<<Liam, tu dois partir avec elle.
-Excuse-moi, tu peux répéter?
-Tu ne peux pas la laisser partir sans toi.
-Ce n’était pas dans mes intentions, ria doucement Liam.
-Pourquoi ai-je dû redire ma phrase alors?
-Parce que ce n’est pas ton genre de m’encourager à manquer mes cours.
-C’est différent cette fois.
-Qu’y a-t’il de différent?, questionnais-je.
-Il est amoureux, lança-t’elle simplement en prenant une gorgée de thé.
-…je ne vois pas le rapport…
-Est-ce qu’il t’a parlé de…de…
-De Jenna?
-Oui, je lui en ai parlé. Ce n’est pas comme si j’avais eu le choix d’ailleurs…, marmonna Liam en avalant son café.
-Hé bien, depuis Jenna, il n’a jamais mentionné un quelconque intérêt envers une fille. Il ne pensait qu’à s’entrainer et se battre, sautant sur n’importe qui avait le malheur de se trouver dans la même pièce que lui.
-Ruth, n’exagère pas!, reprocha le principal concerné.
-C’est la vérité et tu le sais très bien, petit frère. Où en étais-je..?
-Il sautait sur tout ce qui bougeait.
-Ah, merci! Donc, comme tu t’en doute, il était très souvent expulsé de l’école pour plusieurs jours d’affilés. Il a coulé son année à force d’être si peu présent, ce qui explique pourquoi il est dans quelques unes de tes classes. Maman a voulu le forcer à consulter, mais Papa n’était pas d’accord. Il était plutôt d’avis qu’ils devraient le laisser exprimer sa rage, mais autrement.
-Sur des trucs non-vivants, précisa Liam en s’abreuvant d’un peu de caféine.
-Ils l’ont donc inscrit à des cours de boxe cet été. Il était doué le gamin!, s’exclama-t’elle alors qu’un sourire se dessinait sur le visage de son cadet.
-Mais..?
-Il n’avait plus de vie sociale. Il était toujours en classe ou en train de frapper sur ce fichu sac de sable! Il ne parlait plus à ses camarades de classe, excepté Chris.
-Pour se cracher des insultes…, devinais-je.
-Et se taper dessus, ajouta-t’elle. Mais ça, c’était avant…, souria-t’elle en buvant une gorgée de thé.
-Avant?
-Avant, répéta-t’elle.
-Mais avant quoi?, insistais-je.
-Avant qu’il ne s’attache à toi.
-Oh…
-Tu lui redonnes foi en la vie Alexia, et je doute qu’il puisse continuer de croire si tu n’es plus à ses côtés. Si vraiment tu as à partir, ce doit être avec lui.
-Ah…
-Quand est-ce que les parents reviennent déjà?, questionna Liam.
-Maman va venir manger ici ce midi.
-Et Papa?
-Pareille. Vous voulez encore un peu de thé?, proposa-t’elle.
Je jetais un coup d’œil à ma tasse à peine entamée, presque pleine.
-Non merci, ça va aller, déclinais-je poliment en souriant.
-Je reprendrais bien un café moi, souria Liam en regardant sa sœur.
-Je reviens! >>
Elle se leva et s’éloigna, emportant les deux tasses avec elle. Je posai la mienne sur la petite table et me calai un peu plus dans les bras de Liam. Nous restâmes ainsi collés dans le salon de ses parents, bavardant avec Ruth. Lorsqu’elle revint avec la soucoupe qu’elle posa devant son jeune frère, il se mit à crier. Elle m’apprit alors qu’il avait la phobie des cuillères. Je me mordis la lèvre pour ne pas pouffer de rire alors qu’elle se mit à me raconter tous pleins d’anecdotes sur Liam, lui dont les joues s’empourpraient toujours un peu plus. Nous passâmes donc l’avant-midi dans le salon à rire, généralement de Liam et ses bêtises.
Lors des coups de midi, une voiture se gara dans l’allée. Une femme blonde et un homme aux cheveux un peu plus foncé que ceux de Liam en sortirent. Ils s’arrêtèrent devant celle de leur fils avant de soupirer en marchant vers la porte. Ils entrèrent, accrochant leurs manteaux et retirant leurs chaussures.
<<Liam, mon chéri?, questionna la femme.
-Dans le salon mam’s!
-Qu’est-ce que tu fais ici, ne devrais-tu pas être… Oh, bonjour!, s’exclama son père en me voyant.
-Mam’s, pap’s, je vous présente Alexia, souria-t’il. Alexia, je te présente mes parents.
-C’est elle la jeune fille dont tu ne cesses de parler depuis plusieurs jours?, s’enquit-elle en s’approchant pour me faire la bise.
-Je l’espère bien, Madame, riais-je.
-Ah non, pas de Madame! Karen, s’il te plaît, gloussa-t’elle en me prenant dans ses bras.
-Ravi de faire enfin ta connaissance, me souria son paternel.
-Moi de même, Monsieur…
-Geoff, et pas de Monsieur! Je suis encore trop jeune pour que l’on m’appelle ainsi, rigola-t’il.
-Ruth, je peux savoir pourquoi tu n’as pas encore renvoyé ces jeunes gens en cours?, reprocha Karen.
-Parce qu’Alexia a une excellente raison, répondit-elle simplement.
- Ah oui, laquelle?, questionna Geoff.
-… >>
Comment tout leur expliquer simplement, et ce, sans prendre 2 jours..?
