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11 mai 2017, Londres.

Elle se tenait devant moi, les sourcils légèrement froncé. Elle portait un simple t-shirt accompagnée d'un vieux jogging gris. Ses longs cheveux ondulés retombaient sur ses épaules, laissant grandement apparaître son visage au naturel. Son expression prouvait bien qu'elle était surprise de me voir sur le pas de sa porte. Elle décida de briser le silence qui c'était installé depuis quelques minutes :

« Euh, entre vas y. » Dit-elle en se décalant un peu plus.

Je rentrais sans hésitation en étant accueilli par Kittou, son petit chaton gris. Je lui donnait une caresse avant que ce dernier retourne vers sa petite gamelle. Soledad se dirigeait vers sa chaîne stéréo, voulant couper la musique.

« Non laisse, ça me dérange pas. » Dis-je, ce qui la stoppait dans son élan.

Elle se retournait face à moi en croisant ses bras sur sa poitrine.

« Je m'attendais pas à te voir ici, tu veux boire quelque chose ? »

Je mimai un non de la tête, sans la lâcher des yeux. Elle souffla un petit « d'accord » en remettant nerveusement une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Elle avait l'air mal à l'aise, ce qui attisait ma curiosité. On se connaissait depuis bien trop longtemps, comment se faisait-il qu'elle était si gêné face à ma présence ?

« Je vais pas y aller par quartes chemins, j'suis venu parce que je sens une certaine distance entre nous depuis Los Angeles. Je voulais t'en parler, je sais que c'est pas une heure raisonnable ou que j'aurais du le faire avant, mais t'as fais que m'esquiver ces derniers jours. »

Elle fronça une nouvelle fois les sourcils en s'approchant un peu plus de moi.

« Je suis désolée Héctor, mais ce que tu m'a dis sur ce yatch voulait tout dire pour moi. Voilà pourquoi j'ai pris mes distances avec toi. »

« Tu veux dire quoi par la ? Tu m'a répondu que tu comprenais et que tu ferais des efforts aussi. » Répondis-je en fronçant les sourcils à mon tour.

« J'ai menti ! Pour te rassurer, pour ne pas que t'es pitié de moi. Mais j'arrive pas à faire semblant, c'est plus fort que moi, ça fait jamais plaisir de savoir que ton meilleur ami veut privilégie son couple à votre amitié. Et j'essaie de faire avec. Je vois bien que t'aimes réellement Andréa et je comprend que tu veuilles vraiment que ça dure, tant que t'es heureux c'est l'essentiel pour moi. Jamais j'aurais fait en sorte d'être un frein dans ta relation avec elle, moi non plus je veux plus reproduire les mêmes erreurs que dans le passé ! Je veux te laisser tranquille et que tu vives pleinement ton idylle, j'aurais jamais dû te prendre la tête pour ce vieux t-shirt. »

Elle passa ses deux mains dans ses cheveux, en soufflant un bon coup. Cette déclaration de sa part me faisait comprendre beaucoup de choses. J'étais aller effectivement un peu loin en la mettant une nouvelle fois de côté. J'avais été naïf de croire que la situation lui convenait. Ça l'avait blessé, ce qui était normal. La seul chose que je pouvais lui reprocher, c'était qu'elle soit restée sans rien me dire, et qu'elle m'ait ignoré pendant plusieurs jours. J'étais peut être une personne fière, mais elle était tout autant que moi. Si je n'avais pas pris la décision de venir chez elle ce soir, elle se serait infligée cette situation pendant encore un moment. Il fallait vraiment être fort psychologiquement pour se faire subir ça. Je constatais également qu'elle avait décidé de me laisser faire ce que bon me semblais, sans faire aucun effort pour me retenir ou me raisonner. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était qu'elle contribuait à mon bonheur. Certes, j'étais heureux avec Andréa, mais mon avenir sans Soledad n'avait pas lieu d'être. Tout ça elle l'ignorait.

𝐏𝐀𝐑𝐀 𝐒𝐈𝐄𝐌𝐏𝐑𝐄 // 𝐇𝐁 [𝐏𝐀𝐔𝐒𝐄]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant