Chapitre 39

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En entrant dans la chambre, la première chose qui me frappa fut le visage de ma mère. Ses yeux étaient rouges et bouffis, probablement parce qu’elle a pleuré. Ils n’exprimaient plus aucune colère, seulement une tristesse immense. À vrai dire, si l’on pouvait se perdre dans un regard aussi désespéré, je me serais égarée depuis longtemps. Son image de femme forte l’avait délaissée pour laisser place à celle d’une mère perdue et déchirée; une mère qui doit choisir entre ses désirs et ceux de sa fille. Jamais je n’aurais cru la voir si…démunie? Désemparée? Déconcertée? Décontenancée? Désorientée? Troublée? Pour faire ça court, elle était comme un mélange de tout ces adjectifs et, pour être honnête, je ne l’avais jamais vu ainsi. C’était assez perturbant pour moi d’ailleurs. Je l’avais toujours perçue comme étant une personne forte, et voilà que, maintenant, je la perçois comme j’aurais toujours du. Je prenais enfin compte du fait…que ma mère n’est ni un robot ni une machine. Qu’elle a des sentiments. Qu’elle est capable de ressentir. Quel choc!

Debout à côté d’elle, la main sur l’épaule de ma mère, mon père semblait tout aussi abattu qu’elle. Double choc! Lui qui m’avait souvent paru gai est maintenant celui qui me semble le plus affligé par la situation. Il a perdu ce sourire qu’il gardait en permanence collé sur son visage. Il donne l’impression d’avoir 10 ans de plus!

Je restais debout dans le mini-vestibule, ébranlée. Liam, les mains sur mes hanches, entreprit de me faire avancer. Du bout des orteils, il se mit à donner de petits coups sur mon talon. Je fis quelque pas avant de m’asseoir sur le rebord du lit. J’étais nerveuse. Je frottais mes mains sur mes cuisses avec énergie, tentant par tous les moyens de faire sortir le stress.

<<Alexia, pourquoi es-tu si angoissée?, me demanda doucement ma mère.

-De quoi tu parles? Je suis très calme, niais-je.

-Même si j’ai passé ces dernières années loin de toi, je te connais encore un minimum. Je suis au courant de tes habitudes, des tics que tu fais lorsque tu es nerveuse également. Ce geste que tu fais, expliqua-t-elle en pointant mes doigts qui frictionnaient mes jambes, tu le fais depuis que tu as 4 ans.

-4 ans, t’es certaine?

-Oui. Ça remonte à ta première journée de classe, lors de la rentrée… >>

**Flashback**

Habillée et coiffée pour ma première journée d’école, je montai à bord de la voiture. Papa était au volant alors que maman était assise sur le côté passager, me laissant à l’arrière avec mon frère. J’ignorais ce qu’était l’école. J’avais entendu Sammy en parlant avec enthousiasme, décrivant sa classe, sa maîtresse, les autres élèves… Je regardais par la fenêtre, me posant milles et une question sur <<l’école>>. Pourquoi j’y allais? Est-ce que maman resterait avec moi? Je me souviens de nos journées passées ensemble lorsque mon aîné était à l’école. Maintenant que c’était à mon tour d’y aller, m’accompagnerait-elle?

<<Alexia, est-ce que tu vas bien?, me questionna papa à travers le rétroviseur, voyant mes cuisses rougies.

-Ma grande! Qu’est-ce que tu as fais à tes jambes?, s’exclama-t-elle.

 -Je…Ça piquait… Est-ce qu’on peut retourner à la maison?

-Ma puce…>>

Mais elle ne finit pas sa phrase. Mon père gara la voiture devant une grosse bâtisse en brique rouge, coupant le moteur. Tout deux sortirent de la voiture. Je vis Sammy ouvrir sa portière.

Don't Be Afraid. (Dark Liam)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant