Marie-Irène
La pluie cognait le sol et martelait les toits. Le claquement de mes talons resonnait dans la ruelle. Il me semblait être seule ce soir d'orage. La fraîcheur des gouttes d'eau me maintenait éveillée.
Le travail devenait de plus en plus dur, les missions de plus en plus fréquente. Mon paquet de feuilles serré contre ma poitrine. Je savais que ce soir ne serait pas un soir propice à coller des affiches ou à distribuer des tracts, la pluie m'en empêchait.
Soudain une voix rauque surgi derrière moi, comme un cri de stupeur légèrement étouffé. Surprise, je regardais l'heure à ma montre. Stupéfaite je retennu un juron, comment avais-je pu faire une erreur aussi stupide, aussi dangereuse qui pourrait me coûter la vie.
L'aiguille indiquait 21H15 le couvre feu était passé de 15 minutes. Etais-ce un boche ? Je me mis à m'affoler, et pris un grande inspiration, tantant de reprendre mon calme, je tournais ma tête à gauche puis à droite. Aucun signe de vie. Je pus souffler. Mon imagination me jouais sûrement un mauvais tour. Mais je restai prudente. Alors, d'un pas bien plus rapide, je m'empressai de rentrer.
Je manquais de me retammer plus d'une fois en glissant sur une des nombreuses flaques d'eau qui gisaient au sol. Mes chevilles nues était trempées par les éclaboussures, je commençais à ressentir le froid qui me gelait les membres.
Je fus comme coupée dans mon élan à la vu d'une silhouette noire tapis dans l'ombre. Quand mon regard croisa le sien, je sentis mes jambes se figer, paralysées par la peur. Comme je le redoutais la silhouette s'approcha d'un pas décidé son visage légèrement éclairé par la lumière d'un lampadaire. Je pouvais enfin distinguer son regard de fouine éclairé par une lueur de malice, ses traits dur, relevés d'un soupçon de vieillesse et ses cheveux noir corbeau soigneusement coiffés sous son képi.
Devant moi se tenait un homme de l'armée nazi. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Il était en face, plus moyen de se défiler. Je devais rester forte et ne montrer aucun signe de faiblesse. Il esquissa un sourire avant de m'adresser la parole:
- Mais que fait un aussi beau spécimen à cette heure ci du soir ? D'une voix relevée par un fort accent allemand.
- J'allais justement rentrer chez moi ! Répondais-je le plus sèchement possible pour ne laisser entre voir aucune peur.
Sur un ton bien plus rationnelle il continua :
- Vos papiers !
Je sortis ma carte d'identité et mes documents avec le plus d'assurance, la tête relevée, les yeux plongés dans les siens, le provoquant du regard. J'ai toujours détesté leurs abus de puissances envers les civils. Je sentis son visage s'assombrire à mesure qu'il observait les feuilles entre ses doigts. Le visage fermé il m'annonça que je devais passer au poste. Je me préparais à le suivre quand il m'arrêta pour me dire :
- Finalement...
Il me déshabillait du regard.
- Tout va s'arranger, ma belle... Rentres chez toi.
Je pus d'instinger un sourire au coin de ses lèvres. Son brusque changement d'humeur me donna le tournis. Que voulait-t-il ? Je m'apprêtais à prendre le chemin du retour quand une de ses mains se colla sur mes fesses, provoquant un claquement. Prise par un sentiment de rage, je lachai un juron. Il n'a aucune pudeur ce saleau ! Au moment où j'allais lui rendre la pareille, je m'apperçu qu'il était déjà loin. Dans un accès de dégoût je crachai au sol.
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Tu tomberas avec moi
RomancePendant la seconde guerre mondiale, Marie-Irène une jeune française résistante croisera le chemin de Hans un allemand qui rejoint la SS de force. Ils commenceront une relation risquée, entre dispute, découverte, et amour. Resteront-ils ensemble jus...
