Mina
Les portes semblent mettre une éternité à s'ouvrir. Aucun de nous ne bronche dans l'endroit clos. Je garde la tête baissée, sentant sur moi les yeux d'un Nathan coléreux. Une fois dans la chambre, la porte se claque derrière moi.
– C'était quoi ça ? hurle-t-il, en me faisant face.
Je me sens comme paralysée, incapable de prononcer le moindre son. Je n'ai jamais envisagé une telle situation, pourtant elle était prévisible.
– Que cherches-tu avec lui ? réponds-moi !
– Je ne sais pas, je ne contrôle rien de tout ça...
– C'est une plaisanterie ? J'en ai assez que tu me prennes pour un imbécile ! Je veux la vérité. As-tu couché avec ce type ?
Je ne réponds rien, même si c'est le moment d'être honnête. Je suis incapable de lui confirmer.
– OUI OU NON ? tranche-t-il.
Il parle d'une voix acerbe, me toise avec dédain. Il sait déjà que je suis passée à l'acte, c'est une évidence.
– Oui...sangloté-je.
Il blêmit lorsque je prononce ce mot, reste figé en me prenant de haut.
– Tu peux répéter... glapit-il.
Le sanglot qu'il cherche à dissimuler ne m'échappe pas. Ce n'est pas sans effort que je rabâche ma réponse.
– Oui...
– Depuis quand ? se crispe-t-il.
– Nathan... murmuré-je, mal à l'aise.
– DEPUIS QUAND ? rugit celui que je ne reconnais pas.
– La première fois que c'est arrivé, c'est le jour où j'ai prétendu être avec Ronan, lorsque Daphnée est venue à la maison.
– Attends, la première fois ? Je peux savoir à combien de reprises tu t'es foutue de moi ?
– Je ne me foutais pas de...
– COMBIEN ? coupe-t-il, en haussant le ton.
– Deux fois, me renfrogné-je.
J'articule difficilement, sentant mon cœur au bord des lèvres. Quant à lui, il se secoue la tête en répétant que c'est impossible.
– Tu as pris ton pied au moins ? crache-t-il, en fixant mon regard.
Une fois de plus le silence m'assaille. La situation m'échappe. Je me sens mal. J'ai l'impression que l'air se comprime dans mes poumons et me donne le tournis.
– Évidemment que tu as pris ton pied, tu n'y serais pas retournée sinon ! ironise-t-il.
Je tente en vain de me calmer, gardant pour moi ce que je ressens.
– Tu as des sentiments pour lui ? lâche-t-il soudain.
Je lève les yeux vers lui, par ailleurs je ne réponds toujours pas.
– Mina, tu vas me dire ce que je veux savoir à la fin ? C'est à ce point difficile d'être honnête pour toi ?
Tu ne l'as pas volé celle-là.
Je ne me retiens plus et pleure à gros sanglots. C'est un aveu, il s'en rend compte.
– Oh putain, je n'en reviens pas. Tu es amoureuse de lui ! Je ne suis qu'un couillon ! grince-t-il.
Il continue à marmonner et je reste paralysée, la poitrine compressée, l'âme contuse.
– Tu veux savoir pourquoi je tenais à ce qu'on vienne à Rome ? Eh bien, je vais te le dire ! s'insurge-t-il.
Il sort une bague de sa poche et me la jette en plein visage. Oh non, non, pas ça... Je me laisse tomber au sol, je me sens mal pour lui, parce qu'il mérite tellement mieux. Pour moi, que je ne reconnais plus. Pour toute cette confusion qui menace depuis des jours de me faire tomber. Je ne fais plus le moindre effort, abandonne toute volonté et laisse mes sanglots jaillir sans retenue.
– J'avais l'intention de te demander en mariage. Je te voyais comme la femme de ma vie, tu représentais tout pour moi. À présent, regarde-toi, tu me dégoûtes, crache-t-il.
– Je te demande pardon, hoqueté-je, d'une voix à peine audible.
Lui aussi est mal en point, ses yeux déversent des rivières et dans sa voix, je ressens la douleur qu'il tente de murer. Nos regards se heurtent une fraction de seconde. Le mien exhorte la désolation, quant au sien il révèle sa désillusion, sa colère, son désespoir.
– Je ne peux pas te pardonner, tu m'as trahi, tu as anéanti ce que nous avons battis durant trois années.
– Je...
– Tu couches avec un gars que tu connais à peine et ensuite tu rentres me retrouver comme si tout allait bien. Qui es-tu devenue ? Mina, je ne sais pas ce qu'il a pu te dire pour te faire tourner la tête à ce point, mais à ses yeux tu n'es rien d'autre qu'une pauvre fille qu'il a réussi à mettre dans son pieu, enchaîne Nathan.
Le regard que je lui lance à ce moment précis lui arrache un rire paradoxal.
– Tu es en train de te convaincre que je te balance cela parce que je suis en colère. Bordel Mina, ouvre les yeux ! Si on n'était pas ici en train de perdre notre temps, j'irais lui refaire le portrait.
– Ça ne changerait pas les choses... tenté-je de tempérer.
– C'est un fait, mais ça me permettrait de me défouler !
Dans un excès de rage, il saisit sa valise et case ses affaires à vive allure.
– Où vas-tu ? demandé-je, inquiète.
– Je vais dormir ailleurs !
Je le supplie de ne pas s'en aller, baragouinant des mots que moi-même je peine à saisir. Ce n'est pas de l'égoïsme, je m'inquiète pour lui, l'idée qu'il se saoule et qu'il lui arrive quelque chose me traverse l'esprit.
– Je te laisse la chambre, on rentre demain matin. Je vais m'occuper des billets.
– Reste s'il te plait... que tu le crois ou non je tiens à toi, assuré-je.
– Les actes sont plus révélateurs que les mots. Sois au moins honnête avec toi-même.
– C'est moi qui vais quitter l'hôtel, reste ici.
– Tu te comportes peut-être comme une trainée, mais ça n'enlève rien à mes principes. Je t'envoie un texto pour t'annoncer l'heure du départ, marmonne-t-il en quittant la pièce.
Sur ces mots, il claque la porte. Et je me retrouve seule avec moi-même. N'ayant pas d'autre choix que de faire face aux conséquences de mes actes.
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Transparent Lies (nouvelle version)
RomanceBonjour et bienvenues sur la nouvelle version de Transparent Lies. Pour celles qui découvrent l'histoire, notez qu'elle est destinée à un public adulte ! Certaines scènes à caractère érotique sont très explicites. Bonne lecture. Résumé : Mina et H...
