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Nival VINTERLUND

La lettre repose devant moi.

Petit rectangle de papier, pourtant aussi lourd qu'un poids attaché à ma poitrine.

Even vient de me la remettre avec cette douceur qui lui est propre, cette présence apaisante qui contraste tant avec le tumulte qui gronde en moi. Elle savait. Elle savait que cette lettre me bouleverserait, que je ne pourrais pas simplement la glisser dans ma poche et continuer ma journée comme si de rien n'était.

Je n'ai pas encore osé l'ouvrir.

Mes doigts tremblent légèrement au-dessus du pli soigneusement scellé, comme si briser cette enveloppe revenait à rouvrir une plaie à peine refermée.

Nahren.

Son nom résonne dans mon esprit, et déjà mes yeux me brûlent, menaçant de trahir l'émotion qui m'envahit. Elle était ma grande sœur de cœur. Celle qui m'avait guidée, soutenue, protégée, et qui aujourd'hui me parle à travers ce simple bout de papier.

Est-ce vraiment le bon moment pour la lire ?

Ici, dans son bureau, où chaque objet porte encore son empreinte, où l'odeur du bois ancien se mêle aux effluves de thé et de pages jaunies par le temps...

Je ferme les yeux, inspirant profondément, tentant de calmer le tremblement de mon souffle.

C'est trop.

Trop de choses à la fois.

Laylâ est dans le coma, suspendue entre la vie et la mort. Et maintenant cette lettre...

Puis comme si, d'un coup, tout devenait plus clair.

Sans plus réfléchir, je me lève brusquement, repoussant la chaise en arrière. L'air devient suffocant, mon cœur bat trop fort. Je quitte le bureau de Nahren, traversant la pièce d'un pas pressé.

Les escaliers en bois grincent sous mes pas précipités alors que je les descends presque en courant.

Arrivée en bas, Even est là, assise dans l'un des fauteuils en velours de la librairie-bar à chats, une tasse de thé fumante entre les mains. Un chat tigré est lové contre ses jambes, ronronnant paisiblement.
La scène est si douce, si calme, à l'opposé du chaos dans ma tête.

Je m'approche d'Even, me penche et lui dépose un baiser tendre et silencieux sur la joue. Pas besoin de mots. Elle comprend.

Even me regarde partir, et je sais qu'elle respecte mon besoin d'être seule.

Sans un regard en arrière, je sors de "Les Rêves Endormis", le froid venant mordre ma peau à peine la porte franchie.

Je monte dans un taxi.

COLDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant