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Sébastien revient. J'espère qu'il m'a bien pris au sérieux quand je lui ai dit de ne pas se montrer s'il n'avait aucune information.

— Tu as eu accès au dossier ?

— J'ai toujours été sympa avec les infirmières.

— On s'en fout de ta vie. Tu as trouvé quoi ?

— Je peux avoir une cigarette ?

— D'abord tu parles.

— Je ne sais pas si tu as envie de savoir, Mathieu.

— C'est si terrible que ça ?

— J'ai vu le rapport des pompiers. La voiture qui a percuté Pascal roulait presque à quatre-vingts kilomètre-heure. Le conducteur était ivre.

— Rien à foutre du conducteur, parle-moi de Pascal.

— Le choc a été violent. Il a été projeté sur plusieurs mètres.

— Il portait son casque, j'espère, parce que je lui ai toujours répété de porter son casque.

— Sa tête n'a rien. Par contre, il a une perforation du poumon et peut-être que le cœur est touché. Nous aurons plus de détails à la fin de l'opération.

— Quel est le pronostic ?

— Personne ne peut se prononcer à ce stade.

— Sébastien, tu as fait des études de médecine, tu en as vu des patients et des dossiers. Tu sais parfaitement à quoi t'en tenir.

— Je ne peux pas parler à la place du chirurgien.

— Alors parle-moi comme un ami. Donne-moi ton avis, c'est le seul qui compte.

— Ce n'est pas bon du tout, Mathieu. Dans cet hôpital ils ont les meilleurs chirurgiens de France et peut-être du monde, mais la situation est grave.

— Grave du genre c'est la médecine qui va le sauver ou un miracle ?

— Il faut te préparer au pire.

Je suis impassible, je n'arrive plus à éprouver aucun sentiment. Je suis vide.

La vie de Mathieu (IV)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant