J’étais assise à califourchon sur Liam, mes mains reposant sur son torse. Ses doigts traçaient de petits cercles sur mes hanches, provoquant des frissons dans tout mon corps. Les yeux dans les yeux, nous ne parlions pas. Dans certaine situations, comme maintenant, les mots ne sont pas nécessaires. Ils ne ferraient que gâcher la magie du moment, alors nous nous contentions de nous regarder en silence. Ça peut paraître bête, voir nunuche, mais nous étions heureux ainsi. L’un contre l’autre, ou plutôt l’un sur l’autre, nous sourions. Ses yeux bruns pétillaient, brillant de milles feux. Je n’ai pas besoin d’étoiles dans ma vie, car je l’ai lui; Liam Payne.
Je n’entendis pas la porte d’entrée s’ouvrir, non. Mais j’ai entendu ma porte de chambre grincée avant que mon frère ne prenne la parole.
<<Je peux savoir ce que vous faîtes?, s’exclama-t’il.
- Rien, répondis-je simplement en me tournant vers lui.
-Rien?
-Rien, répéta Liam.
-Donc, vous n’étiez pas…
-Mais t’es malade ou quoi?!
-Je pensais que…
-On sort ensemble depuis quelques jours, calme tes hormones!
-…vous ne devriez pas être en classe?, questionna-t’il en me faisant de gros yeux, la voix pleine de reproches.
-Nous devrions oui, constatais-je en regardant l’heure sur mon téléphone.
-Alors… Pourquoi vous n’y êtes pas?
-On part demain Sammy, il faut bien profiter un peu!
-Comment ça ‘‘on’’?
-Bah en fait, tu vois, c’est parce que…
-Tu vas donc emmener avec toi le mec que tu connais depuis quelques jours, mais pas ton frère avec qui tu vis depuis toujours?!
-Sammy, c’est juste…
-Non, non ce n’est pas juste!
-Pourquoi tu me piques une crise de jalousie tout à coup?, haussais-je.
-Je ne suis pas jaloux!
-Si!
-Non!
-Tu peux venir aussi si tu y tiens, intervint soudainement Liam.
-Toi, on ne t’a pas sonné, marmonna Sammy.
-Ne lui parle pas sur ce ton!
-Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi. Quant à toi, adressa froidement mon frère, sors de cette maison.
-Sammy, t’as pas le droit de..!
-J’ai tous les droits en l’absence des parents.
-Il reste ici.
-Non.
-Il reste.
-Ne me force pas à le faire partir moi-même, menaça-t’il.>>
Liam me fit rouler sur le côté et se releva, débarquant du lit. Il posa furtivement ses lèvres sur les miennes avant que je ne l’empoigne par les cheveux, le retenant contre moi. Il soupira contre ma bouche avant de me faire lâcher prise, s’éloigna de moi. Mon frère ne le quittait pas du regard, les yeux pleins de haine à son égard. Il a gagné. Sammy l’a fait partir.
<<Pourquoi t’as fais ça?!
-Et toi, pourquoi tu n’me l’a pas dis avant hein?! Tu comptais me le cacher?
-Parce que la décision s’est prise aujourd’hui, et bien sûr que je comptais de le dire voyons!
-Et pourquoi tu ne me l’as pas proposé à moi hein? Je suis ton frère merde!
-Justement! Tu as passé ta vie à mes côtés, à devoir me surveiller et t’occuper de moi! Tu m’as élevée plus que les parents ne l’ont fait…
-Alors pourquoi tu t’en vas sans moi?
-Mais t’as qu’à venir!, haussais-je en me levant, lui faisant face.
-Ce n’est pas la question.
-Ah non?
-Toutes ces années, j’ai pris soin de toi. Je t’ai aidée à faire tes devoirs. Je t’ai soignée quand tu t’es fais mal. Je t’ai accompagnée à l’hôpital. Je t’ai fais à manger. Je t’ai raconté des histoires. Je t’ai couchée et bordée. Je t’ai laissée venir dormir avec moi quand tu as eu peur du noir ou d’un film qu’on a écouté. Je t’ai défendue de ceux qui se moquaient de toi. Je t’ai toujours protégée.
-Je ne remets pas en doute ce que tu as fais pour moi! Tu es celui qui compte le plus dans ma vie…
-Pourquoi c’est ton petit-ami qui m’a proposé de venir dans ce cas hein?! Pourquoi ne me l’as-tu pas demandé toi-même? Pourquoi ai-je l’impression que je passe en dernier dans ta liste de priorités?, s’emporta-t’il.
-Tu sais bien que c’est faux!
-Tes actions parlent d’elles-mêmes. Tu es égoïste Alexia, voilà. Tu n’as toujours pensé qu’à toi. Tu as toujours cru que tu valais mieux que moi. Tu as toujours été la favorite des parents, et tu en abusais fortement.
-Tu n’as pas le droit de dire ça, murmurais-je.
-Ce n’est que la vérité.
-Arrête!, explosais-je en le poussant hors de ma chambre, les larmes roulant sur mes joues.>>
C’en était trop. Il pouvait me traiter de laideronne, de conne, d’idiote, de bonne à rien, de boulet, de salope même! Mais pas ça. Il savait ce que ces mots ferraient. Il savait que ses mots blesseraient bien plus que ses poings. Il m’a volontairement trahi.. Mon frère m’a trahi.
