Je soufflai un bon coup, puis repris une bonne inspiration avant de débuter.
<<Je pars en Afrique demain. Je n’avais jamais prévu ce déménagement, mais il semble que mes parents l’ont fait pour moi. Je vais aller y vivre pour une durée indéterminée. Il est certain que je préfèrerais rester ici, mais je n’ai pas le choix. En d’autres circonstances, c’aurait été moins dramatique, mais…plus maintenant.
-Qu’est-ce qui est différent?, s’enquit Karen.
-Tout et rien à la fois. Ma vie est restée sensiblement la même, sauf qu’il y a maintenant lui qui en fait parti.
-Tu parles de moi là, pas vrai?, demanda Liam.
-Oui beau brun, riais-je.
-Et donc, je présume que tu n’a pas envie de l’en faire sortir, commenta Geoff.
-Exactement.
-Je n’en ai pas envie non plus!, intervint Liam. Je ne veux pas la voir s’envoler pour la Ghana sans moi. Je veux partir avec elle.
-Mais Liam, tu es encore un enfant…, dit sa mère avec nostalgie.
-Il a 19 ans Maman!, plaida Ruth. Et tu sais aussi bien que moi qu’il souffrira de rester ici sans elle. Tu ne vois pas à quel point il est heureux depuis qu’il la connaît? Tu ne vois pas à quel point ses yeux pétillent de bonheur depuis qu’il est avec elle? Tu ne vois pas qu’il est fou d’elle? Qu’est-ce que tu crois qu’il lui arrivera s’il est séparé d’elle?
-Je vois bien tout ça chérie, mais…
-Maman, pense-y deux secondes. Qu’est-il arrivé la dernière fois qu’il a dû être séparé de celle qu’il aimait?
-Il a perdu le contrôle de ses poings, je suis au courant, soupira-t’elle.
-Et ce serra encore pire cette fois. Elle lui redonne goût à la vie Maman!
-Je vous signale que je suis là!, intercéda Liam.
-Chérie, nous ne pouvons pas le retenir, lança soudainement Geoff. Il est majeur et maître de ses décisions.
-J’ai peur pour mon bébé!, s’exclama-t’elle.
-C’est l’Afrique Maman, pas la forêt amazonienne!, démentit Liam. Et puis, les parents d’Alexia seront avec nous, nous ne serons pas seuls.
-Oh…Bon… D’accord, si c’est ce qu’il te faut pour être heureux…, finit-elle par céder.
-OUI! >>
Liam, fou de joie, se leva d’un bond et me prit dans ses bras. Il était tellement soulagé! Il avait peur et était angoissé. Maintenant que la décision est en notre faveur, il peut se décontracter. Je me collai contre son torse, l’entourant de mes petits bras. La tête contre son cœur, j’écoutais ses palpitations cardiaques. Je n’ai plus à craindre de prendre l’avion sans lui, car j’ai à présent la certitude qu’il sera à mes côtés. Je ne serrai pas seule. Nous serrons ensemble.
