L’air était toujours aussi glacial dehors, mais ce n’était rien comparé à l’ambiance entre Karim et moi. On avançait vers notre prochaine galère, et je sentais bien que ce type ne me disait pas tout. Comme d’habitude. Monsieur je-sais-tout préférait jouer au boss mystérieux. Ça me gonflait.
« Alors, tu vas l’ouvrir cette putain d’enveloppe ou quoi ? » j’ai lancé, sans pouvoir m’empêcher d’être piquante.
Karim m’a jeté un regard en coin, ce genre de regard qui te fait te demander s’il va te répondre ou juste t’ignorer comme une merde. Spoiler : il a choisi la deuxième option.
« Eh, je te parle, abruti. Si t’as des infos, je veux les connaître. On est censés bosser ensemble, ou t’as oublié ? »
Il s’est arrêté net. Moi, j’ai failli lui rentrer dedans. Il a levé l’enveloppe, l’agitant comme si c’était un trophée.
« T’es chiante, tu sais ça ? Y’a rien d’urgent là-dedans. Si ça te rassure, c’est juste une liste de contacts. Rien qui te concerne. »
Je l’ai dévisagé, les bras croisés. « Rien qui me concerne ? T’as vraiment une tête à claques, tu le sais ça ? »
Il a éclaté de rire, mais pas un rire sympa. Plutôt un truc qui disait : Tu crois que t’as une chance contre moi, gamine ?
« Luna, ma belle, si tu veux jouer à la dure, trouve quelqu’un d’autre. Moi, je suis pas ton punching-ball. Maintenant, avance, parce que si tu continues, je te laisse crever toute seule dans ce coin paumé. »
Ça m’a foutu en rage. Mais je savais qu’il fallait que je garde mon calme, pas question de lui donner ce plaisir. Alors j’ai fermé ma gueule, pour une fois. On a continué à marcher en silence, l’atmosphère encore plus lourde que l’air glacé qui nous entourait.
Quelques minutes plus tard, on est tombés sur une carcasse de voiture abandonnée. Par réflexe, Karim a sorti son flingue. Moi, j’ai fait pareil. Les lieux étaient trop calmes, trop… suspects.
« T’as senti ça ? » j’ai murmuré.
Karim a hoché la tête, son visage soudain sérieux. « Y’a quelqu’un. »
Boum. Un bruit métallique a résonné à quelques mètres. Mon cœur a raté un battement. Karim m’a fait signe de me planquer derrière une pile de pneus défoncés.
« Si c’est une embuscade, » a-t-il marmonné, « tu sais quoi faire, non ? »
J’ai hoché la tête. Bien sûr que je savais. Sortir vivante, ça, c’était ma spécialité.
Soudain, un groupe de trois types est sorti de l’ombre. Ils étaient armés, et leur sourire ne présageait rien de bon.
« Alors, c’est vous les héros qu’on attendait ? » a lancé le plus grand, un mec avec une cicatrice qui lui barrait la joue.
Karim n’a pas bougé d’un poil. Moi, j’ai serré mon arme plus fort, prête à réagir au moindre signe.
« On n’a pas toute la nuit, » a répondu Karim, son ton glacial. « Si vous avez un truc à dire, crachez-le maintenant. Sinon, dégagez. »
La cicatrice a éclaté de rire. « Dégager ? T’es marrant, toi. C’est plutôt vous qui allez dégager… six pieds sous terre. »
Le premier coup est parti, et tout a basculé en une seconde. J’ai tiré sans réfléchir, touchant un des types à l’épaule. Karim s’est jeté sur le côté, répliquant avec une précision effrayante.
Le bruit des balles remplissait l’air, et l’adrénaline m’a envahie. Pas de temps pour réfléchir. Juste survivre.
Quand tout s’est calmé, trois corps gisaient au sol. J’avais encore l’odeur de la poudre dans le nez, les mains tremblantes autour de mon arme.
Karim s’est approché de moi, un sourire en coin. « Pas mal, pour une gamine. »
« Ferme-la, » j’ai répliqué, le souffle court.
Il a éclaté de rire, mais cette fois, c’était presque… sincère. Ça m’a déstabilisée, mais je n’ai pas eu le temps d’y penser. On avait encore une longue nuit devant nous.
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SANGUE DI LUNA
Acción"Une tueuse malgré elle, un leader impitoyable, une haine explosive. Entre missions, survie et mariages forcés, Luna et Karim s'affrontent dans un Naples où le danger règne et les abandonnés n'ont plus de choix."
