Mina
Je regarde la voiture s'éloigner, c'est alors que je suis envahie par une fureur incontrôlable. Je monte dans mon véhicule et conduis jusque chez Nathan. C'est totalement irréfléchi, effronté, sans intérêt. Cependant à ce moment précis, je suis incapable de faire la part des choses. Épuisée de ces contrecoups incessants, j'aimerais pouvoir souffler. Arrivée à son domicile, je me gare à la hâte et tambourine à sa porte.
– Mina... qu'est-ce que tu fais ici ? s'étonne-t-il en m'apercevant.
Je ne prends pas la peine de répondre, le pousse au passage et entre sans y avoir été invité. Lorsqu'il ferme la porte, il s'approche de moi, gardant toutefois une certaine distance.
– Tout va bien ? s'inquiète ce dernier.
– Je suis venue te rendre ta bague ! fais-en ce que tu veux. C'était vraiment indispensable ? Je ne te pensais pas capable d'un tel comportement ! Et moi comme idiote je n'ai rien vu. Franchement, je trouve ça très bas de ta part.
Son visage habituellement doux se ferme. Il se raidit, me dévisage.
– Je rêve, s'étrangle-t-il. Tu as un sacré toupet ! Tu m'as menti, trompé, tu as joué avec mes sentiments. Pour qui te prends-tu ? Je ne te dois rien, bien au contraire.
– J'en suis désolée, d'accord ? Mais je n'en reviens pas que tu l'aie fait exprès.
– Je m'en fiche, je ne veux même pas le savoir ! toi et moi avons passé trois ans ensembles. Tu as été infidèle et en plus de cela, le jour où je récupère mes affaires, le mec avec qui tu m'as trompé t'accompagne. C'est très irrespectueux, je n'ai vraiment pas apprécié.
– Je n'ai pas vraiment eu le choix, il est jaloux et...
– Es-tu en train d'insinuer que c'est normal ? Qu'est-ce qui t'arrive ? grommelle-t-il, sidéré.
Nathan avance vers moi, m'observe avec attention, puis me contourne. Je me crispe lorsque son souffle se loge dans ma nuque.
– Nous étions heureux ensemble, on avait un avenir tracé. J'ai toujours été droit avec toi, humble. Je t'ai soutenue dans chacun de tes choix. Lui est... tout le contraire, ironise-t-il. Qu'est-ce que tu fais avec un type pareil ?
– Tu es quelqu'un de bien, mais je m'ennuyais avec toi. Pour ce qui est de Hugo, tu ne sais pas de quoi tu parles.
– Tu t'ennuyais ? tonne-t-il. C'est vrai qu'être en couple avec un mec manipulateur, colérique, néfaste et j'en passe, c'est vachement plus dynamique. Toutefois j'aimerais que tu me dises une chose : qu'adviendra-t-il lorsqu'il s'en prendra à toi physiquement ?
Je ne sais pas si cela part d'un bon sentiment ou si ses intentions sont encore une fois pour m'éloigner de celui que j'ai choisi. Toujours est-il, que la description qu'il vient de faire de cet homme, dont personne ne soupçonne la fragilité, me fâche.
– Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. Je peux comprendre que tu le détestes, que je te répugne, mais ne t'avise pas de laisser croire à qui veut l'entendre qu'il est violent avec moi !
– Je crois qu'on s'est tout dit.
***
Les heures défilent. Je suis garée à quelques mètres de chez Hugo, par peur qu'il ne fasse demi-tour en remarquant que je l'attends. Sans aucun moyen de le joindre, d'appeler qui que ce soit, je m'impatiente. Nerveuse d'imaginer ce qu'il peut faire, angoissé de concevoir sa réaction lorsqu'il réalisera que je suis là. J'écoute la radio, change de station un nombre incalculable de fois. Au moment où il débarque enfin il n'est pas moins de 19H00. Voilà huit heures que je suis dans cette satanée voiture. Je patiente qu'il soit rentré et me dirige jusqu'à sa porte. Son regard me méprise dès il me remarque.
Moi qui souhaitais attendre quelques minutes, c'est loupé !
– Qu'est-ce que tu fous là ? Tonne le beau brun musclé d'un ton acerbe.
– Je suis là pour qu'on discute.
Il s'apprête à me claquer la porte au nez, mais je l'en empêche. Je me précipite à l'intérieur à une vitesse inespérée.
– Je suis désolée, j'aurais dû te faire confiance. Je croyais que Nathan n'était pas capable de mentir ou de manipuler.
Il ne me calcule pas le moins du monde, se sert un verre d'eau, agissant comme s'il était seul. Je me plante face à lui l'obligeant à me regarder. Il me toise, s'attarde sur ma main, puis me crache :
– Tu ne portes pas ta bague de fiançailles ?
– Tu sais très bien que cette bague n'a aucun intérêt ! Je t'ai expliqué comment cela s'est passé, il n'y a jamais eu de demande en mariage...
– Bref, qu'est-ce qui te vaut cette prise de conscience ?
– Je suis allé le voir et...
– Attends, quoi ? Comment ça, tu es allé le voir, c'est quoi ce bordel ? aboie-t-il.
– Quand tu es parti, je n'ai pas réfléchi. J'étais tellement en colère, j'avais besoin de m'en prendre à lui. Je lui ai rendu sa bague et nous nous sommes disputés.
– Ne t'avise pas de me mentir, souligne-t-il.
– Je te dis la vérité ! J'ai compris en discutant avec lui que tu avais raison. Je m'en veux Hugo. Tu comptes beaucoup pour moi. Je n'ai pas envie que tout cela mette un froid entre nous.
– Depuis combien de temps es-tu là ?
– Je suis ici depuis 11H00. Je me suis stationné plus loin. Je n'avais aucune idée de ton humeur, et je ne souhaitais pas que tu changes de direction en remarquant ma voiture.
Le regard qu'il pose sur moi est sinistre. Comme s'il appartenait à quelqu'un d'autre. C'est impressionnant, presque terrifiant. Cependant je ne baisse pas les yeux.
– Rentre chez toi Torne.
– Non, je...
– Je t'ai dit de t'en aller ! Tu n'as aucune idée de ce dont je suis capable quand je suis dans cet état.
– Si je le sais ! Mais je n'ai pas l'intention de te lâcher. Alors, agis comme tu veux, fais ce qui te semble suffisant pour te soulager.
– Tu es cinglée ma parole, je ne me contrôle pas dans ces cas-là !
– Si c'est tout ce que tu es capable de me donner aujourd'hui, je le prends. Je n'ai pas passé huit heures dans une voiture pour baisser les bras maintenant.
– Tu es sûre de toi ?
– Certaine
– Va dans ma chambre et déshabille-toi, poursuit-il.
Je grimpe les marches une à une. Alors que j'étais sûre de moi, il y a de cela quelques secondes, je sens le stress m'envahir. J'ai déjà pu entrevoir ce côté sombre qui lui appartient. Je ne l'ai pas supporté, je me suis sentie humiliée. Aujourd'hui je lui demande de se servir de moi. Je ne supporterais pas qu'il ait besoin de Jenna pour se soulager. Alors si cette façon tordue de fonctionner fait partie du lot, je finirai bien par m'y habituer. Je me dénude et m'assieds sur le lit, attendant son arrivée. Son regard est celui d'un prédateur, il n'a rien de l'homme que j'aime.
– À genoux ! ordonne-t-il.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il me demande cela. Je ne suis pas prête pour ce cap. C'est quelque chose que je n'aime pas particulièrement, j'ai mis des mois avant d'en arriver là avec Nathan.
– Tout de suite Torne ! tonne-t-il en me dévisageant.
– Tu sais très bien que...
– Tu as dit tout ! Je crève d'envie de me glisser entre ces lèvres-là.
Effectivement, c'est ce que j'ai dit. Je m'attendais pourtant à un tout autre comportement de sa part. Sauf que je prends actuellement conscience qu'il n'a pas uniquement besoin de se déchaîner sur moi. M'humilier fait aussi parti du jeu. Je n'ai qu'une envie, c'est de me relever et lui flanquer une bonne droite. Mais je m'en empêche, je souhaite le comprendre, savoir d'où provient ce besoin de domination, connaître ses limites, si toutefois il en a.
Je pose un premier genou au sol, puis le second. Mon regard le supplie de ne pas continuer. Mais au moment où mon mal-être est apparent, un sourire machiavélique se dessine sur sa figure.
– Prends-le en bouche, insiste-t-il.
Je reste de marbre, il lâche un soupir, excédé. Prends mon visage dans ses paumes et avance son membre contre mes lèvres
Je fais ce qu'il attend, même si je ne suis pas une adepte de la fellation, mais j'aime cet homme. Je m'applique et fais des va et viens le long de sa verge. Ça ne lui suffit pas, il a besoin que je sois moins douce. Ce qu'il veut en ce moment ce n'est pas de l'amour, ce n'est que du sexe. Celui où les limites ne sont plus, ou je deviens sa chose, où il obtient le rôle du maître. Il est brutal, ingrat, hostile. Il ne pense pas une seconde à moi et se déchaîne au point de me faire tousser à plusieurs reprises. Cela semble l'exciter. Il maintient ma tête de façon à pouvoir envahir ma gorge. Au moment où je n'en peux plus, où je ressens l'envie de vomir, je me retire brusquement. Mais il se fiche de savoir ce que je ressens. Il me soulève sans ménagement me jette sur le lit, puis porte mes jambes sur ses épaules et me pénètre d'un coup sec. Je veux qu'il retrouve sa douceur. Cherchant à le ramener à la raison, je tends les mains pour caresser son torse, mais il m'en empêche.
