Chapitre 21 : Continuer sa vie.

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Jour 9.

Une semaine s'était écoulée depuis que les Lefebvre s'étaient retrouvés. Ils avaient obtenu une petite maison spacieuse vers la place principale. La mère et sa fille s'y étaient installés tandis que Loris était toujours soumis à de nombreux soins dans les maisons vertes. Suite à son accident, il éprouvait une terrible douleur au genou droit. En plus de cette blessure, son ouïe avait considérablement baissée, et il avait beaucoup de mal à entendre à plus d'un mètre. Cependant, aujourd'hui, il allait enfin pouvoir se dégourdir les jambes et remarcher, au sein du camp.

- Frérot ! Allez lève toi je t'emmène faire un tour, fanfaronna Alison.

- Oh enfin ! J'en peux plus de rester allongé toute la journée.

- Tiens un médecin m'a donné ces béquilles, informa-t-elle en les lui tendant.

- Merci répondit-il, réjouit.

En plus des béquilles, Loris se tenait à l'épaule de sa sœur. Celle-ci ouvrit la porte et ce fut comme une renaissance pour l'adolescent.

- Mais c'est qu'il fait lourd !

- Ah ça oui, l'été se prolonge et c'est tant mieux.

Alison se rappela alors qu'à l'heure actuelle elle aurait dû être en plein cours de maths, en train de griffonner des petits chats dans la marge de son cahier en écoutant un cours barbant. Elle se demanda pourquoi le monde avait-il changé ainsi, si soudainement, et comment cela se faisait que les gens tombent dans des comas subitement, mortels parfois. Pourquoi sa famille était-elle là, dans ce mystérieux camp à essayer de se faire une place parmi tout ce petit monde ?

- Ohoh Alison, t'es avec moi ? répliqua Loris.

- Euh oui. Oui pardon j'étais dans mes pensées, bafouilla-t-elle.

- Tu m'le fais visiter ce camp ou quoi ? demanda le jeune homme, enjoué.

Les deux jumeaux partirent alors vers les ruelles du camp.

La mère des jumeaux, Cara, était assez perturbée et désorientée avec tous ces évènements. Entre ce déménagement soudain, l'accident de son fils, et sa meilleure amie qui était dans le coma, tout n'allait pas au mieux dans sa tête. Elle était en train de faire une pause dans la découpe de ses tomates. Elle avait mit la musique assez fort dans sa nouvelle résidence. Jacob toqua à la porte.

- Salut lança-t-il discrètement.

- Salut, répondit la femme solennellement en baissant le son de la musique.

- On peut se parler ? demanda l'homme.

Cara hocha la tête.

- Tu me fais la gueule ou quoi ? demanda l'homme froissé.

Elle ne répondit pas.

- Attends tu me sauves la vie, tu m'amène jusqu'à chez toi, me soignes, me nourris, m'embrasse. On passe une nuit magique. Tout allait pour le mieux et depuis qu'on est arrivé ici tu ne m'as presque pas adressé la parole. J'ai fais quelque chose qu'il fallait pas ? expliqua Jacob.

- Bon, pour tout te dire, j'avais perdu mes repères, mes enfants, je ne savais absolument pas quoi faire et il est vrai que je t'ai trouvé. Tu me réconfortais Jacob mais maintenant que j'ai retrouvée mes enfants, je suis assez effrayée par tout ce qui se passe. Je ne sais plus où j'en suis. j'ai besoin de comprendre ce qui se passe. Et avec toi c'est pareil, tout est allé tellement vite. Voir même trop vite pour moi. J'ai besoin de faire une pause Jacob, de me recentrer sur mes priorités. J'espère que tu le comprend. Sache aussi que je n'ai en aucun cas joué avec toi. Tu me fais bien de l'effet, mais laisse moi du temps, s'il te plait.

Jacob avait les larmes qui montaient mais il les retenait.

- Le soir où on est arrivés et que tu as voulu dire à Johanna que j'étais ta compagne. Cela m'a fait un choc, dans le sens où j'ai compris que tout était allé vraiment trop vite pour moi.

- Je... je comprends tout ce que tu me dis. Je l'accepte. En tout cas, je serais là pour toi si tu as besoin, je t'attendrais.

Jacob sortit alors de la maison, stupéfait par les paroles de la femme.

Dans l'après midi tous les nouveaux qui étaient arrivés depuis une semaine devaient se rendre dans le bureau de Mme.Leroy. C'est à dire, Cara, ses enfants, Jacob, le couple Torres ainsi que Florian et Martin. Ils devaient tous être fichés et tous les plus de dix-huit ans devaient avoir une fonction dans le camp. Jacob Phelps fut interrogé en premier.

- Jacob Phelps. J'ai quarante trois ans. Je travaillais en tant qu'agent immobilier avant les évènements. Je vivais dans le centre de Bordeaux.

Lorsque son soi-disant ex petit ami parlait, Cara se rendit compte qu'elle ne connaissait que très peu de choses à son sujet. Cela la laissait pensive et désaxée.

Chaque personne se présentait alors plus précisément. Lorsque cela fut terminé, Johanna les remercia et garda chaque fiche et donna un exemplaire à chacun.

L'ex professeure d'anglais, ce soir là avait décidé d'aller voir son amie Ruby toujours dans le coma aux chambres vertes. Lorsqu'elle s'approcha de son lit, l'émotion l'a saisit. La voir comme ça allongée, affaiblie et inerte, l'affectait.

- Ruby. Mon amie. Ma meilleure amie. Je suis vraiment, sincèrement désolée, de ne pas t'avoir crue lorsque tu as tenté d'amener Alison ici. Même s'il t'est arrivée ce qui t'arrive actuellement je suis de tout cœur avec toi... Réveille toi ! Je donnerais n'importe quoi pour que tu sois là. Je t'en supplie Ruby reviens ! Me laisses pas comme ça, j'ai tellement besoin de toi !

Elle demeurait affalée sur le sol agrippant la main de Ruby en la suppliant de se réveiller.

COMAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant