Hugo
Trente SMS ! Je lui ai envoyé trente messages et elle n'a pas été foutue de répondre à un seul d'entre eux ! J'ai les nerfs à vif. Je me suis servi de Jenna cette nuit pour calmer ma rage. Mais, ça n'a rien changé. Ce matin, je l'attendrais devant chez elle. Si elle pense qu'on se débarrasse de moi comme ça, je vais lui montrer comment je m'appelle !
– Je te sers quelque chose ? demande mon plan cul.
– Tire-toi, tu devrais déjà être chez toi, grincé-je.
La voilà qui chiale, c'est bien ma veine ! Comme si je n'avais pas assez à gérer avec une nana qui me rejette. Il faut en plus que je supporte l'autre qui braille. Elle me fait face de tout son petit corps.
– Je t'aime, hurle-t-elle. Que faut-il que je fasse pour que tu t'en rendes compte ?
C'est quoi ces conneries ? Elle est folle ou quoi ? On a mis les choses au clair il y a peu de temps et la voilà qui me sort un truc pareil.
– Je ne t'ai jamais rien promis. Cette histoire n'était rien d'autre qu'un moment de plaisir, craché-je.
– Comment peux-tu être aussi vide à l'intérieur ?
– Vide ?
Ce n'est pas ce qu'elle dit quand je la fourre.
Il vaut mieux qu'elle arrête de me pomper l'air, je suis à deux doigts de lui cracher mon venin en pleine figure. Elle ne sait rien de moi, de ce qui m'empêche d'aimer. Elle n'a aucune idée du temps qu'il m'a fallu pour me créer cette carapace à la con.
– Oui ! Aucune attention, rien. J'en ai marre, je n'en peux plus de cette relation. Je pars, là, maintenant puisque tu t'en fiches !
Sacrées bonnes femmes. Elles ont vraiment le don de perdre du temps avec les hommes pour qui elles n'ont aucun intérêt. Je reste impassible face aux menaces de Jenna.
– Tu as donc de bonnes raisons pour dégager.
Elle est stupéfaite, me regarde les yeux ronds, la bouche en cul de poule.
– Tu veux vraiment que je m'en aille ?
– Je parle chinois ou quoi ? réponds-je sur un ton agressif.
– Est-ce que cela signifie que tu me quittes ? pleurniche-t-elle.
– Arrête de faire celle qui tombe des nues. J'ai toujours été honnête avec toi, tu n'as jamais rien voulu entendre.
– Tais-toi, grince-t-elle.
– Tu es mon plan cul bordel, fous-toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes, insisté-je.
Sa main m'arrive en pleine face, alors que je ne m'y attendais pas. Je la regarde sévèrement, faisant appel à toutes mes forces pour ne pas péter les plombs. Je suis un sale type, mais j'ai tout de même des principes, jamais je ne lèverai la main sur une femme. Elle continue de couiner, je me prépare aux pires insultes.
– Tu n'es qu'un salopard ! Pendant des mois j'ai tout accepté. J'ai été patiente, j'ai tout fait pour toi. Tu es égoïste, je te souhaite de finir ta vie seul comme un chien !
Sa voix est marquée par la colère, peut-être même par la frustration. Elle a beau jacasser, ça ne me fait rien. Je me dirige vers la porte d'entrée et l'invite à quitter les lieux.
– Tu veux que je foute un panneau avec écrit « sortie » ? Dégage !
Elle me bouscule au passage et part telle une furie.
Après son départ, je monte dans la voiture et me rends chez Mina. Je sonne en vain. Par chance quelqu'un entre dans le bâtiment, je me faufile, frappe à son appartement, mais personne ne répond. La voisine interpellée par les bruits se rend sur le palier.
– Vous êtes un ami du couple ?
– Euh, en quelque sorte...
– De gentils jeunes gens.
Merci ma vieille, tu viens juste d'enfoncer le couteau dans la plaie
– Je cherche Mina, vous savez où je peux la trouver ?
– À la boutique, voyons, elle travaille à cette heure-ci.
– Oui, la boutique. Merci beaucoup !
Je m'apprête à partir, quand je me rends compte que je ne connais pas le nom de son lieu de travail.
– Les petites Paris, ajoute-t-elle en remarquant ma confusion.
– Merci.
Je me rends immédiatement à l'endroit indiqué. Avec mon GPS, je trouve l'adresse rapidement. Arrivé sur place, je pousse la porte du magasin de vêtements, une petite brune s'adresse à moi en m'adressant un large sourire.
– Bonjour, puis-je vous aider ? minaude-t-elle.
– Je cherche Mina, me contenté-je de répondre.
– Vous êtes Hugo, c'est ça ? lance-t-elle avec mépris.
Évidemment, les gonzesses parlent entre elles, je ne sais pas ce qu'elle a pu lui dire pour mériter le regard noir qu'elle m'adresse.
– Oui c'est moi.
– Elle n'est pas là.
– Je dois lui parler, à quelle heure pourrais-je la voir ?
– Ils sont partis à Rome ce matin, m'informe-t-elle. Je blêmis à cette annonce. À quoi est-elle en train de jouer ? La colère s'empare de moi, je suis à deux doigts de tout retourner.
– Pour quand est prévu leur retour ? beuglé-je.
– Laissez-la tranquille, elle n'a rien à faire avec un type comme vous. Nathan est quelqu'un de bien.
Elle est gonflée Pépin trois pommes !
– Vous ne me connaissez pas, je ne vous autorise pas à me juger, rétorqué-je.
– Je n'ai pas besoin de vous connaître, des types comme vous, ça ne manque pas. Je ne vous laisserai pas mettre sa vie sens dessus dessous.
– Dites-lui qu'elle se pointe à son retour ! Sinon, je viens la chercher moi-même ! grogné-je en quittant les lieux.
Je roule dans les rues de Paris, perdant la notion du temps.
Qu'est-ce qui me prend ? Elle me rend dingue.
Un appel privé me parvient, ignorant l'identité de mon correspondant, je décroche en arborant une voix neutre.
– Allô ?
– Arrête ça, Hugo, s'il te plaît.
C'est elle, je ne m'attendais pas à l'entendre si rapidement, mes mains se crispent autour du volant à m'en pâlir les jointures.
– Torne, tu peux me dire ce qui te prend ? aboyé-je.
– S'il te plaît, fais ce que je te demande, chuchote celle qui m'échappe malgré moi.
Je m'apprête à répondre, mais elle a déjà mis fin à la communication. L'autre teigne n'a pas perdu de temps à l'informer de ma visite. Je ne maîtrise pas ma colère, j'ai envie d'un verre et je sais ce que je risque en cédant. J'ai mis cinq ans à me remettre de mon addiction, il m'arrive parfois de boire du vin en mangeant, mais je ne m'en suis jamais servi pour de mauvaises raisons.
***
Je n'ai aucune envie de réveiller mes vieux démons, la musique est mon échappatoire, je dois rester focalisé sur ce qui me détend. Pourtant malgré toutes mes bonnes volontés, je ne résiste pas. J'annule les cours prévus à ce jour, et descends à la cave chercher une bouteille de whisky ; elle est là depuis des lustres, jamais encore je n'avais eu besoin de sa compagnie. Mais ce soir le trou béant qui me torture silencieusement se fait trop douloureux, je ne peux renier mon besoin crucial.
L'alcool me brûle la gorge, je m'enfile quatre verres cul sec. Les effets se font sentir rapidement, ma tête tourne, mes émotions s'endorment.
Éloigne-toi de cette fille mon pote, regarde ce qu'elle fait de toi ! Une putain d'épave !
Je continue à boire jusqu'à la dernière goutte, frustré de ne plus avoir d'alcool à disposition je lance la bouteille contre le mur. Ce bruit me rappelle combien ça me soulageait autrefois. Je prends un verre et le balance également, puis un autre et encore, j'en oublie le décompte.
Sur le coup de 19H00 la sonnette retentit, je titube jusqu'à la porte. C'est sans surprise que je reconnais Jenna.
– Qu'est-ce que tu fous là ? bafouillé-je.
– Je crois que j'ai oublié ma...
Elle me répond en se dirigeant vers la cuisine, mais s'arrête net en découvrant le carnage.
– Hugo, que s'est-il passé ? s'inquiète-t-elle.
– Rien, grogné-je d'une voix caverneuse.
– Tu as bu ?
J'éclate de rire.
Quelle idiote, elle a besoin d'un dessin ?
– Tu sais Jenna, Jen, Jenny, t'es vraiment débiiiile ! pesté-je, lui envoyant au passage quelques résidus de salive en plein visage.
Elle me scrute sévèrement, je parviens à peine à articuler.
– Tu ne bois jamais, je m'inquiète pour toi.
– Ooooh no no no ! Chuuuut ! soufflé-je.
– Je vais t'aider à te mettre au lit.
– Non ! Je vais à Rome ! crié-je en bégayant.
– Tous les chemins mènent à Rome, au lit ! gronde-t-elle.
– Dis Jenna, est-ce qu'on va baiser ? murmuré-je en me penchant vers son oreille.
Je manque de tomber, elle me retient, ne répondant pas à mes avances douteuses et me guide jusque ma chambre. Je me jette sur le lit, mes yeux tiennent à peine ouverts. Je ressens ses doigts glacés effleurer ma joue.
– Si tu savais ce que je serais capable de donner pour que tu m'aimes autant que je t'aime.
– Tu perds ton temps avec moi, chuchoté-je du mieux qu'il m'est donné de le faire.
– Hugo...
– Hum...
– Tu es quelqu'un de bien. Si tu arrêtais de te haïr, peut-être que tu pourrais être heureux !
Ses mots me percutent, je suis incapable de lui donner ce qu'elle attend de moi. Cependant, ce soir elle est là, quand personne d'autre ne se soucie de moi.
– Viens... braillé-je
Est-ce l'alcool qui me pousse à agir comme cela ? Je n'en sais rien. Je suis à mille lieues de pouvoir réfléchir. Mais je l'attire contre moi. Mes yeux sont clos, mon cœur au bord du gouffre.
Bordel Torne, tu me hantes, c'est toi que je veux auprès de moi.
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Transparent Lies (nouvelle version)
RomanceBonjour et bienvenues sur la nouvelle version de Transparent Lies. Pour celles qui découvrent l'histoire, notez qu'elle est destinée à un public adulte ! Certaines scènes à caractère érotique sont très explicites. Bonne lecture. Résumé : Mina et H...
