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Point de vue Omniscient

Le lendemain, la journée de travail en pharmacie s'était écoulée relativement tranquillement pour Laylâ. Après avoir rangé les étagères et conseillé quelques clients, elle prit enfin sa pause déjeuner. La chaleur d'un soleil timide perçait à peine à travers les nuages d'hiver, mais elle n'y prêtait guère attention. Le nez plongé dans son téléphone, elle marchait d'un pas rapide sur le trottoir, absorbée par la lecture d'un message.

Sans crier gare, elle heurta violemment un homme, assez imposant, un véritable mur de chair qui la fit vaciller un instant. Elle releva la tête en sursaut et observa la situation : l'homme, grand et large d'épaules, semblait bouillonner de frustration. Il était vêtu de manière élégante, avec un manteau sombre qui contrastait avec la clarté du jour. Ses cheveux roux étaient courts et plaqués sur le côté, une moustache soigneusement taillée et une barbe de quelques jours qui soulignait la dureté de son visage. Ses yeux, d'un bleu presque glacial, la fixaient avec une intensité qu'elle n'aurait jamais pu ignorer.

Il souffla de manière audible, visiblement énervé, avant de lâcher d'un ton cinglant dans sa langue maternelle, avec un accent bien marqué :

- Décidément, ces Français ne savent vraiment pas marcher. Dit-il en russe, méprisant

Laylâ s'arrêta brusquement, un frisson parcourant son dos. Elle n'avait pas l'intention de se laisser faire. À la fois surprise et agacée, elle se redressa et le regarda de haut en bas, une lueur de défi dans ses yeux. Même si son instinct lui disait de ne pas trop s'en mêler, elle était bien trop piquée pour laisser ce genre de commentaire sans réponse. Elle se tourna lentement vers lui, un sourire provocateur aux lèvres, et répondit dans la même langue :

- Au moins, nous, les Français, ne sommes pas aussi méprisants que vous. En russe, un brin moqueuse

Les mots quittèrent ses lèvres comme une flèche bien lancée. Le regard de l'homme s'assombrit un instant, à la fois surpris par sa maîtrise de la langue et déstabilisé par sa répartie. Il sembla hésiter, scrutant son visage avec une intensité qu'il n'avait pas anticipée.

Puis, comme s'il se rendait compte qu'il n'avait pas été aussi arrogant qu'il le pensait, il resta un moment sans voix, son regard se figeant sur elle, partagé entre la frustration et la surprise. Mais Laylâ, satisfaite d'avoir répliqué, ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle se tourna alors sur ses talons avec une élégance désinvolte, reprenant sa marche comme si de rien n'était, laissant l'homme derrière elle, immobile et perplexe.

Il la suivit du regard, une lueur d'incompréhension dans ses yeux. Mais Laylâ, consciente qu'elle venait de laisser une marque, n'en avait cure. Elle s'éloigna rapidement, son sourire en coin ne disparaissant pas, tandis qu'à l'arrière-plan, l'homme semblait encore digérer sa réponse.

COLDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant