- Général. Général ?
La voix était basse, mais insistante. L'homme aux cheveux sombres enfouit sa tête plus profondément dans l'oreiller plutôt dur et essaya vaillamment d'ignorer le son bourdonnant dans ses oreilles.
- Mustang. Tu dois te lever maintenant. Et tu veux bien me lâcher, s'il te plaît ?
L'orateur s'engageait maintenant dans une lutte acharnée avec lui pour sa couverture, et il était bien déterminé à ne pas perdre. Il tira plus fort et se blottit d'un air suffisant dans sa prise alors que l'autre partie abandonnait avec un soupir irrité. Ha. Prends ça. Il y eut une pause, et puis la voix laissa tomber un demi octave tandis qu'il ronronnait un avertissement.
- Roy... réveille-toi ou je vais chercher le capitaine Hawkeye, et je ne préférerais pas, vu qu'elle serait heureuse de trouer mon manteau pour t'atteindre.
Roy Mustang, Flame Alchimiste, Général de Division et officier le plus haut gradé actuellement sur ce qui commençait à être connu comme le Champ de Bataille de la Déroute de Drachma, se redressa brusquement sur le lit de camp rachitique et regretta le mouvement abrupt presque immédiatement alors que ses côtes abîmées grinçaient en protestation. Il enroula ses bras autour de son torse comme pour se protéger, clignant ses yeux bouffis en essayant de remettre le monde au point, le cou raide à cause de l'angle gênant sous lequel sa tête était restée allongée contre l'oreiller singulièrement inadéquat.
- Combien de temps ai-je été inconscient ? murmura-t-il à la personne toujours pas identifiée qui avait parlé en prenant refuge dans les habitudes militaires. Café. Rapport sur l'état d'avancement.
- Environ une heure. Tu pourrais probablement apprécier deux fois, mais le devoir t'appelle, j'en ai peur.
Et une tasse fut poussée entre ses mains tâtonnantes.
- Ici, bois ça. Et tout apparaît être sous contrôle, sauf un des G1 de la division qui insiste qu'il a besoin de te voir et que tu as une réunion du personnel dans une demi-heure.
Roy pencha la tête avec obéissance, ses traits se fondant dans une expression de pur bonheur face aux arômes jaillissant de la tasse d'étain battu de l'édition standard. Il inhala profondément deux fois, presque cérémonieusement, et puis alors que les premières gorgées brûlantes s'écoulaient, la réalité s'infiltrait de nouveau dans son esprit embrouillé par le sommeil, dans un enchevêtrement d'images et de sensations. Respiration peu profonde à cause des bandages enroulés autour de ses côtes. La douleur et les étourdissements. Tomber. Être rattrapé. L'agréable rêve qu'il avait eu à propos d'Ed étant là et d'être finalement capable de lui dire... attendez une minute. Oh mon dieu.
Auric. Il sentit son visage rougir tandis qu'il essayait de se souvenir quoi – si quoi que ce soit – il avait en réalité dit à haute voix avant de s'évanouir sans plus de cérémonie.
Le Gardien s'écrasa sur la chaise pliante à côté de Roy, tenant sa propre tasse de café et balançant ses pieds vers le haut pour les reposer sur les bords du lit de camp. Il semblait bien reposé, au point que c'en était énervant. Roy l'observa avec ressentiment, luttant toujours pour se rappeler ce qui était arrivé après qu'Auric l'avait bordé. La détermination de la jeunesse, sans aucun doute, et une partie de ses pensées devaient s'être frayé un chemin jusqu'à son visage, parce qu'une expression d'amusement suffisant voleta sur le visage du blond alors qu'il hochait la tête en direction du café de Roy qui refroidissait rapidement.
- Bois, vas-y, j'ai... persuadé... le Colonel qui voulait te voir de revenir dans vingt minutes.
Et une lueur dans les yeux d'or du Gardien suggérait qu'il avait été forcé d'être moins que poli.
- Ça va devenir froid et ça serait du gâchis, étant donné ce que j'ai dû traverser pour l'obtenir.
Les sourcils de Roy s'arquèrent vers le haut avec inquisition, et Auric roula des yeux.
- Il semble que quelques idiots intendants ont oublié d'inclure du café parmi les victuailles qualifiées de « matériel nécessaire » quand ils ont finalement rouvert les lignes de ravitaillement, et j'ai dû transmuter le marc de café du cacao et des feuilles de thé. Ne t'inquiète pas, j'ai déjà lancé Hawkeye sur le type.
Il but à petits gorgées dans sa propre tasse avec circonspection.
- Mais ça a bon goût. Je suis doué.
La caféine fit finalement son effet, et Roy invoqua les ressources nécessaire pour sortir un léger sourire en coin.
- Je suis content de tu aies été capable de réaliser une transmutation délicate sans ma supervision. Et je peux voir que tu as tout bien en main. Tellement heureux de voir qu'adopter la personnalité d'Ed n'a pas émoussé quelque petite finesse que tu avais, Gardien.
- Qui traites-tu de plus petit qu'un grain de café, espèce de bâtard ingrat ? fulmina Auric en titubant sur la fragile chaise pliante alors qu'il ramenait ses bottes sur terre avec violence. Je t'ai sauvé la vie ! Encore une fois ! Je t'ai épargné l'embarras d'avoir l'un de tes hommes te trouvant endormi au travail !
Il prit une inspiration outragé, et déclama d'un ton clinquant, accusateur.
- Je t'ai fait du café – littéralement – ce pour quoi le reste du campement tuerait. Et puis-je juste souligner que ce dernier élément n'était pas dans ton contrat ?
Roy considéra cela judicieusement, en penchant la tête en arrière alors qu'il observait le plus jeune à travers ses cils et adopta une expression moqueusement réfléchie.
- Les deux premiers pourraient tomber sous la dénomination « faire tout ce qu'il faut », tu ne penses pas ? Et pour l'autre chose, eh bien... tourmenta-t-il moqueusement le plus jeune. Le rang a ses privilèges.
Auric lui lança un regard furieux.
- Tu es chanceux que je me soucie en réalité de ma réputation de ne jamais avoir perdu un client ou tu serais tellement mort là maintenant.
À sa surprise, Roy inclina la tête en reconnaissance et ne fit pas de retour mordant.
- Je réalise bien cela. Et merci pour le café.
Un silence étrange tomba, tandis que les deux hommes rassemblaient leurs pensées. Auric tripotait d'un air absent le bout de sa tresse, en débattant si oui ou non il devrait parler de ce qui s'était passé – se demandant si l'homme s'en souvenait même. Mustang avait définitivement glissé dans le délire de l'épuisement à ce moment-là, donc il y avait une bonne chance que non. Il devait admettre que c'était un soulagement de voir le Général se ressaisir – c'était infiniment préférable à la pâle silhouette qu'il avait observé avec inquiétude pendant l'heure passée. Le café chaud amenait une touche de couleur sur les pâles joues de l'homme, soulignant l'élégance de sa structure osseuse, même si ses yeux étaient encore un peu trop vitreux et brillants, et Auric se trouva regardant – regardant vraiment – le Général, les fins et sombres sourcils qui pouvaient être aussi expressifs que des mots, les yeux ombragés qui pouvaient scintiller d'un feu intérieur souvent gardé en réserve et caché à la vue du public, aux lignes gracieuses de sa gorge et de ses clavicules révélées par sa chemise froissée et entrouverte.
Au moins Ed avait eu de bons goûts en matière d'hommes, à défaut des vêtements.
- Tes cheveux sont en désordre, observa finalement Roy en repliant ses jambes gracieusement pour s'asseoir en tailleur sur le lit de camp.
Il savait qu'il devrait être en train de se préparer pour sa réunion personnel, mais une petite partie de lui voulait seulement quelques moments de plus dans cette intimité étrangement reposante.
- C'est pour ça que je les garde habituellement attachés en arrière, soupira Auric en défaisant le reste de la tresse et laissant ses cheveux tomber librement alors qu'il secouait la tête.
Même noués et emmêlés par les efforts du jour, ils gardaient une beauté hypnotisante, un rideau d'or jaune ondulant, plein et épais.
- Ils sont trop longs pour que je les tresse moi-même à moins que je les tire vers l'avant par-dessus mon épaule, mais ensuite il ne se remette pas correctement en arrière. Maes a dû le faire pour moi – je suppose qu'il a eu assez d'entraînement avec Elysia.
Il regarda Mustang avec culpabilité, hésita, puis il prit le taureau par les cornes.
- Écoute Mustang... je suis vraiment désolé. À propos de la mascarade, je veux dire. Bien que ce soit l'idée du Colonel Hugues, je l'ai accepté... au final... et je ne pense pas que nous ayons vraiment réfléchi à ce qui arriverait... après. La bataille a une certaine immédiateté qui ne permet pas d'y penser plus longtemps, tu sais.
