Bonus 1

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23 Juillet 202*

Dîna

—  T'as juste UN mot à dire.

Je la regarde, les bras croisés, essayant de contenir mon propre trop-plein d'émotions, mais surtout son stress à elle qui est littéralement en train de suinter par tous les pores de sa peau.

Laylâ. Ma Laylâ. Ma sœur, mon double, ma dinguerie préférée. Et là, à la veille de dire oui à l'amour de sa vie, madame a les mains moites et les yeux écarquillés comme si elle allait passer un concours d'esthéticienne sous stéroïdes.

— Répète après moi : OUI !

Elle me fusille du regard.

— Dîna, ferme-la, je te jure, j'ai les mains moites là !

Je me retiens de rire.

— Mais tu l'aimes ou pas, ta soldate d'hiver ?!

— Oui !

— Voilà ! Je claque des doigts. Tu me sors ce même "OUI" devant la maire, devant Yev la Glaciale, devant toute l'assemblée d'Akatsuki... et on est BON.

Je la regarde. Elle souffle. Inspire. Expire. Elle tente de se calmer, de ne pas pleurer, ni transpirer, ni tomber dans les pommes.

Et moi, je l'observe, comme si elle sortait tout droit d'un rêve.

Elle est magnifique. Vraiment magnifique. Une beauté calme, une lumière douce. Elle tourne un peu sur elle-même, maladroite, et sa robe suit. Une longue robe blanche, pure, épurée, en bustier.

Sur son épaule gauche, discret mais symbolique : un petit tatouage d'un ourson. D'un simple regard, je comprends que c'est pour Yevgeniya.

Elle est en train d'épouser sa soldate d'hiver.
Et moi, je suis là. Témoin du miracle. Témoin de toutes ces années à la relever quand elle tombait, à la faire rire quand elle pleurait, à l'engueuler quand elle s'oubliait. Et maintenant, je la vois heureuse. Comme jamais.

Je sens mes yeux piquer.

Pas maintenant, Dîna. Pas de mascara qui coule avant la cérémonie. Allez.

— T'as ma bague de toute façon ?

Elle me balance ça, comme si j'étais une horlogère suisse croisée avec une fée du mariage.

Pardon ? Sa quoi ? Elle me raconte quoi là ?

Je la regarde. Je tente de garder une tête digne et zen. Mais j'ai un blanc. Rien. Le vide intersidéral. Elle entend que je ne réponds pas tout de suite, du coup elle me fixe, du genre laser dans la nuque.

— Laylâ, caaalme. C'est ton jour aujourd'hui, je gère ! J'ai tout, t'inquiète, tout va bien se passer.

Elle va surtout me tuer, ouais. Me noyer dans le champagne, m'enterrer avec Mishka en témoin principal.

Parce que j'ai aucune foutue idée d'où est sa bague.

Pendant qu'elle est retournée à se recoiffer un peu, dos à moi, je prends la tangente. Littéralement. Je m'éloigne à petits pas rapides (à la limite du sprint déguisé), et je sors mon téléphone.

Mission panique activée.

J'appelle ma folle numéro un : Katya.

— Kaka ?

— Qu'est-ce qu'il y a, Dodo ? (elle m'a renommée comme ça, j'en peux plus d'elle)

— T'as les bagues ?

COLDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant