avoir frappé ce pauvre drogué, n'y tenant plus, je finis par lui poser la question.
– Eh, Jason, il fait quoi Tristan ? Il a disparu de la surface de la Terre ou quoi ? Et c'est quoi cette "grande affaire" qui lui prend tout son temps ?
– Gamine... Moins t'en sais, mieux ce sera, répond-il en crispant ses mains sur le volant.
– Que... Quoi ?... Non mais comment ça ? lui demandé-je, interloquée.
– Crois-moi, pose pas de questions et t'en mêle pas.
Cette fois-ci, je craque et je déverse toute ma frustration en lui hurlant dessus.
– Mais qu'est-ce que tu me caches encore ? Qu'est-ce que vous me cachez, tous ?!
Voyant mon interlocuteur garder le silence, je finis par sortir de mes gongs.
– Vous faites chier ! C'est bon je me casse, j'en ai marre de vous tous !
Et sur ces paroles, j'ouvre la portière et je me précipite dehors. J'ai choisi un moment où la voiture a redémarré après un feu passé au vert pour me carapater en vitesse et pour que Jason ne puisse pas faire autrement que de continuer à rouler.
Sans hésitation, je prends donc la fuite, plus par vexation que par désir de m'enfuir.
Dans un crissement de pneus, j'entends Jason garer la voiture en catastrophe et sortir à son tour en criant mon prénom, m'ordonnant de revenir.
Tu crois que je vais revenir sagement vers toi ? Tu rêves tout debout, y en a ras le bol de vos trucs à la con ! Vous ne voulez plus de moi ? Parfait ! Je me casse !
Heureusement, je suis plus agile et plus rapide que lui et je le distance facilement. Devant moi, personne. Je ralentis et je finis par m'arrêter. De toute façon je ne voulais pas vraiment m'enfuir, je voulais juste le semer un moment et surtout, me retrouver un moment seule. Vraiment seule.
Je reprends ma respiration et je continue à marcher jusqu'au bout de la rue. Alors que je tourne au coin pour prendre l'avenue, je tombe sur une scène surréaliste : une horde de voitures et un groupe important de personnes, debout, se faisant face, armes au poing.
Je recule instinctivement et je tends la tête pour essayer de voir et de comprendre ce qui se passe. Devant moi, à plusieurs mètres, je regarde la scène avec effroi : Tristan est là avec quelques gardes des Cobras, et devant eux se tient leur ennemi juré, la brigade des Highster.
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MORSURE EMPOISONNÉE
RomanceMe faire enlever le jour de mes 19 ans, ça aurait pu être une belle surprise si ça avait été dans le but de m'emmener à une fête pour mon anniversaire. Au lieu de ça, je me retrouve au milieu d'une pièce entourée d'hommes richement habillés, leur m...