Repoussant la jalousie irrationnelle qui lui coulait dans les veines à la pensée que Maes avait pu passer ses doigts dans cette étonnante chute de soie, Roy se concentra sur le crise plus immédiate, à savoir, l'angoissante réalisation se faisant connaître dans le creux de son estomac. Il savait à propos Ed, pensa sombrement l'homme intensément privé. Respire, juste respire. Auric essayait visiblement d'être déférent à l'égard des sentiments de Roy en ne parlant pas directement du sujet, et la compassion de cette acte empira les choses d'une manière ou d'une autre. L'alchimiste lutta pour calmer ses émotions vacillantes même s'il avait l'impression que tout l'air dans ses poumons était aspiré par la force. Ou le docteur avait peut-être simplement bandé ses côtes trop serrées – il devrait vérifier la possibilité qu'il ait été un des Homonculus déguisé, pensa-t-il narquoisement – puis secoua la tête d'un air las tandis qu'il reconnaissait l'humour macabre pour le mécanisme de détournement et de retardement que c'était. Le Gardien tressaillit au geste négatif et Roy leva une main pour le rassurer.
- Ça serait le Général de Brigade Hugues et j'accepte tes excuses dans l'esprit qu'elles ont été données, même si ce n'est pas vraiment nécessaire, dit calmement Roy. C'était une stratégie brillante – et ça a marché. Vous avez semé la confusion chez l'ennemi, ranimé l'espoir chez les hommes et donné à ma cause une nouvelle force, et pour cela je vous remercie... indépendamment de la façon dont cela pourrait m'affecter sur le plan personnel.
Il balança ses jambes hors du lit de camp et se leva, repliant soigneusement le manteau rouge sur son bras, en évitant les yeux d'Auric, effrayé de ce qu'il pourrait y voir. Dégoût ? Méfiance ? Pitié ? Cette pensée retourna son estomac, mais il refusa de le laisser voir sur son visage. Il était devenu bon à cela à travers les années.
- Je devrais me préparer pour cette réunion du personnel – je suis surpris qu'Hawkeye ne se soit pas encore montré avec un dossier d'information. Tiens.
Et il offrit le manteau soigneusement plié à Auric.
Le Gardien ne fit aucun mouvement pour le prendre, ses yeux dorés reposant sans détour sur le visage de Roy comme s'ils cherchaient pour... quoi ?
- Auric ? Tu devrais garder ça, au moins jusqu'à ce qu'on soit rentrés à Centrale.
Roy se força à parler normalement alors qu'il tendait le vêtement incriminé.
Un fin sourcil se leva, et Auric sembla arriver à une décision abrupte.
- Peux pas, dit-il succinctement. Besoin d'aide pour tresser mes cheveux d'abord.
Ses yeux ne vacillèrent jamais alors qu'il avançait d'un pas dans l'espace personnel de Roy, ses yeux se rétrécissant de façon spéculative comme ceux d'un chat qui venaient d'apercevoir un rat particulièrement appétissant. Roy ne pouvait pas nommer l'étrange émotion qu'il vit dans ce regard d'or.
- Ou as-tu changé d'avis à propos des avantages d'avoir Edward Elric vu à tes côtés, Général ?
Sa voix s'était changé en un murmure de velours qui envoyait des frissons le long de la colonne de Roy. Il devait admettre que c'était une expérience intéressante d'être déséquilibré de l'autre côté de l'équation prédateur-proie.
- Oh ? Est-ce que je ressemble à ton valet selon toi ? demanda-t-il légèrement.
Auric leva son autre sourcil à cela.
- Veux-tu vraiment savoir à quoi tu ressembles pour moi, Roy ?
Et le simple son de son nom, qui glissait paresseusement des lèvres du Gardien, était plus séduisant que n'importe quel nombre de flatteries qui lui avaient été adressées au fil des ans. Et puis le son d'un clairon marquant l'heure brisa le charme et Auric détourna le regard.
- Je te le dirai bien, mais le devoir m'appelle. Tu as une réunion à laquelle tu dois aller, et j'ai besoin de trouver Al et de m'assurer qu'il ne s'est pas mis dans le pétrin.
À quoi jouer Auric, se demanda Roy alors qu'il faisait signe au Gardien de s'asseoir sur le lit et s'assit à côté de lui. Pendant un moment, il avait presque semblé qu'Auric lui proposait... mais c'était ridicule.
- Si tu insistes. Tourne-toi s'il te plaît – oui, c'est bon. Garde à l'esprit que les brosses à cheveux sont difficiles à trouver sur les champs de bataille, donc je vais devoir utiliser mes doigts.
Il se mit à démêler les plus gros nœuds, qui se défirent surprenamment facilement. C'était comme dans ses souvenirs – chaud, fin et doux comme de la soie, pourtant assez épais pour avoir du poids. Il se souvenait d'un conte de fée dont sa mère lui avait parlé à propos d'une princesse à qui on avait demandé de filer du lin en or – en supposant que la princesse avait été une alchimiste raisonnablement talentueuse, il pensait que cela aurait résulté en quelque chose comme les cheveux d'Ed... les cheveux d'Auric. Roy fronça les sourcils à un nœud particulièrement difficile.
