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Point de vue Omniscient

Yevgeniya Makarova

Trois mois en arrière

Trois mois s'étaient écoulés.

Trois mois durant lesquels Yevgeniya avait appris à ne plus se débattre contre la douleur, mais à la reconnaître comme une part inévitable de son existence. Trois mois où elle n'avait plus cherché à fuir, mais à comprendre. À s'accepter telle qu'elle était, même si cela signifiait porter des blessures invisibles.

Laylâ l'avait oubliée.

Cette idée, qui l'aurait autrefois brisée, ne l'étouffait plus autant. Elle avait fini par accepter que certains liens se perdaient, que l'amour ne suffisait pas toujours à retenir une personne au bord du vide.

Alors elle s'était recentrée sur elle-même, sur la femme qu'elle était, sur celle qu'elle voulait devenir.
Bien sûr, il y avait encore des jours difficiles.

Parfois, Ghost réapparaissait. Pas pour la pousser à se perdre, pas pour l'entraîner dans une spirale de détachement et de destruction. Non, Ghost venait simplement observer, presque curieuse. Une présence silencieuse qui ne cherchait plus à la guider, mais à constater son évolution. Comme une vieille habitude qui refusait de disparaître totalement.

Cela n'effrayait plus Yevgeniya.

Elle n'était plus cette femme enragée qui refusait de ressentir, ni celle qui sombrait à la moindre douleur.

Aujourd'hui, elle était plus mesurée. Son regard restait glacial pour ceux qui ne la connaissaient pas, son ton toujours empreint d'une réserve naturelle. Mais sous cette froideur persistait quelque chose de plus doux, plus fragile peut-être.

Elle parlait.

Plus qu'avant, plus calmement. Avec prudence, souvent avec timidité, comme si elle réapprenait à interagir sans armure, sans se cacher derrière un mur de mépris ou d'indifférence.

C'était un équilibre instable, mais un équilibre tout de même.

Elle avançait.





...

La pièce était calme, baignée par une lumière tamisée filtrant à travers les stores. Yevgeniya était assise sur le fauteuil en face du bureau de Mme Aruanã, jambes croisées, posture droite, un air maîtrisé sur le visage.

Trois mois s'étaient écoulés, et si son regard restait dur, il y avait quelque chose de plus posé en elle, une nuance subtile mais perceptible.

Mme Auruanã posa son carnet sur ses genoux et laissa passer quelques secondes avant de parler.

COLDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant