- pdv Louis -
Tout allait bien. Avant que je décide de me redresser dans mon lit et sentir ma tête tourner comme une toupie. J'avais déjà entendu parler du lendemain de veille, mais jamais j'aurais cru le vivre. Et certainement pas aujourd'hui. Il ne m'en a pas fallu plus pour que je repose ma tête sur l'oreiller en espérant que ça passe. Sauf que rien n'y fait et j'ai peur de simplement me lever, sentant mon estomac plus que fragile. J'entends d'ailleurs le bruit des fourchettes contre les assiettes d'en bas et juste penser à manger me donne envie de gerber. Déjà que j'ai une haleine dégueulasse et la bouche pâteuse, j'ai pas envie d'empirer le tout en vomissant mes tripes. En fait, je mourrais pour une bouteille d'eau, mais il n'est pas question que je sorte de ce lit.
Je me souviens de la veille, du moins, les grandes lignes. Autant je regrette d'avoir bu, ou plutôt avoir abusé, de l'alcool, qu'une autre partie de moi se sent bien. Je dois avouer que me laisser aller et juste profiter, sans penser constamment aux conséquences, m'a fait le plus grand bien. J'ai même réussi à oublier cette nuit et pourtant, H était dans la pièce pour me le rappeler. Mais à un certain point, je n'en faisais même plus de cas, m'amusant beaucoup avec Lottie et Liam. Et bien que je ne comprenais pas au départ, j'avoue désormais que ces soirées ne sont pas si terribles. Je peux même aller jusqu'à dire que je comprends pourquoi Lottie, Liam et la majorité des étudiants y prennent plaisir à ne pas en manquer une seule. Elles font relâcher la pression et le stress en plus de créer des fous rires. Bien que Liam n'a pas tellement dû rire lorsqu'il m'a ramené.
Je me souviens vaguement de la fin de la soirée. Je n'ai pas de souvenirs clairs de quand nous avons quitté le bar, ni de la route du retour, mais je sais que nous nous sommes d'abord arrêté chez Megan pour la ramener chez elle et que Liam nous a ensuite déposé, Lottie et moi, devant notre maison. Les images de Lottie qui me porte sur son épaule pendant qu'on marche jusqu'à la porte de garage et qu'on monte l'escalier sont toutefois un peu moins flou que les autres. Probablement parce que l'alcool avait commencé à redescendre à ce moment-là. Elle m'a ensuite enlevé mon jean et m'a mis sous les couvertures. Quand j'y repense, ma sœur qui me traîne jusqu'à ma chambre et me met au lit... c'est assez pathétique.
Je me retourne dans mon lit, tandis que ma porte de chambre s'ouvre au même moment, laissant entrer ma mère, un air énervé imprégné sur son visage. Et c'est en la voyant ainsi que je réalise soudainement quel jour on est. Dimanche. Merde, je ne suis clairement pas en état d'aller à la messe. Et de toute façon, je ne pense pas être en mesure de regarder le prêtre dans les yeux après les derniers événements.
- Louis! vocifère ma mère. Mais qu'est-ce que tu fais encore au lit? Tu vas nous mettre en retard!
Comme seule réponse, je pousse un grognement de mécontentement et me cache sous la couverture lorsqu'elle ouvre les rideaux, m'aveuglant de la lumière du jour.
- Allez, poursuit ma mère, tu feras la grasse matinée une autre fois!
Je grogne à nouveau, mais je parviens à former une phrase, d'une voix rocailleuse.
- Je ne pourrai pas venir aujourd'hui.
Je ne la vois pas sous la couverture, mais je sens quand même ses yeux me fusiller du regard et je ne doute pas un seul instant que les rides entre ses sourcils se sont creusées et que ses mains ont formées des poings sur ses hanches.
- Quoi? Non, Louis tu sais qu'on ne manque jamais la messe, voyons! Maintenant, dépêche toi à te lever, on part dans vingt minutes. Et sors de sous les couvertures, tu n'es plus un enfant pour te comporter comme tu le fais.
Elle tire sur le tissu et un frisson me parcourt lorsque l'air rencontre ma peau.
- Non, je ne peux vraiment y aller, je t'assure. Je ne me sens pas bien, je grogne en couvrant mon visage de mes deux mains. À moins que tu veuilles me voir dégueuler au pied de Père Williams.
Maman est toujours furieuse, mais cède.
- D'accord. Mais cette discussion n'est toujours pas terminée jeune homme.
Je me retiens pour ne pas rouler des yeux et je lui fais plutôt dos, me retournant à nouveau dans mon lit. Je reprends les couvertures que ma mère avait poussées au bout, puis referme les yeux, espérant me rendormir pour me réveiller sans avoir le coeur au bord des lèvres.
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Descente aux enfers
Fanfiction«Oh, allez bébé! Tu sais qu'on va brûler en enfer, de toute façon.»
