Mina
Quel bonheur d'ouvrir les paupières lorsque celui qu'on aime se trouve à nos côtés. Je souris en caressant son doux visage. L'ombre qui berçait mes nuits ses derniers jours s'est enfuis dès l'instant où Hugo a pris place auprès de moi. Les rideaux n'ont pas été fermés hier soir, le soleil tapisse les murs, baignant la chambre d'un vif éclat. Pourtant, je ne vois plus que lui, mon soleil.
Je caresse son visage avec douceur, observant chaque trait. Un sourire apparaît lorsque je dépose un baiser sur sa joue. Il se retourne, m'attrapant au passage. Je me retrouve sous son poids à étudier chaque parcelle de sa peau, humant son parfum.
– Bonjour petite coyote, dit-il dans un sourire, en relevant la tête pour me regarder.
– Bonjour toi.
Les souvenirs de cette soirée me parviennent par épisodes, je ris en y repensant.
– Je suis contente que tu sois là
– Une chance que tu étais bourrée, tu ne m'aurais peut-être pas appelé dans le cas contraire.
– Je n'osais pas, je ne savais pas quoi te dire, ni comment tu l'aurais pris, avoué-je.
– Je n'attendais que ça ! affirme-t-il.
– Ce qui explique que tu sois venu si rapidement.
– Je n'étais pas loin. J'avais rendez-vous avec mon frère, marmonne-t-il en se redressant.
– Oh... comment ça s'est passé ?
– Relativement bien.
Je me redresse, pose mon visage sur son épaule, ma main droite caressant son dos.
– J'imagine qu'il t'a parlé de ta mère.
– Oui, évidemment.
– Tu sais ce qu'elle te veut ? bredouillé-je, appréhendant sa réaction.
– Non, Théo n'est au courant de rien. Elle se passera bien de le lui avouer, ricane-t-il.
– Comment peut-il ne pas savoir ?
– Quand j'étais petit, je cachais mon frère dans le grenier. Je lui apportais de quoi jouer et je lui disais que c'était notre vaisseau spatial, qu'en montant là-haut, on était plus près des étoiles.
J'embrasse son dos, passe mes mains autour de lui et le serre dans mes bras. Touchée par cette révélation, blessée pour l'enfant qu'il était.
– Près des étoiles, on ne distingue pas le malheur qui existe ici-bas, reprend-il.
– Est-ce que ton frère aussi a reçu des coups ? demandé-je d'une voix tremblante.
– Non, il ne s'en est pas pris à lui, mon frère n'a jamais vraiment été conscient de tout cela. Quand je sentais que ma mère allait se faire frapper ou qu'elle allait revenir avec d'autres connards, je lui jouais de la guitare, ça l'amusait. La musique masquait les cris. Je me souviens de cette gratte-là, mon oncle James me l'avait offerte pour Noël, j'avais huit ans, c'est de là qu'est née ma passion.
Je me déplace et m'installe à califourchon sur ses genoux. Il sourit faiblement en me regardant, replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et m'embrasse le bout du nez en douceur.
– Tu es la seule à savoir tout ça, je n'ai jamais autorisé personne à voir plus loin que ce que je voulais laisser paraître.
– Embrasse-moi...
La douceur de ses lèvres enivre mon cœur, mes émotions ont pris le dessus sur tout le reste. Je ne contrôle pas les larmes qui mouillent mes joues. Pas plus que les battements de mon cœur, de l'intensité avec laquelle je lui retourne son baiser. Je suis si heureuse de le retrouver, j'ai tellement besoin du contact de sa chair, de le regarder, l'embrasser, l'écouter.
Je le pousse à s'allonger, rendant notre échange plus langoureux. Il se crispe à l'instant où ma main atteint son caleçon.
– Torne, souffle-t-il d'une voix étranglée.
Il ralentit la cadence, ses gestes sont d'une retenue qui me frustre. Je l'implore du regard en posant sa main sur mon sein, dans l'attente de ses caresses.
– Tu es sûre de toi ?
– J'ai besoin d'être tout à toi, ne réprime pas ce qui se passe entre nous.
Il me repousse, et se redresse en m'entraînant avec lui. Je me tiens debout au pied du lit. L'océan de ses yeux m'explore tout entière après qu'il ait enlevé la totalité de mes vêtements. Il enfouit son visage dans mon cou, le choie. Épouse à nouveau mes lèvres, caresse ma langue avec fougue. Ses mains me frôlent, m'empoignent, me vénèrent.
