Chapitre 14

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Hans


Je sentais comme un affreux mélange d'inquiétude et de colère dans mon corps. Je ne pouvais contrôler tous ses faits et gestes mais j'aurais préféré qu'elle ne voit jamais cela.

Peut-être que j'avais juste peur qu'elle ne veule plus de moi quand elle réaliserait ce que je faisais, ce que je étais.

Erwin me fit une tape dans le dos que je considerai comme un rappel à l'ordre.

Dans le bâtiment c'était la cacophonie. Les enfants criaient, couraient, fuyaient. Leurs nourices étaient terrifiées n'osant répondre à nos questions. Gustav tira un coup de fusil dans le plafond et les cris se stopèrent. Ils étaient sous le choque :

- Silence ! Cria-t-il.

Il reprit sur un ton plus calme :

- Vous allez faire tout ce que l'on vous dit sinon je me ferais un plaisir de tous vous abattre maintenant et tout de suite.

Ils étaient tous tétanisés, sauf une jeune fille qui n'était pas du même avis. Elle s'était faufilée entre nous pour rejoindre Gustav. Elle lui tira le bas de la veste n'atteignent pas sa hauteur. Il l'observa d'un sourire maléfique :

- Retourne à ta place gamine !

- Non !

- Tu veux que je te tire dessus ?

- Non !

- Alors que veux-tu ?

- Je veux que tu arrêtes d'être méchant avec les autres.

Il se mit à rire au éclat devant la bouille féroce de la fillette :

- Tu as raison je suis méchant !

Puis il frappa la jeune fille à l'aide de sa matraque pour l'envoyer valser quelques mètres plus loin. Une femme cria. Il lui tira dessus sans la moindre hésitation :

- Maintenant que j'ai fais ma présentation, c'est à vous de la faire.

Il commença à lire une feuille sur laquelle étaient inscrits tous les noms des personnes juives. Les enfants se levèrent avant de suivre mes coéquipiers, en silence.

Franz et moi étions chargés de nous occuper des chanceux, les non juifs.

Le camion partit dans un vrombissement de moteur. Nous abandonnant à notre tâche.

Je me dirigeai vers eux, ils prenaient la fuite. Ils me fuyaient ? Je me sentais mal à l'aise, j'avais envie de lever le ton pour qu'ils m'écoutent mais je savais pertinemment que ça ne servirait à rien, je leur ferai plus peur qu'autre chose. Je ne savais que faire.
Tout d'un coup une idée me vint. Et si j'enlevais mon équipement, mon arme, ils seraient rassurés ?
Je m'empressai de le faire son le regard interrogateur de Franz :

- Mais qu'est-ce que tu fais ? Tu as décidé de nous faire un Strip-Tease ?

- Arrêtes de dire des conneries !

Je me trouvais en uniforme devant eux. Je sentais qu'ils étaient plus détendus, mais pas encore assez pour que je les approche. Alors je décidai de m'assoir en tailleur. Ils me regardaient avec suspicion. Franz fit la même chose, et nous restions quelques instants dans cette position. Les enfants nous regardaient avec méfiance. Une voix se fit entendre dans le groupe :

- Vous allez faire quoi de nous ? Articula un jeune homme d'environ une dizaine d'années.

- On vous trouvera de nouveaux tuteurs et vous resterez ici, fit Franz.

- Pourquoi vous faites ça ? Continua un autre.

- Pour nous venger ! Gronda Franz.
Je lui administrai un petit coup dans le ventre pour lui faire signe de se calmer. Mais ça n'avait rien changé comment pouvait-il ressentir de la rencœur envers des enfants. Le symbole de l'innocence :

- Vous tuez, vous êtes méchants !

- Assez les morveux ! Hurla Franz avant de taper de toutes ses forces du point sur le sol.

Le bruit sourd resonna sur le mur, les enfants se turent immédiatement. Il y eut un grand silence jusqu'à ce que de nouveaux tuteurs arrivent. Ils avaient été choisis par Gustav et par le maire du village.

Après que notre mission soit réalisée nous prîmes le chemin du retour. J'étais dépité, une phrase tournait en boucle dans ma tête : "Vous êtes méchants !" Cela me rendait fou, ce n'était que des mots qui sortaient de la bouche d'un gosse sûrement ecervellé. Mais ça m'avait atteint au plus profond de mon estime, au plus profond de mon cœur.

Tu tomberas avec moiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant