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Fin d'après-midi
. La maison est lourde, comme si les murs eux-mêmes savaient qu'un drame couvait. Ivan est seul dans la cour arrière, cigarette allumée, regard perdu. Il observe le ciel, le souffle court.

Ivan (à mi-voix, pour lui-même)
— Ça remue... trop. Sergio parle à voix basse. Izan évite mon regard. Ça s'agite.

Il tire une bouffée, ferme les yeux, écoute les murmures de la maison comme s'il déchiffrait une langue oubliée. Puis il se redresse, tendu. Quelque chose le pousse à rentrer.

Intérieur, couloir principal.
Ivan s'avance lentement. Il passe près de la porte de la bibliothèque. Elle est entrouverte. Des voix filtrent. Sergio. Izan. Il s'arrête net.

Sergio (d'un ton froid, mécanique)
— On a déjà deux hommes dans l'entourage de Marco. Juste une pression bien placée, et on le fera vaciller.

Izan: Et si Laïa se met au travers ?

Sergio: Elle tombera aussi. Tu veux lui arracher l'âme ? Alors qu'elle regarde tout s'effondrer.

Ivan (chuchote, bouche sèche)
— Putain...

Il recule doucement, choqué mais pas surpris. Le pas alourdi par ce qu'il vient d'entendre. Il monte dans sa chambre sans bruit, claque doucement la porte derrière lui.

Intérieur. Chambre d'Ivan. Il tourne en rond. Passe une main dans ses cheveux. Il est en sueur.

Ivan: C'est plus qu'un règlement de compte. Ils veulent tout détruire. Alvaro, Laïa, Marco... Merde.

Il fixe son téléphone. Hésite. Puis se décide. Compose.

Une planque appartenant à Alvaro.

Ivan arrive en voiture, seul. Il entre sans bruit. Alvaro est là, en train de relire des documents. Quand il le voit, il se redresse. Un silence s'installe. Tendu. Mais Ivan ne vient pas pour se battre. Il souffle, les traits graves.

Ivan: J'aurais préféré te casser la gueule. Mais je crois que c'est eux qu'il faut surveiller maintenant.

Alvaro (hausse un sourcil)
— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Ivan (approche, voix rauque)
— Sergio et Izan... ils ne veulent pas juste te punir. Ils veulent t'effacer. Vous effacer.

Alvaro (tendu)
— C'est pas nouveau.

Ivan: Non. Mais là, ça prend forme. Ils vont tenter de retourner Marco. Faire exploser ce qui te protège. Et ils visent Laïa. Pas juste toi. Elle.

Un silence tombe. Dense.

Alvaro regarde Ivan

Alvaro: Pourquoi tu me dis ça ?

Ivan: Parce qu'aussi con que tu sois... t'es mon frère. Et si ça doit finir dans le sang, alors je veux pas que ce soit le tien. Ni le sien.

Intérieur – Salon privé de Marco, fin de journée.

Marco est assis, lunettes de lecture sur le nez, concentré sur des dossiers. La porte s'ouvre. Sergio et Izan entrent sans frapper. Tensions palpables.

Sergio (sec, presque insolent)
— On peut parler ?

Marco (sans lever les yeux)
— Vous êtes déjà là. Alors allez-y. Parlez.

Izan croise les bras

Sergio: Tu sais ce qu'Alvaro a fait. Tu sais ce que Laïa représente pour notre frère. Et pourtant tu continues de les couvrir.

Les cendres du diable Où les histoires vivent. Découvrez maintenant