Sa bouche se fraye un chemin de ma gorge, jusqu'à mon nombril. Il se tient à genoux devant moi, effleurant mes reins. J'empoigne ses cheveux, le souffle court. D'un geste doux, il soulève une de mes cuisses qu'il dépose sur son épaule. Exposant à sa vue mes lèvres gorgées de désir. À cet l'instant, un frisson me traverse. Je suis incapable de prononcer le moindre mot, le moindre son. Lorsqu'enfin il me goûte, je lâche un râle de plaisir, empoignant ses cheveux. L'effleurement de ses caresses, l'invasion de ses doigts, la chaleur de ses paumes qui me maintiennent prisonnière du moindre mouvement. Je gronde, halète. Le suppliant d'arrêter, puis de continuer. Il se relève, me pousse sur le lit.
– Tu es tellement belle, chuchote-t-il d'une voix à peine audible.
– Je veux te sentir entièrement, murmuré-je
– Tu es certaine ?
– Nous avons déjà fait l'amour sans préservatif. Je te fais confiance.
Il se débarrasse du bas de ses vêtements, prends place au-dessus de moi et m'embrasse de plus belle. De sa main droite il caresse mon entrejambe.
– Tu es déjà trempée pour moi, prête à m'accueillir, ronronne-t-il.
Je n'en peux plus de cette attente et me tortille. Le poussant à venir en moi, rapprochant mon bassin. Je gémis sous ses doigts, le supplie de m'envahir. Impatiente, je caresse son membre et le guide vers mon intimité. Un gémissement quitte ses lèvres lorsqu'il me pénètre. Nos mouvements sont rythmés, dynamiques. Je m'accroche à lui comme s'il était mon ancre. Ses mains attrapent les miennes, clouant ainsi mes mouvements. Je me déchaîne en remuant mon bassin avec plus d'intensité. Mes cris m'échappent, je mords le lobe de son oreille, il se redresse et me retourne. Je me cambre pour l'accueillir pleinement. Sa main empoigne mes cheveux, il me force à me redresser jusqu'à pouvoir me murmurer des mots salaces.
– J'aime quand tu te lâches comme ça, s'extasie-t-il
Il se déchaîne, ses mouvements sont rapides, vifs. Ses mains agrippent mes fesses, m'incitent à bouger plus rapidement. Ma tête tourne, mes forces me quittent. Je suis comme une poupée de chiffon entre ses mains. Des frissons me percutent, mes jambes tremblantes lâchent prise. Je me retrouve à plat ventre sous son corps, qui continue à me marteler. Je suis à deux doigts de m'évanouir lorsqu'à son tour la jouissance le transperce. Il se déplace à côté de moi, posant sa tête sur mon épaule. Nos respirations sont saccadées, nos cœurs battent de façons désordonnées. Je ne sais pas si c'est la beauté du moment ou le manque qu'il a laissé ces derniers jours. Ou tout simplement, mon cœur qui s'est écrié un peu trop fort, mais j'ai perdu le contrôle de mes pensées et de mes mots.
– Je t'aime, haleté-je en embrassant son crâne.
Il se redresse et me fixe silencieusement. Je lis de l'étonnement dans ses yeux, de la douceur et aussi de la tendresse. Il ne répond pas. Je n'ai pas besoin qu'il le fasse. Son comportement, ses confidences, sa retenue me prouvent qu'il m'aime à sa manière.
Sous la douche nous retrouvons notre complicité du début. Nous rions à des blagues futiles, échangeons quelques massages tout en nous bécotant comme deux adolescents.
– Je t'invite au restaurant ce soir. Ça te tente ? lance-t-il lorsque nous quittons la salle de bain.
– Avec plaisir.
– Cool, glousse-t-il en m'embrassant tendrement.
Lorsque nous sommes habillés, Hugo se prépare à partir, il travaille aujourd'hui, et me propose de passer me prendre à 20H00 ce que je trouve parfait.
La sonnette retentit avant qu'il ne quitte l'appartement. Je réponds en priant intérieurement que ce ne soit pas une nouvelle catastrophe.
– Oui ?
– Chérie, c'est moi !
– Ronan, monte ! réponds-je enjouée.
Hugo me fait face, son visage a retrouvé son amertume habituelle.
– Tu m'expliques ! grogne-t-il.
– C'est Ronan, mon meilleur ami, il est cool. Me contenté-je de répondre.
