Les parents me guidèrent jusqu’à la chambre que je partagerai avec Liam durant la durée totale de mon séjour. Bien qu’ils ignoraient jusqu’à présent le fait que Liam serrait de la partie, ils n’auront pas le choix de s’y faire. Nous ne pouvons pas le renvoyer en Angleterre! Il faudra donc le garder ici et, étant donné qu’aucune autre chambre supplémentaire n’a été réservée pour lui, il devra dormir avec moi.
La porte déverrouillée, mon père me tendit l’une des cartes magnétiques servant de clé avant de me laisser entrer. À contrecœur, il donna à Liam la seconde carte. Pas besoin d’être un génie pour savoir que cette décision ne lui plait pas! Lorsque ma mère vit que Liam tenait la seconde clé, son visage s’empourpra.
<<Steven, chéri, pourquoi as-tu remis à ce jeune homme…
-Liam.
-Excuse-moi, Alexia?
-Il s’appelle Liam.
-J’ai remis la clé à Liam, parce que j’ai jugé utile qu’il possède une clé de sa chambre.
-Quoi?!
-Voyons, maman, on ne va tout de même pas le faire coucher dehors!
-J’ai pensé que je pourrais venir dormir avec toi et que Liam…
-Non, maman, il est hors de question que Liam dorme avec papa.
-Tu ne t’attendais tout de même pas à ce que je vous laisse passer la nuit dans la même chambre quand même, pas vrai ma grande?
-Bah heu, en fait, oui!
-Allons, Alexia, tu n’es encore qu’une enfant! >>
Et s’en suivit d’une importante discussion sur mon âge et le fait que je suis presque une adulte, ce qu’elle semble oublier. Je vis du coin de l’œil mon père s’éclipser avec Liam. Ils vont me le payer…
<<Alexia, tu m’écoutes?
-Non.
-Alexia!
-Maman!
-Je ne te laisserai pas passer ne serrait-ce qu’une seule nuit en sa compagnie.
-De toute façon, il y en a déjà eu une.
-Quoi?! Quand?
-La nuit avant notre départ, nous l’avons passée ensemble.
-Est-ce que vous avez, enfin, tu sais bien..?
-Non, non je n’sais pas! Je n’comprends rien à ce que tu essaies d’insinuer, je ne comprends rien à tes décisions et je ne comprends rien en tout ce qui te concerne!
-Alexia, ça suffit!
-Non, non ça ne suffit pas! Il y a plus de 7 ans que ça ne suffit plus, maman! J’en ai mare de tes tentatives pourries! Ce n’est pas en jouant ton rôle de parent quelques fois par années que ça fait de toi une bonne mère, ok? Je t’ai à peine vue depuis que j’ai 12 ans merde! Tu n’étais jamais à la maison quand je revenais de l’école. Tu ne t’es jamais intéresse à ce que j’y faisais non plus. Tu n’as jamais apprécié ces cadeaux de Fête des Mères que j’ai confectionné pour toi en pensant que tu serais heureuse de les recevoir. Tu ne m’as jamais non plus rassuré la nuit lorsque je faisais des cauchemars, c’était toujours Sammy qui venait me voir lorsque je criais dans mon sommeil. Tu disais que c’était parce que sa chambre était plus près de la mienne que la vôtre, mais était-ce vraiment le cas? Était-ce uniquement parce que tu ne t’es jamais occupée de moi?
-Je me suis très bien occupée de toi, qu’est-ce que tu racontes?
-Tu as cessé de t’occuper de moi lorsque j’ai eu 8 ans! Tu a dis tout à l’heure que je ressemblais presque à une femme, mais tu n’as même pas été là pour m’expliquer ce que c’était d’en devenir une!
-Mais tu as tout de même appris, non?
-Oui, par une totale inconnue!
-Ce n’était pas une inconnue, allons! C’était ta nounou, hum… Comment elle s’appelait déjà?
-Je n’en sais rien! Je n’ai jamais retenu aucun de leurs noms et tu le sais. Je n’ai jamais eu le temps de le faire, parce qu’elles démissionnaient avant que je n’y parvienne.
-Elles démissionnaient parce que ton frère les rendait folles!
-Mon frère essayait de les rendre folles pour que vous reveniez! Tu n’as donc jamais rien compris aux agissements de ton propre fils? Quelle mère pathétique es-tu enfin?!
-Alexia Johnson! Je suis peut-être une mère pathétique, mais je reste ta mère et tu me dois le respect!
-Je ne te dois rien du tout!
-Je t’ai donné la vie!
-Hé bien tu n’as qu’à la reprendre dans ce cas, crachais-je amèrement.
-Qu…Quoi?
-Si tu regrettes de m’avoir donné la vie, tu n’as qu’à me l’enlever.
-Tu…Tu crois que je regrette?
-Oui.
-Que…Qu’est-ce qui te fais dire ça?
-Ta manière de toujours t’absenter, ta façon de me regarder, le plaisir que tu ressens à me gâcher la vie…
-Je te gâche la vie?
-Tu l’as gâchée en me forçant à déménager ici, loin de tout ce que je connais, loin de tous mes souvenirs, loin de tout ceux à qui je tenais.
-Liam est tout de même ici, non?
-Parce que tu ignorais qu’il viendrait, oui! L’aurais-tu laissé venir si tu avais su?
-Honnêtement, non. Je ne pense pas que ce soit le bon garçon pour toi. J’ai l’impression qu’il ne te convient pas.
-Et qu’est-ce que tu sais de ce qui me convient, hein? Tu es partie alors que je découvrais à peine qui j’étais, tu ne sais rien de celle que je suis aujourd’hui! Tu m’as fais venir ici pour que je découvre autre chose que ce que l’on apprend dans les livres mais, ce qui compte réellement, je l’ai appris à Londres avec Liam.
-Qu’était-ce donc, cette fameuse chose?
-L’amour. >>
Sur cette grande déclaration, je me dirigeai vers la porte, quittant la pièce sans un seul regard pour elle. Je ne compte pas revenir de sitôt.
