Dans un Paris contrasté par la chaleur de Laylâ et la froideur Moscovite de Yevgeniya, deux âmes que tout oppose se rencontrent.
Laylâ, douceur incarnée et pleine de vie, tente de percer la carapace glaciale de Yevgeniya, mystérieuse et distante. E...
Cinq mois s'étaient encore écoulés. Cinq mois de plus à regarder le sablier s'effriter, sans qu'aucune main ne puisse le retourner.
Cela faisait désormais un an que Laylâ était dans le coma, son corps toujours relié aux machines qui la maintenaient en vie. Mais la vérité était cruelle : son état ne faisait que se détériorer. Chaque jour, un peu plus, son souffle devenait plus fragile, son corps plus faible. Les médecins parlaient de probabilités, d'éventualités, mais aucun ne voulait dire à voix haute ce que tous redoutaient.
Pendant ce temps, Yevgeniya était enfermée entre les murs froids de l'hôpital psychiatrique. Elle n'avait pas été jugée comme une criminelle, mais comme une femme malade, une femme brisée par un passé qui ne lui avait jamais laissé le choix. Elle était suivie, analysée, observée.
Pourtant, malgré les séances, malgré la présence constante de la psychiatre, une vérité persistait : elle n'était plus que l'ombre d'elle-même.
Pour ses proches, la douleur était différente mais tout aussi pesante. Il fallait avancer, continuer, tenir bon. S'accrocher au peu d'espoir qu'ils avaient, même si, jour après jour, cet espoir semblait s'étioler, se fissurer sous le poids du temps.
Et pourtant...
Il suffisait parfois d'une seconde pour que tout bascule.
4 mois auparavant
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Hôpital psychiatrique
La pièce était éclairée par une lumière blanche et froide, impersonnelle, comme toutes les salles de réunion de cet hôpital psychiatrique. Un silence pesant régnait dans l'air, à peine troublé par le léger grésillement des néons au plafond.
Assis autour de la grande table ovale, Svetlenia, Iryna, Katyena et Yakov attendaient, leur regard fixé sur la psychiatre qui se tenait devant eux, un dossier ouvert sous les yeux. Leurs visages étaient tendus, marqués par une fatigue émotionnelle évidente.
Chacun portait le poids de ce qui s'était passé, mais surtout celui de l'incertitude quant à l'avenir de Yevgeniya.
La psychiatre posa ses mains sur le bureau, prenant une inspiration mesurée avant de parler d'une voix calme et posée.
- Merci d'être venus. Je sais que cette situation est difficile pour vous tous, mais il est important que vous compreniez ce dont souffre votre sœur.
Yakov croisa les bras sur son torse, les mâchoires crispées.
- Elle souffre de quoi, exactement ? On pensait qu'elle était peut-être bipolaire, qu'est-ce que c'est? demanda-t-il d'un ton tranchant, l'impatience évidente dans sa voix.