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Pendant que Pascal cherche le dîner, nous pouvons au moins mettre la table et vérifier si le champagne est bon. Pour cela, il n'y a qu'une seule solution : il faut le goûter !

— C'est vraiment sympa cet appartement. Ça me manque la vie à Paris.

— Ah bon ? Tu es bien le premier à dire ça. Moi je trouvais la vie beaucoup plus cool à New York.

— C'est parce que tu n'es venu qu'en touriste. C'est une ville géniale, mais Paris a quand même un charme que l'on ne peut retrouver nulle part ailleurs. C'est indescriptible, je ne peux pas l'expliquer.

— Tu ne veux pas essayer de retrouver un poste, dans ton entreprise, à Paris ? Maintenant que j'ai signé le document, il n'y a plus aucun souci.

— Je ne crois pas que mes patrons seraient très chauds. En fait, j'ai déposé une demande il y a un mois, je n'ai toujours aucune réponse. Ça se présente mal.

La discussion ne me fait pas oublier le temps qui passe.

— Un souci ?

— Je lui ai envoyé un SMS il y a quinze minutes, toujours rien.

— Il doit être en route.

— Ça fait plus d'une demi-heure qu'il est parti.

— Ne t'angoisse pas, nous sommes vendredi soir, il doit y avoir de la circulation.

Mon téléphone se met à sonner. Je ne sais pas pourquoi je suis surpris. Un téléphone c'est fait pour ça : pour sonner !

— Un numéro inconnu. En général je ne décroche pas.

— À cette heure-ci ce ne sera pas un vendeur de je ne sais pas quoi.

Je réponds sèchement, parce que quand on essaie de me refourguer une assurance ou un nouvel abonnement Internet, je ne suis pas aimable.

— Tu es tout pâle, Mathieu.

— C'était les pompiers. Pascal a eu un accident.

Je laisse tomber mon téléphone sur le sol. Habituellement j'en prends soin, mais là plus rien n'a d'importance.

La vie de Mathieu (IV)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant