Chapitre 3

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Mina

Nathan et moi avons passé le week-end ensemble. Un week-end sans surprise devant la télévision ! Notre séjour pour Rome est réservé et je commence à me demander si je fais bien de partir. Je ne veux pas que mon histoire prenne fin, c'est un gars gentil avec d'immenses qualités. Seulement, comment être entière quand celui qui partage votre vie n'est plus le centre de votre monde ? Je n'ai jamais cru aux coups de foudres, pourtant j'ai la sensation que ça m'est tombée dessus... Forcément il fallait que ce soit pour un autre mec que le mien !

***

– Quelle nuit de merde j'ai passé ! Je n'en pouvais plus de simuler. s'esclaffe Daphnée.
– Rooooh la vilaine. pouffé-je
– Encore une chance que ce n'était pas du sérieux. Mais tu connais les règles, dégage-le avant qu'il ne te dégage.
– Il n'y a aucune règle à ces jeux-là Daphnée. marmonné-je.
– Mina, si tu quittais ton monde de bisounours avec monsieur flemmard. Tu réaliserais que les gars sont de beaux enfoirés ! Ils te courtisent, te fourrent comme une dinde et quand ils sont lassés te jettent. Alors, moi, je prends les devants et je les vire avant de me faire virer.
– Et si tu loupais une belle histoire ? insisté-je.
– Mais oui, et la marmotte met le chocolat dans le papier alu, bien sûr !
La cliente qui entre dans le magasin attire mon attention. Je reconnais ce visage, c'est elle qui était chez Hugo et qui m'a ouvert la porte. Je la scrute, la silhouette parfaite que laisse deviner ses vêtements me donne matière à la jalouser. Ça et aussi l'idée qu'elle le fréquente !
– Tu deviens lesbienne ou quoi ? Depuis quand tu mates les nanas ? demande mon amie.
– La ferme, conclus-je pour éviter d'avoir à me justifier.
Lorsque qu'elle passe à la caisse, elle m'adresse un sourire narquois.
– Vous êtes l'élève de monsieur Martinez ? lance-t-elle. Il me semble vous avoir déjà vue.
– En effet, réponds-je la mâchoire serrée.
Monsieur Martinez... Je l'appelle Hugo, mégère !
A l'instant où elle quitte la boutique Daphnée se retourne sur moi, friande de révélations.
– Tiens, donc, tu ne m'as toujours pas parlé de "M. Martinez ".
En effet Daphnée, je tiens à garder pour moi à quel point ce gars me met dans des états impossibles.
– Il n'y a pas grand chose à dire, c'est un bon prof.
– Il est comment ?
– Plutôt quelconque, insisté-je.
Je lis la déception dans son regard.
– Pas de quoi en faire un fromage, je comprends. J'ai hâte de voir à quoi ressemble Liam.
– Tu verras ça ce soir.

