La corde qui m'enserrait les poignets est désormais remplacée par des chaînes. Le lieu dans lequel je me trouve est froid et humide. Cela ressemble furieusement à une cave pour prisonniers. Mais après tout, c'est bien ce que je suis, non ? Leur prisonnière.
Quelle vie de merde, même pas foutu de me tuer avec son pistolet, cet abruti. Il n'avait pourtant pas grand-chose à faire. Mais non, au lieu de ça il va falloir que je devienne le jouet d'un individu peu scrupuleux.
– Non mais sérieux, c'était pas plus simple de me coller une balle dans le crâne ?
Je ne vois rien d'où je suis, mais je sais qu'au dehors il n'y a qu'un seul garde – et bien musclé – derrière ces satanés de barreaux. Depuis que j'ai atterri dans ce trou à rats, je l'assaille de questions, ou alors je parle à voix haute. Je sais pertinemment que je dois le saouler. Je dois aussi jouer avec sa patience, et si ça se trouve il n'attend qu'un ordre pour me faire taire. Mais je m'en fous, puisque je veux mourir. Mais malheureusement il ne répond à aucune de mes questions et ne relève aucune de mes remarques pour le moment.
Il est sourd ou quoi ? C'est pas possible autrement ! Quelle chiotte, je peux même pas l'emmerder...
Depuis que j'ai été jetée dans ce gourbi, j'ai eu tout le loisir de me remémorer ce que j'ai vu jusqu'à présent pour tenter d'identifier les hommes qui m'ont enlevée.
D'abord, il y a des tatouages en forme de serpent qui sont visibles partout, aussi bien sur les visages que sur les bras et les mains. Et il n'y a pas que les mafieux du groupe qui en portent, ceux que j'ai croisé en chemin avant d'être jetée dans ma cellule en ont aussi.
Ah oui, et puis quand ils marchaient devant moi, j'ai aussi remarqué que le mec aux cheveux châtains, qui avait eu l'air faussement étonné avec sa bouche en forme de « O », parlait tout le temps. Il n'arrêtait pas de bavasser et l'autre, le mec au catogan, l'avait regardé méchamment, d'un air de dire « mais ferme-la bon sang ». Par contre, impossible de savoir ce qu'il pense à celui-là, son visage n'avait pas bougé d'un millimètre.
– T'as vu ça, Kyle ? avait dit le mec châtain. C'est la première fois que je vois une prisonnière agir comme ça !
– Calme-toi Michael, avait répondu le catogan blond, « Kyle ».
Un bref rire ironique s'était échappé de ma gorge, aussitôt réprimé par une brusque tension sur la chaîne de mes poignets qui m'avait fait trébucher en avant. J'avais buté en manquant un pas et je m'étais rattrapée de justesse.
Putain de salauds ! Je vous jure que je vous le ferai payer... mais quoi alors ? Ça veut dire que je suis la première victime à rester vivante ? D'après ce que j'ai entendu, soit ils les tuent, soit ils les vendent. Sauf que leur patron a décidé de me réserver un sort spécial. Qu'est-ce qu'il me veut ?!
Le « Kyle » en question m'avait jeté un coup d'œil par-dessus son épaule, avant de reporter son attention sur son patron qui était en tête.
Je me souviens aussi que, juste avant que la porte ne se referme sur eux et qu'on me conduise vers ma cellule, j'avais vaguement entendu ce fameux Kyle s'adresser à son chef en chuchotant :
– Bon Dieu, mais tu peux me dire à quoi tu joues, Tristan ?
D'ailleurs, vu la familiarité du langage utilisé par ce Kyle et ce Michael, ils paraissent être des frères d'armes plutôt que des sous-fifres. Cependant, ce fameux chef, ce Tristan, que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam soit dit en passant, ne m'intéresse aucunement.
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MORSURE EMPOISONNÉE
RomansaMe faire enlever le jour de mes 19 ans, ça aurait pu être une belle surprise si ça avait été dans le but de m'emmener à une fête pour mon anniversaire. Au lieu de ça, je me retrouve au milieu d'une pièce entourée d'hommes richement habillés, leur m...