– Tu trouves ça normal, ce surnom que je viens d'entendre ?
– Oui, il est gay. Je pourrais me retrouver nue dans la même pièce que lui. Il ne me verrait pas.
– Mais tu ne vas pas le faire, n'est-ce pas ? grommelle Hugo.
Ronan ouvre la porte à cet instant.
– Seigneur non ! Ce n'est pas parce que je bouffe du gourdin que je peux supporter la moule à tout va, pouffe-t-il.
Au moment où il la referme, il enlève ses lunettes de soleil et regarde mon apollon de haut en bas.
– Voyez-vous ça, quelle belle petite panthère, ajoute-t-il.
J'éclate de rire. Hugo me lance un regard désapprobateur, mais je me fiche de savoir si cela lui plait ou non. Mon ami est dingue, déraisonnable, excentrique à souhait et je l'aime comme ça.
– J'y vais, finit-il par dire. Sois prête pour 20H00.
Il m'embrasse délicatement, je lui lance un regard d'avertissement. Il est hors de question qu'il se comporte comme un goujat avec les personnes que j'aime. Il tend la main à Ronan, le salue poliment et quitte l'appartement en claquant la porte.
Celui-ci se retourne sur moi, la bouche grande ouverte, agitant les mains devant son visage pour chasser les chaleurs soudaines que mon cher et tendre lui procurent.
– Je comprends mieux pourquoi tu ne donnes plus aucun signe de vie, glousse-t-il.
– Je suis allée chez Daphnée pendant quelques jours. Nous avons eu besoin de recul.
– Du recul ? Chérie quelle mouche t'a piqué ? Avec un mec pareil, on passe sa vie au pieu. On le suce, on le pelote, on se fait ramoner sans arrêt. Mais on ne prend pas de recul !
– Tu exagères, ce n'est pas parce qu'il est beau qu'il est facile à vivre.
– Je suis persuadé que ça doit être terrifiant de se faire malmener par ce genre de mâle aguerri, ironise-t-il.
Je lui flanque une tape sur l'épaule et nous prenons place à table. Il me fait découvrir les dernières photos qu'il a reçues. Passionné par le maquillage, il excelle dans ce domaine à un point tel que j'ai du mal à réaliser que le responsable de ces makeup se trouve être mon ami.
– Alors, raconte-moi tout, lance-t-il en refermant l'album.
Je lui fais un résumé de ce qui s'est passé récemment, omettant volontairement la raison de mon éloignement vis-à-vis de Hugo. Il m'écoute passionnément émet des oooooh et des aaaaah au fil de la discussion.
– J'ai bien l'impression que tu lui as mis le grappin dessus. Je serais prêt à me damner pour qu'un sauvage aussi charmant me secoue la rondelle.
– Tu n'es pas venu jusqu'ici pour parler de moi. Dis-moi ce qui t'amènes ? clamé-je.
– Tu as raison. Devine qui est retenu pour maquiller les candidats de l'émission danse avec les stars, fanfaronne-t-il
– Oh mon Dieu, c'est tellement génial ! m'exclamé-je. Je suis fière de toi mon lapin.
– J'ai hâte de commencer l'aventure.
– Je n'en doute pas, ça doit être excitant.
– Clairement ! au fait, que comptes-tu porter ce soir ?
– Eh bien, je ne sais pas encore à vrai dire.
– Où t'emmène-t-il ? s'enquit mon ami.
– Ça aussi c'est un mystère, avoué-je.
– Et, bien entendu, il ne t'est pas venu à l'idée de lui poser la question...
– Oui, pas faux.
J'envoie un SMS au principal intéressé qui me certifie qu'une simple robe fera l'affaire. Tout en précisant qu'il se chargerait du dessert. Le rouge me monte aux joues, ce qui n'échappe pas à Ronan.
– Alors ? s'impatiente celui-ci.
– Il a dit qu'une simple robe ferait l'affaire.
– Et pourquoi es-tu devenue aussi rouge qu'une pivoine ? insiste-t-il, sourire aux lèvres.
– Il se charge du dessert.
– Bonté divine, il faut vraiment que je baise !
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Transparent Lies (nouvelle version)
RomantikBonjour et bienvenues sur la nouvelle version de Transparent Lies. Pour celles qui découvrent l'histoire, notez qu'elle est destinée à un public adulte ! Certaines scènes à caractère érotique sont très explicites. Bonne lecture. Résumé : Mina et H...