– Ne me touche pas ! proteste-t-il.
Une lueur cruelle plane dans son regard, sa main serre mon poignet douloureusement. Il en vient à me faire peur, je ne le reconnais plus. Le masque qu'il vient de laisser tomber me terrifie. Ses coups de reins sont vifs, sans retenue. De sa main libre, il agrippe mon sein, le cinglant au passage.
– Hugo arrête, dis-je d'une voix suppliante.
– Tu es comme elles ! Tu ne vaux pas mieux que toutes ces salopes !
Il me lâche et empoigne mes hanches, ses doigts se resserrent sur ma peau. Je sens les larmes me monter aux yeux, toucher par ses propos. Je veux que cela cesse.
– Je te croyais différente, mais toi aussi tu m'as déçu et je te hais ! Si tu savais à quel point je te déteste ! J'ai cru en toi et tu n'es rien d'autre qu'une traînée semblable à toutes celles que je baise depuis toujours.
Je ne peux retenir le sanglot qui me brûle la poitrine. Mon regard est vide, mille et une questions me traversent l'esprit. Ses mouvements sont de plus en plus abrupts. Sa main claque sur mes fesses à plusieurs reprises. Je lui murmure d'y aller doucement, parce que même s'il ne le souhaite pas, il me fait mal. J'ai envie de me relever, mais je n'y parviens pas. Choquée par ce qu'il assène, lorsqu'il me répète encore en encore que je ne suis rien pour lui, qu'il me méprise. Ce n'est qu'après avoir éjaculé qu'il retrouve son regard habituel. Il se décompose en réalisant que je pleure.
– Torne...
Je le repousse, me recroqueville et sanglote davantage.
– Qu'est-ce que j'ai fait ? s'affole-t-il.
– Tu es complètement malade ! hurlé-je en le repoussant.
– Je suis désolé, je t'avais prévenue.
Je me relève, cherche mes vêtements, mais il me retient. Me forçant à lui faire face.
– S'il te plaît, ne pars pas. Je te demande pardon Mina je... je tiens à toi, je ne veux pas te perdre.
– Tu m'as traité de salope ! Tu m'as craché au visage que j'étais comme toutes les autres. Et maintenant tu m'implores de rester... qu'est-ce qui cloche chez toi ? crié-je
– Je ne pense pas un mot de tout cela, tu comptes pour moi. Quand je suis dans cet état-là, c'est comme si je devenais quelqu'un d'autre. Je t'expliquerai les raisons de tout ceci, mais je ne suis pas prêt à le faire maintenant. C'est difficile pour moi aussi. Je n'accepte pas cette facette de ma personnalité. Tu as dit que tu me voulais tout entier, alors je ne me cache pas de toi...
Ses aveux me calment, me permettant de réaliser que sa souffrance est bien au-delà de ce que j'imagine. Je lui caresse le visage en douceur, avec hésitation. Mais sa main me guide, révoquant toute incertitude.
– Est-ce que je te fais peur ? murmure-t-il.
– Est-ce que je devrais avoir peur de toi ?
– Non, non pas tout, je ne recommencerai plus. Jamais je ne te ferai de mal intentionnellement.
– Alors pourquoi tu agis comme cela quand tu es dans cet état ?
– Je crois que j'ai besoin de punir, je ne pourrai pas te l'expliquer, ça me dépasse.
– Pourquoi de cette façon ?
– Parce que c'est la seule que je connaisse, avoue-t-il.
– Hugo... soufflé-je, en imaginant le pire.
– Dis-moi que tu restes avec moi... supplie-t-il.
– Je reste, affirmé-je
– Promis ?
– Promis !
Il se laisse glisser au sol, la tête contre le mur. Je m'assieds à ses côtés, dépose mon menton sur son épaule.
– Je suis désolé de te faire souffrir, je voudrais tellement être capable de te rendre heureuse...
– Rien ne me rend plus malheureuse que de me retrouver sans toi... on surmontera ces épreuves.
Il est évident que nous sommes toxiques l'un pour l'autre. Mais comment gérer tant de noirceur quand il nous est impossible de vivre l'un sans l'autre ?
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Transparent Lies (nouvelle version)
RomanceBonjour et bienvenues sur la nouvelle version de Transparent Lies. Pour celles qui découvrent l'histoire, notez qu'elle est destinée à un public adulte ! Certaines scènes à caractère érotique sont très explicites. Bonne lecture. Résumé : Mina et H...
