Mina
Jeudi 20h30
Assis à la table de mon appartement, Ronan et moi mangeons des nachos.
Je les ai préparés moi-même et je dois reconnaître qu'ils sont plutôt réussis.
– Alors, cette expérience polygame ? lancé-je
– Figure-toi que je m'y plais à l'essayer, répond celui-ci en souriant.
– Ah oui ?
– Ça donne, d'autres perspectives... insiste-t-il.
– OK, me contenté-je de répondre.
– Si tu savais... reprend mon ami.
– Je ne veux pas savoir, affirmé-je.
– C'est bon, tu as gagné, je ne te raconterai pas les exploits qui font de moi une petite salope, grommelle-t-il en adoptant une attitude faussement vexée.
– Je t'en remercie ! Est-ce que John est toujours sur le coup ?
– Hier soir, il était dedans !
Je ris à gorge déployée au jeu de mots de Ronan.
***
Seule dans mon canapé, après avoir pris ma douche, je zappe les chaines du téléviseur sans savoir quoi regarder. Les images défilent sous mes yeux. Lorsque je finis par tomber sur une chanson de John Legend « love me now », je ne peux m'empêcher de penser à Hugo... Je me rappelle nos premiers moments, je tente de me remémorer le son de sa voix, son sourire. Il me manque encore souvent, même si, je m'interdis de l'évoquer. Une plaie a pris place dans ma poitrine depuis qu'il ne partage plus ma vie. Sans trop réfléchir, je compose un message sur mon téléphone et lui envoie.
[Bonsoir Hugo, j'espère que tout va bien de ton côté. Je pensais à toi et j'avais envie de te le faire savoir, ça ne sert peut-être plus à rien de te dire ce que je ressens à l'heure qu'il est, mais sache que tu me manques. Prends soin de toi...]
Je me suis retenue tant de fois. Seulement, ce soir j'avais envie de le lui dire. C'est inutile et je le sais très bien, mais peu importe, le cœur à ses raisons que la raison ignore, c'est bien connu.
Je reporte mon attention sur la télévision et rapidement mon cellulaire vibre. Je m'empresse d'ouvrir le message, les mains tremblantes. Mon cœur marque un temps d'arrêt en voyant son prénom.
[Content d'avoir de tes nouvelles Torne ! Moi ça va, fais attention à toi. Je t'embrasse.]
Il a répondu...
Je n'en reviens pas qu'il ait pris la peine de me répondre, pas plus que de sa rapidité. Je perds toute notion de bon sens, compose son numéro et attends avec impatience qu'il décroche. Mon ventre se tord sous l'effet du stress. Il ne répond pas, j'insiste, bien décidée à lui parler. C'est immature et peut-être même ridicule, mais je ne contrôle pas l'euphorie qui m'anime à cet instant.
– Allô ?
La voix d'une femme résonne à mon oreille.
– Allô ? relève-t-elle.
C'est donc pour cette raison qu'il est parti, il voit quelqu'un d'autre...
Sous le choc je laisse échapper mon téléphone et me concentre pour retenir mes larmes.
Va te faire foutre Hugo Martinez, je ne pleurerai plus pour toi !
Après avoir répété cette phrase dans ma tête une bonne centaine de fois, le vibreur attire à nouveau mon attention. C'est lui ou peut-être elle... je me tâte à regarder. Après tout, j'ai beau me promettre que je ne chialerai pas, ça fait mal ! J'ouvre le SMS, curieuse de connaître son contenu.
[Désolé, ce n'est pas vraiment le bon timing. Bonne soirée.]
Tu parles ! Tu es trop occupé à faire le chaud lapin avec des cougars. Espèce de connard !
Je suis à deux doigts d'éclater en sanglots, mais il n'en est pas question. Je refuse de souffrir à nouveau pour lui, il n'en vaut pas la peine. Plutôt que de m'apitoyer sur mon sort, j'appelle Ronan qui répond rapidement.
– Hello chérie.
– Ronan... balbutié-je en retenant mes larmes.
– Mon cœur ? Que se passe-t-il ?
Mon ami me connaît. Il sait deviner quand je vais bien et quand je suis sur le point de craquer. Je n'ai pas besoin de faire semblant avec lui, il détecte tout de moi.
– Il a quelqu'un, finis-je par lâcher sans être capable de garder les yeux secs.
– De qui tu parles ? insiste-t-il.
– Je te parle d'Hugo...
– Encore celui-là, grogne-t-il. Comment as-tu appris ça ?
– Elle a décroché... elle est plus âgée, je crois. Il s'est bien foutu de moi, bafouillé-je, à deux doigts de craquer.
– Ooooh ma chérie... je ne suis plus sur Paris. Demain, tu viens avec moi, je t'emmène à une soirée make-up. Quand les mannequins seront prêtes, je te pomponnerai. Tu seras éblouissante ! Je posterai des photos de toi sur les réseaux sociaux. Ce gros furoncle verra ce qu'il a laissé pour aller à la pêche aux vieilles moules.
– Je ne suis pas sûre d'avoir envie de tout ça
– Chérie, ce n'était pas une suggestion ! Appelle Théo ce soir, ne reste pas seule.
– Ça va, ne t'inquiète pas.
– Bien sûr que je me fais du souci, affirme-t-il. Et un conseil ma douce ; évite de le rappeler si tu ne peux pas te prendre un coup de pied au cul lorsque je reviens.
– Ça ne risque pas, grommelé-je.
– Je t'aime ma biche.
– Moi aussi mon lapin.
Je raccroche et monte m'affaler sur le lit sans avoir l'intention de dormir. Je rumine un moment, songeant malgré moi au passé. Ça me semble déjà si loin tout ça... le temps file comme le sable qui vous glisse entre les doigts, impossibles à retenir.
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Transparent Lies (nouvelle version)
RomanceBonjour et bienvenues sur la nouvelle version de Transparent Lies. Pour celles qui découvrent l'histoire, notez qu'elle est destinée à un public adulte ! Certaines scènes à caractère érotique sont très explicites. Bonne lecture. Résumé : Mina et H...