- Puisque je suis coincé à te coiffer, tiens moi au courant pour que je n'ai pas à lire le rapport. Qu'as-tu fait exactement au Führer ?
Auric haussa les épaules, ses yeux battant des paupières sous le toucher apaisant des doigts de Roy passant doucement dans ses cheveux.
- Contrairement au café – que je considère comme une réalisation bien plus importante, au passage – il n'y avait aucune alchimie impliquée, j'en ai peur, seulement des capacités basiques de Gardien. Il semble que la Pierre Philosophale qui donne à vos Homonculus une vie et une forme humaine contient la même forme d'énergie que j'utilise pour manipuler les Portails. Je l'ai juste vidé de lui... j'ai laissé la plus grande partie retourner dans la terre, et j'en ai récupéré un petit peu pour me booster. J'en avais besoin, j'étais un peu au plus bas ces derniers temps, et un autre effet pratique est qu'il m'évite d'avoir besoin de dormir, au moins pour un petit moment.
Roy le regarda pensivement, en entendant l'étrange note dans sa voix. Puis ses mains s'immobilisèrent pour un moment tandis qu'une pièce du puzzle trouvait sa place.
- C'est comme ça que les Gardiens meurent, n'est-ce ?
C'était une déclaration sinistre, pas une question.
- C'est ce que tu caches à Al depuis le début – que tu ne peux le faire que jusqu'à ce que tu viennes à bout de ton énergie, ce que tout le monde fait au bout d'un moment. Et puis tu perds contrôle, et ça te tue. C'est pour ça que tu as été aussi fatigué, et c'est pour ça que tu toussais du sang la première fois que nous t'avons rencontré.
Le Gardien resta silencieux avec entêtement jusqu'à ce que Mustang tire ses cheveux avec insistance.
- Ouch ! Arrête ça, espèce de bâtard ! Très bien, oui ! Mais ça ne sera plus un problème avant longtemps. J'ai tiré assez d'énergie de cet Homonculus pour m'en sortir. J'irai bien à moins que j'ai à ouvrir un autre grand Portail, donc aussi longtemps que tu n'en exiges pas un, c'est un non-problème. Et ça ne parvient pas aux oreilles d'Al. Compris ? Je n'ai pas besoin qu'il s'occupe de moi comme une mère poule. Par ailleurs, dit-il et le visage d'Auric s'assombrit, de ce qu'il m'a dit, notre mère est morte d'une sorte de maladie du dépérissement, quelque chose comme ça. Ça sonnait presque comme si quelqu'un tirait dans son énergie vitale pour d'autres objectifs. Il n'a pas besoin qu'on lui rappelle ça.
Roy nota l'emploi du terme « notre mère ». C'était un développement intéressant – Auric semblait en fait être en train d'accepter graduellement sa vie précédente en tant qu'Ed avec tous les liens qui l'accompagnent. Quant au sujet actuel de la discussion, cependant... Roy pinça ses lèvres, mais concéda après un moment de réflexion que le blond avait raison.
- Très bien. Mais je veux être informé à l'instant où tu te sens mal, sommes-nous clairs sur ce point ?
Il tira encore, plus doucement cette fois.
- Dictateur, marmonna Auric.
- Ceci est le but de ce qu'on fait ici, remarqua Roy narquoisement alors qu'il finissait la tresse et ramassait le bout d'élastique qu'Auric utilisait pour la sécuriser.
Alors qu'il enroulait l'élastique autour de ses doigts cependant...
- Bon sang !
Auric se retourna à moitié.
- Qu'y a-t-il ?
- Rien, vint la réponse tranchante.
Roulant des yeux, Auric tendit la main et attrapa le bout de sa tresse, puis se retourna pour voir Mustang frotter doucement ses doigts.
- Dieu, j'ai oublié que tu avais une main blessée, jura Auric.
Il saisit l'élastique sur le lit là où Roy l'avait abandonné et attacha le bout de sa tresse, puis tendit la main pour celle de Mustang, faisant courir ses doigts gentiment sur ceux de Roy alors qu'il fronçait les sourcils face aux doigts gonflés.
- Hum. Ouais, tu ne vas pas claquer des doigts avant longtemps, Flame Alchimiste. Heureusement pour toi, tu as engagé les services d'un Gardien particulièrement prévoyant.
