Chapitre 17

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Marie-Irène



Il règnait un silence de mort dans la berline. Hans regardait la route de ses yeux rougis. Cela durait depuis quelques minutes, depuis qu'il avait découvert ce que j'étais. J'aurais voulu que ça se passe autrement mais le mal était déjà fait, je ne pouvais revenir en arrière.

Soudain le véhicule s'immobilisa dans un puissant coup de frein. La place était bondée, c'est vrai que le soir les gens traînent souvent dans les bars. Il se décida enfin à me regarder, je me sentais rassurée. Mais ce moment fut court, au loin un groupe d'allemand l'interpelait.

Quand nous fûmes sortis il m'accompagna jusqu'à l'entrée de mon lieu de travail, avant de se stopper net, m'embrasser la main puis repartir en direction des soldats qui me dévisageaient. 

Plus il s'éloignait plus mon cœur se serrait, j'avais peur, peur de ne plus le revoir. Alors je courus le rejoindre pleine d'espoir avant d'empoigner son uniforme tirant de toutes mes forces rapprochant son visage du mien pour y déposer le plus doux des baisers. J'entendais des ricanements, des petits commentaires, des sifflements mais je n'y prêtai aucune attention. Me concentrant sur l'essentiel : Hans.

Quand j'eus relâché mon étreinte, je partis en direction de la taverne, satisfaite.

Mais une main me tira vers l'arrière, me faisant virevolter sur moi-même avant de poser ses lèvres sur les miennes. Le temps semblait rester en suspend mon cœur battait ford dans ma poitrine, mes mains se perdaient dans sa masse capillaire, ses bars m'entouraient me ramenant toujours un peu plus contre son corps. J'aurai voulu que ça ne s'arrête jamais, rester blottie contre sa chaire loin de tous, et surtout près de lui. Mais nous savions pertinemment qu'il fallait que cela s'arrête.

Toutes les bonnes choses ont une fin. Alors nous nous décollâmes l'un de l'autre, nos regards toujours fixés l'un dans l'autre.

Cette petite démonstration publique avait attisé la curiosité de tous les passants qui braquaient leur regard accusateur sur nous.

J'étais gênée mais heureuse. Il caressa ma joue et repartit vers ses coéquipiers qui le chariaient, le bousculant, le chahutant. Je ne pouvais que rire à la vue de ce spectacle.

Mais je fus vite rattrapée par la réalité, un petit groupe de femmes m'avaient vue et s'aberaient devant mon comportement. Je décidai de les ignorer mais elles avaient choisi de le faire autrement. Elles me suivèrent jusqu'au vestiaire avant de se ruèrer sur moi m'insultant de leur langue de vipère, je me sentis écrasée sous la critique. L'une d'entre elles avait décrété que je ne méritais pas d'être française et dans un élan de colère déchira ma veste, je poussai un cri de protestation mais elles continuèrent à arracher mes vêtements jusqu'à m'e laisser des haillons de tissus. Elles voulaient en venir au point, heureusement Sophie qui rentrait dans la pièce vint à ma rescousse me tirant de cette situation.

Elles partirent enfin. Je me lançai à son cou pour la remercier. Je ne sais ce que j'aurais fait sans elle.

Tu tomberas avec moiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant