<< Alexiam, comme dans Alexia et Liam?, questionnais-je.
-Quoi? Mais non! C’est pour le pape et Obama.
-Sérieusement?
-Bien sûr que c’est à propos de nous, patate!, se moqua-t’il doucement.
-Mais Liam, nous ne sommes pas…commençais-je.
-Je sais, me coupa-t’il. Ai-je le droit d’espérer?
-Je vais te dire oui, et j’espère ne pas regretter.
-Je ferrai mon possible pour que tu n’aies pas à le faire, chuchota-t’il en caressant ma joue.
-C’est apprécié. Par contre, j’apprécierais davantage que…que tu me parles de… de toi, bégayais-je en choisissant mes mots. Nous n’avons pas terminé notre conversation au restaurant et ce serrait bien de la poursuivre.
-Alexia…, soupira le beau brun.
-Pourquoi as-tu peur de te confier à moi?
-Parce que.
-Réponse incomplète.
-Elle l’est pour moi.
-Comme tu veux.
-Et sinon, tu trouves que ton agenda est assez coloré?
-…
-Tu veux plus de dessins?
-…
-Alexia, réponds moi, s’il te plaît?, supplia-t’il.
-Pas tant que tu ne répondras pas à ma question.
-Et ensuite, tu arrêteras de m’interroger?
-Rêve mon coco.
-Faisons un marché: je réponds à cette question maintenant et aux autres plus tard, d’accord?
-Hmmm…
-C’est un oui?
-Hmmm…
-C’était tout comme. Enfin bref… Voilà… Tu sais que je suis arrivé ici l’an dernier?, s’informa-t’il.
-Oui, mais quel est le lien avec…
-J’y arrive, me coupa-t’il. Si nous avons déménagé, ma famille et moi, c’est par ma faute…
-Ta faute?, répétais-je.
-Ma faute.
-Pourquoi ta faute?
-Je suis…mal à l’aise d’en parler ici.
-Pourquoi?
-Je veux que personne ne sache.
-Pourquoi?
-Je ne veux pas que cette période de ma vie recommence, et donc, ils ne doivent pas entendre.
-Quelle période de ta vie? Qu’est-ce qui pourrait recommencer?
-Nous avions convenu que je ne répondrais qu’à cette question.
-Mais tu n’y as même pas totalement répondue, ta réponse est incomplète!
-Elle l’est pour moi.
-Tu m’énerves!, m’exclamais-je. >>
Les élèves se tournèrent tous dans notre direction, Monsieur Braun inclus. Liam et moi gardions la tête haute, malgré les regards de nos camarades. Certains semblaient choqués, d’autres heureux d’avoir une bonne excuse d’arrêter leur lecture et une majorité souriait, patientant, attendant la suite des événements. Je pense que s’ils avaient pu aller se chercher du popcorn, ils l’auraient fait. Je me tournai face à eux, préférant les regarder plutôt que Liam. Je croisai mes bras sur ma poitrine, démontrant une attitude décontractée. Normalement, j’aurais été mal à l’aise, timide et gênée à l’idée d’être observée ainsi, mais plus maintenant. Je me découvre une force, celle du je-m’en-foutisme. L’instituteur retira ses lunettes en soupirant.
<<Miss Johnson, un problème avec votre camarade?, questionna-t’il en se massant l’arrête du nez.
-Oui Monsieur, dis-je.
-Hé bien, que se passe-t’il?, s’informa-t’il.
- Il ne répond pas à mes questions, expliquais-je.
-Liam, quelque chose à dire?
-Pas particulièrement, répondit l’intéressé.
-Pourtant, tu devrais, marmonnais-je.
-Mademoiselle, quelque chose à ajouter?, s’enquit le prof.
-La communication est la clé dans un couple, déclarais-je.
-Je ne vois pas le rapport de cette remarque.
-Nous ne sommes même pas en couple et ’’ Monsieur Payne’’ a déjà de la difficulté à me parler! C’en est totalement désespérant et, bien franchement, pas du tout motivant pour moi. Prends des notes mon coco, ajoutais-je en direction de Liam.
-Vous avez fini?
-Oui Monsieur.
-Bien. Maintenant, je vous demanderais de rester en silence, par respect pour les autres qui ont besoin de se concentrer pour lire.
-Je vais essayer.
-Merci de votre générosité Mademoiselle Johnson.
-Un plaisir. >>
La discussion étant close, l’enseignant remit ses lunettes et reprit sa lecture là où il l’avait arrêtée. Les élèves firent de même, craignant de ne s’attirer les regards et le jugement des autres. Quant à moi, je ne jetai même pas un œil à Liam. Voyant que je faisais mon possible pour ignorer sa présence, il entreprit de décroiser mes bras en douceur. Son index poussa mon menton dans sa direction, me forçant à le regarder.
<<Tu vas arrêter de jouer l’enfant?
-Cela dépend…Tu comptes ne rien me dire encore longtemps?
- Pas avant notre sortie.
-Alors je n’arrêterai que ce soir.
-Alexia, cesse de faire le bébé!
-Et toi, comporte-toi en adulte et assume ce que tu as bien pu faire par le passé!
-Alexia, ne me force pas à bout s’il te plaît.
-Pourquoi pas?
-C’est un mauvais jeu.
-Tu veux jouer? Alors on va jouer, déclarais-je. >>
Je jetai un rapide coup d’œil à travers la classe avant de trouver ce que je cherchai. Il était tout juste sous mes yeux! Ma cible verrouillée, je me levai et marchai en direction de celle-ci. La partie ne fait que commencer.