Roy arqua un sourcil sceptique vers le plus jeune tandis qu'il commençait à fouiller dans les poches de son manteau.
- Où est-il... je ne peux pas l'avoir fait tomber, si ? À moins que... peut-être le combat... si je l'ai fait je vais tuer cet idiot de Pride une nouvelle fois pour avoir gaspillé mon... ahah ! Tends ta main.
Roy soupira et obtempéra, lui donnant l'appendice la moins blessée.
- Voilà pour toi. Ne le perds pas ; j'ai dû faire sacrifier à Maes trois cadres photos pour ça, sourit Auric sans paraître le moins du monde pénitent. Il lâcha un petit objet rectangulaire qui était à peu près large aux deux tiers de sa longueur dans la paume de Roy. Roy le fit tourner dans sa main avec stupéfaction. C'était surprenamment lourd pour sa taille et extraordinairement bien fait, avec des coins arrondis et une surface argenté miroitante seulement entachée par des cercles miniatures mais méticuleusement dessinés gravés sur chacune des faces, et Roy inspira brutalement alors qu'il reconnaissait les cercles normalement brodés sur ses gants. Il ouvrit l'objet en le faisant basculer.
- Un briquet.
- Un briquet à l'épreuve du vent et de l'eau et prêt à pratiquer l'alchimie, idiot, corrigea Auric d'un air irrité. Je préférai ne pas avoir à assister à tes funérailles simplement parce que tu étais assez imprudent pour perdre tes gants – tu auras toujours une façon d'allumer un feu et un cercle pressé dans ta paume de cette manière. Tu sais, vous les alchimistes êtes tellement pris par vos petits symboles de statut – gants, montres, ou quoi que ce soit – que vous oubliez parfois d'avoir l'esprit pratique à propos des choses. Par exemple, puissant Flame Alchimiste... tu pourrais vouloir considérer la composition chimique simple de l'eau dans ton temps libre. La dernière fois que j'ai vérifié l'hydrogène et l'oxygène étaient tous les deux des gaz hautement inflammables.
Roy ouvrit la bouche pour contredire l'affirmation, puis la ferma à nouveau d'un air grognon et sourit narquoisement pour couvrir son chagrin.
- Mais je t'ai toi pour surveiller mes arrières, oh merveilleux Gardien.
- Je ne serai pas toujours dans les environs quand tu as besoin d'être sauvé, bâtard, gronda Auric en arrachant son manteau et en se retournant pour partir.
Roy cilla à cela, le langage d'Auric était certainement devenue plus... coloré à mesure qu'il se sentait plus à l'aise d'accepter Ed comme faisant partie de lui-même.
- À plus tard, Mustang. Essaye de ne pas brûler la tente.
Roy le regarda soulever le battant de la tente, puis s'arrêtait soudainement.
- Hey, bâtard de Général ?
- Oui, Fullmetal nabot ? dit-il clairement pour le bénéfice des oreilles qui pourraient être en train d'écouter.
Il eut un grognement réflexif pour cela, mais l'air renfrogné se fondit vite dans un sourire nostalgique.
- Merci pour avoir eu assez confiance pour nous laisser tomber, dit doucement le blond en soulignant le mot si légèrement qu'il était tout à fait imperceptible pour l'espion potentiel, et même un observateur particulièrement intéressé aurait supposé que le mot se référait aux frères Elric. Mais l'expression dans les yeux d'Auric disait le contraire.
- Nous n'avons jamais été quelqu'un pour des « peut-être » et des « et si ». Mais quand tout cela sera terminé... lui et moi... nous reviendrons à la maison pour y rester. Si tu penses que tu veux toujours trouver cet endroit entre.
Et avec cela il était parti, esquivant gracieusement le rabat de la tente.
Roy fixait son passé sans le voir en contemplant son avenir dans les pas qui s'éloignaient légèrement. Il resta très longtemps immobile. Puis il empocha le briquet, se leva et soigna son uniforme, en redressant sa veste et en peignant ses cheveux avec les doigts pour obtenir un semblant de normalité, enfilant le masque d'un chef omniscient et tout puissant. Son présent lui faisait signe pour l'instant.
Mais quand tout cela serait terminé, il le ramènerait à la maison pour qu'il y reste.
Il s'arrêta et se fit une note mentale. Et ils allaient rester au lit pour une semaine. Au moins.
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Full Circle
Fiksi PenggemarEdward Elric revient amnésique. Il a vécu les quatre dernières années en tant qu'Auric, un Gardien de Portes. Mais il y a certaines batailles qu'il est le seul à pouvoir combattre. Ses amis seront-ils capables de réveiller Ed, et qu'arrivera-t-il à...