Quand j'ai débarqué au lycée ce matin-là, le gymnase était méconnaissable et tout le monde courait dans tous les sens.
Monsieur Faraize était en plein examen des décors, qu'Iris et Violette finissaient d'installer sur l'énorme scène. Dès qu'il m'a aperçue, il s'est précipité vers moi tel un gros oiseau fonçant sur sa proie et a beuglé que j'étais en retard.
"Nous n'attendions plus que vous, Mademoiselle Liv ! Dépêchez-vous de vous mettre en costume, nous sommes à la traîne !"
Bonjour Monsieur Faraize ! Oui, je vais bien, merci, j'ai hâte de jouer, ai-je pensé en tournant les talons pour me diriger vers les vestiaires. Mais alors que je traversais le gymnase, je n'ai pu m'empêcher de piler net devant la scène.
On aurait cru que je venais de débarquer dans un autre monde. L'estrade, si large que toute la classe aurait pu s'y tenir en file sans aucun problème, était pratiquement aussi haute que moi. Perchés sur cet immense promontoire, les décors avaient l'air encore plus imposant que lorsque je les avais vus dans la salle d'arts plastiques. Armée d'une palette, Violette finissait d'apposer quelques touches de peinture ça et là tandis qu'Iris lui assurait que tout était déjà parfait.
"On ferait mieux d'aller chercher le reste... Pose ton pinceau, Violette.
- Juste une seconde, a répondu celle-ci de sa voix fluette, le bleu ne rend pas très bien, ici..."
Je venais d'ouvrir la bouche pour les saluer lorsque quelqu'un derrière moi m'a bousculée, me faisant trébucher contre le rebord de la scène.
"Oups ! Sorry, a fait Alexy, les bras chargés d'un énorme carton, je t'avais pas vue."
Il a fait un pas de côté et a repris sa route avant de se retourner brusquement, comme s'il se rappelait soudain quelque chose.
"Ah ! Faut que t'ailles aux vestiaires !" s'est-il exclamé "Grouille-toi, Rosa t'attend depuis une demi-heure et elle est furax."
Puis il a filé, les bras toujours encombrés, bifurquant à droite au dernier moment pour disparaître derrière un gros rideau de velours pourpre qui devait délimiter les coulisses. Je ne me suis pas fait prier pour écouter son conseil : autour de moi, l'effervescence était telle que je pouvais sentir la tension qui crispait les comédiens.
"Ah, te voilà enfin !" s'est écriée Rosalya quand j'ai mis les pieds dans les vestiaires des filles "Tout le monde est quasi prêt, je te signale !
- Désolée... j'avais oublié de mettre une alarme...
- Dépêche-toi d'enfiler ça ! Je prépare de quoi faire ton brushing et ton maquillage.
- Mais je...
- Viiite ! On a pas une minute à perdre !"
Et, me refourguant dans les mains une grosse housse blanche sur un cintre, elle m'a poussée vers les douches pour que j'aille me changer. Les vestiaires étaient dans un état indescriptible : des sacs et des vêtements jonchaient le sol et encombraient les bancs, des trousses à maquillage ouvertes révélaient leur contenu sans que personne y fasse attention - alors que d'habitude, les vols de produits de marque étaient fréquents - et l'air puait le parfum, le spray pour le corps et la laque pour cheveux. Dans ce fatras, j'ai réussi à poser mon sac dans un coin et me suis débarrassée de mon pull, mon short et mes collants. J'ai dézippé la housse blanche dans laquelle se trouvait mon costume.
Rosalya avait décidé que les Montague seraient en bleu et les Capulet en rouge, histoire que le public voie tout de suite qui était qui. Mon costume se composait donc d'une longue robe grenat et d'une légère traîne de gaze qui flottait derrière moi à chaque pas. Les manches, du même tissu que la traîne, laissaient voir mes bras et devaient m'empêcher d'avoir trop chaud sur scène. La jupe longue, fendue d'un côté jusqu'à mi-mollets, me serrait la taille et me tombait aux chevilles. Une fois enfilée, il m'a fallu quelques instants pour trouver la fermeture éclair, cachée dans les replis de la jupe. Je me suis tortillée dans tous les sens pour la faire remonter le long de mon dos. Il faut dire que je commençais à me sentir tellement nerveuse que j'avais les doigts engourdis. Quand enfin je suis venue à bout de mon combat contre la fermeture, Rosalya venait de débarquer, armée d'une brosse, d'épingles et d'un spray pour les cheveux.
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Sweet Tooth
Fiksi PenggemarQuand Liv Darcy débarque à Sweet Amoris après un transfert précipité, elle est bien décidée à devenir enfin une fille mature et sérieuse, loin de l'image de gamine qui la colle depuis toujours. Mais sa nouvelle école n'a rien d'un lycée normal ! Int...
