Chapitre 30 - Julia

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Aujourd'hui, avec Harper nous décidons de passer une journée « entre filles ». Enfin, c'est surtout elle qui m'a proposé. Bien que je ne sois pas friande de ce type de sortie, j'ai accepté car je trouve quand même agréable l'idée de se balader en bonne compagnie. Au moins, je sais que je ne serai pas surveillée par mes coéquipiers et puis, ça m'évite aussi de penser à Tristan. En fait, ça fait plusieurs semaines que je ne l'ai pas vu, et bien que je n'ai pas envie de me l'avouer, ça m'agace énormément.

Avec Harper, on va donc en ville et on fait du lèche-vitrines. On entre dans les boutiques et on passe plusieurs longues minutes à faire des essayages dans les cabines, surtout elle. Elle adore se désaper pour essayer toutes sortes de tenues. Chacun de ces essayages restent dans son style gothique et noir, qui s'associe à la perfection avec ses cheveux teints en violet.

Dans la dixième boutique, pendant que j'attends sur un banc proposé par la vendeuse, le rideau s'ouvre d'un coup et elle apparaît vêtue d'une mini-jupe en cuir et d'un haut de la même matière, mettant en valeur son voluptueux décolleté. Toujours exubérante et volubile, elle ouvre les bras en demandant gaiement :

– Tadaaa !!! Et ça ? Ça me va ? dit-elle en tournant sur elle-même et arborant un sourire coquin.

– Nickel ! Ça remonte tes nichons et ça te fait un popotin d'enfer, dis-je en faisant un pouce levé.

– Raaah, râle-t-elle toute sa bonne humeur envolée. Si seulement ça pouvait m'aider à trouver un mec ! Mais non, à la place y a que nos gars que ça fait baver... Eux et les clients dégueulasses qui viennent dans notre club, dit-elle en pestant.

Puis elle s'engouffre à nouveau dans la cabine et referme les rideaux d'un geste de rage avant de se changer.

Je laisse échapper un petit rire ironique. C'est vrai que les seuls hommes dont nous sommes entourées sont des mecs peu recommandables. Et notre vie leur étant dévouée, il nous est impossible de trouver un partenaire.

Je baisse mon regard et m'attarde à mon tour sur ma tenue. Ce jour-là, je suis habillée d'un jean bleu, chaussé des petites bottines noires. En haut mon top est blanc et laisse une de mes épaules dénudées. Je l'ai choisi à la fois ample et souple ; le tissu souligne légèrement la courbe de mes seins, de mes hanches et de mes bras. Une tenue classique mais qui me convient très bien.

En y réfléchissant, même si ça paraît basique, les regards de mes collègues hommes ne trompent pas. Ils adorent se retourner sur moi lorsque je passe devant eux.

C'est bizarre, parce que je trouve toute les serveuses bien plus jolies que moi, habillées, coiffées et maquillées. Mais apparemment, les mecs aiment bien les filles « banales » aussi.

Ils sont bizarres ces mecs, quand même...

Et si Tristan me voyait ? Comment il réagirait ?

À cette pensée, je secoue la tête.

Mais quelle tarée ! Pourquoi est-ce que je me soucie de ça ? Je m'en fous de lui ! Il se fout pas mal de toi ma fille, alors oublie-le !

Je sens le rouge me monter aux joues, de honte, de nervosité ou de colère, je n'en sais rien, mais c'est à ce moment-là qu'Harper sort de la cabine.

– Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-elle, voyant le rouge sur mes joues.

– Rien, rien, laisse tomber...

– Comment ça « rien » ?! Pour que tu rougisses comme ça c'est qu'il y a un mec là-dessous !

– Mais non qu'est-ce que tu crois ! Ah et puis laisse-moi tranquille, dis-je en esquivant son regard, le rouge toujours aux joues.

MORSURE EMPOISONNÉEDes histoires addictives. Découvrez maintenant