***

L'heure de mon cours arrive rapidement. Je sonne à la porte, l'estomac noué. Il est encore plus beau que dans mes souvenirs. Le regard qui s'abat sur moi est froid, rancunier. Il ne m'adresse aucun mot. Je le suis dans son bureau sans broncher.
– Ferme la porte, grogne-t-il.
Je m'exécute en silence. Ses yeux me dévisagent, je ne sais pas quoi dire, la situation me mets mal à l'aise.
– Je te remercie pour l'autre soir, finis-je par formuler.
– Tu ne me dois rien, prends la guitare et assieds-toi ! ordonne-t-il.
Ce que j'effectue, toutefois il m'est impossible de rester concentrée, j'ai bien conscience que je ne respecte rien de ses instructions.
– STOP ! Qu'est-ce que tu fous ? hurle-t-il.
Il est en colère et mon jeu de guitare aux caresses loupées n'en est pas la cause. Il est indéniable qu'une tension plane entre nous.
– Je suis désolée, balbutié-je.
– Reste concentrée, on est là pour travailler !
C'en est trop. Qu'il soit en colère c'est une chose, mais qu'il me traite de cette manière, je ne l'accepte pas ! Je dépose la guitare au sol et me lève subitement pour lui faire face.
– C'est quoi ton problème ? Je suis loin d'être une pro et tu le sais très bien, mais vu le prix que je donne pour tes cours, je pense avoir le droit à l'erreur ! pesté-je.
Ses yeux s'equarquillent, il était loin d'imaginer que je m'adresse à lui de cette façon.
Merde à la fin !
– Du calme Torne ! Si tu venais plus régulièrement, tu ne jouerais pas comme une quiche.
Voilà de quoi me clouer le clapet.
– Ça ne te donne pas le droit d'être désagréable, lancé-je.
Je reprends ma place en tâchant de respecter ses consignes.
Son regard pèse sur moi, je le ressens dans mon dos. Cette tension qui plane entre nous me met mal à l'aise, je tente de l'atténuer un peu.
– Je te remercie pour l'autre soir, dis-je à nouveau. Si tu n'étais pas arrivé je ne sais pas comment ça se serait finit.
Parle-moi... j'en ai envie, ou besoin plutôt. Moi-même je suis incapable de comprendre ce qu'il me fait ressentir.
– De rien, bredouille-t-il. Alors qu'il continue à me regarder avec insistance.
Je le fixe à mon tour et parviens à déceler la lueur de désir qui brille dans ses yeux.
– J'aurais pu te faire un message le lendemain, mais je voulais te remercier de vive voix, ajouté-je.
– Si c'est la raison de ton silence, tu m'en vois ravi ! lance Hugo avec ironie.
Il se rapproche un peu plus de moi un pas après l'autre, l'azur de ses iris me contemple, comme personne ne l'a jamais fait auparavant. J'en perds mon souffle, je sens mon coeur s'accélérer. Sans me laisser le choix ses lèvres recouvrent les miennes. J'ai la sensation que mes jambes sont à deux doigts de flancher. Ce baiser est aussi doux que féroce, ses doigts caressent mon visage. Mes pensées se confondent je n'ai qu'un besoin ; l'enlacer. Mes hanches se retrouvent prisonnières de ses bras, il me pousse à reculer et me pose sur son bureau, faisant basculer au passage ce qui s'y trouve.
– Doucement... haleté-je.
– Tu ne peux pas savoir comme j'ai envie de toi ! Tu m'obsèdes depuis le jour où tu es entrée dans cette pièce.
Ses lèvres parcourent mon cou, une partie de moi essaye tant bien que mal de me résonner, je ne lui accorde aucune attention.
Alors que nous sommes tout deux déconnectés de la réalité, quelqu'un frappe à la porte de son bureau. Je le repousse instantanément en sautant du meuble. Cette interruption inattendue me ramène sur terre et voilà que je me sens ignoble.
Nathan, ne mérite pas ça, qu'est-ce que je suis en train de faire bon sang ?
– Je travaille, qu'est-ce qu'il y a ? gronde Hugo.
– Excuse-moi, je te parlerai après.
Il est sérieux ? Je reconnais la voix de cette fille. Sa copine est dans la pièce d'à côté et moi je... putain !
– Sérieusement ? grogné-je.
– Je n'ai rien prémédité, tu m'attires Torne, ça me dépasse, susurre-il.
– Ce qui me dépasse moi c'est que ta copine est dans l'autre pièce pendant que tu es à deux doigts de me déshabiller.
– Je te jure que...
– Je ne veux pas le savoir, tu n'es qu'un enfoiré !
– Attends, lance-t-il en m'attrapant la main, tu seras là mercredi ?
– Bonne soirée Hugo !
J'ouvre la porte énergiquement, de façon à démontrer ma colère. Je rejoins ma voiture sans me retourner. Lorsque je suis à l'intérieur je me mets à hurler en frappant sur le volant.
Pauvre conne ! A quoi tu joues ? Ce mec est un serial baiseur et toi comme une brave petite idiote, tu te liquéfies devant lui. Arrête d'être aussi naïve, réveille-toi bon sang !

Transparent Lies  (nouvelle version)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant