Dans un Paris contrasté par la chaleur de Laylâ et la froideur Moscovite de Yevgeniya, deux âmes que tout oppose se rencontrent.
Laylâ, douceur incarnée et pleine de vie, tente de percer la carapace glaciale de Yevgeniya, mystérieuse et distante. E...
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Nival VINTERLUND
Je fais tourner distraitement le gobelet de café entre mes doigts, sentant encore la chaleur se diffuser à travers le carton. L'atmosphère du couloir semble plus légère que dans la chambre, mais l'oppression ne m'a pas quittée.
Mon regard revient sur Iryna. Elle est toujours là, calme, posée, sirotant son latte comme si rien dans cette situation n'avait de quoi l'ébranler.
Mais moi, j'ai encore cette sensation étrange qui me colle à la peau.
Je devrais peut-être lui poser la question directement, mais la formuler ainsi me semble trop frontale. Alors, à la place, je glisse un simple :
-Il me semble vous avoir déjà vue.
Iryna relève les yeux vers moi, ses prunelles clairs pétillant d'une lueur amusée. Elle prend une gorgée de son café, savourant visiblement le goût sucré avant de répondre avec un léger sourire :
- Je pense vous avoir envoyé un message auquel vous n'avez pas répondu, sur un de ces réseaux.
Elle marque une pause, comme si elle réalisait qu'elle pouvait me mettre mal à l'aise, puis enchaîne avec un ton plus léger :
- Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous en veux pas.
Donc c'était bien elle.
J'esquisse un sourire en coin, sentant une pointe de soulagement à l'idée de confirmer mon intuition.
- Oui, veuillez m'excuser, mais je trouvais le message assez... flippant.
Elle éclate d'un rire doux et naturel. Contrairement à sa sœur, elle a une aura plus accessible, plus détendue. L'opposé total de Yevgeniya.
- Flippant ? Sérieusement ?
- Un simple 'hi' d'une inconnue sortie de nulle part... disons que ça m'a surprise.
Elle secoue doucement la tête, amusée.
- C'est assez cocasse de vous rencontrer ainsi, en tout cas.
- Effectivement, je vous l'accorde.
Un silence s'installe, mais il n'est pas pesant. Juste un moment suspendu, où je tente encore d'évaluer cette femme face à moi.
Elle finit par reprendre la parole, sa voix légèrement plus douce cette fois :
- Je me permets de vous demander... connaissez-vous la femme qui est actuellement dans le coma ?
Son ton a changé. Plus grave, plus sérieux.
Je retiens un soupir. Évidemment que je la connais. Mais comment lui répondre ? Ce serait presque ironique de dire que Laylâ a été mon premier amour, que son existence a longtemps été gravée sous ma peau. Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment pour ce genre de confessions.