Chapitre 4

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Mina

La nuit est plutôt courte. Je n'ai pas cessé de me réveiller. J'allume et éteins mon téléphone un nombre incalculable de fois.
Mon réveil affiche 05H56. Nathan dort encore à poings fermés. Il faut que je sorte du lit, j'ai besoin d'une douche.
L'eau chaude sur ma peau me fait du bien. Je me masse les cheveux, inspirant l'odeur du shampoing, me forçant à me concentrer sur autre chose. Je me mets à penser à Rome... nous partons dans trois jours et je n'ai aucune envie d'y aller. Nathan a déjà tout pris en charge, c'est mon cadeau d'anniversaire. Je ne peux pas lui faire ce coup-là et je me demande si l'accompagner n'est pas plus cruel encore.
Une fois habillée je me sers un café. La boisson chaude apaise ma gorge nouée. Je m'accorde une pause pour réfléchir à la situation.
Que dirait Ronan à ma place ? J'entends sa voix résonner « amuse-toi, tu es jeune, belle et sexy, envoie-toi en l'air ». Mauvaise idée, oublie ! Ne pense absolument pas comme lui.
Des bruits de pas me sortent de mes réflexions. Nathan est levé. Il s'avance vers moi en traînant des pieds, les yeux encore engourdis de sommeil. Il dépose un baiser sur mon front et se sert un café.
– Tu es matinale, tu as passé une bonne nuit ? s'enquiert-il.
– Plutôt bonne, mens-je. Et toi ?
– Comme un bébé ! affirme-t-il. Le resto était très sympa hier soir, on y retournera je pense.
– Oui, c'était chouette.
– Tu as été aux toilettes ? demande-t-il
– Pardon ? balbutié-je en arquant un sourcil.
– Ta constipation...
Ah mais oui, quelle cruche !
– Ah... oui, t'inquiètes pas ça va mieux.
– Tu as eu des nouvelles de Daphnée ?
– Non pas de nouvelle.
– Tu ne crois pas que c'est bon signe ? quémande mon compagnon.
– Bon signe ? mentionné-je, lui laissant entendre que je n'ai pas compris le sens de sa question.
– Je me demande si elle et Liam ont terminé la soirée ensemble.
– Je ne sais pas.
Tiens, je n'y ai même pas pensé.
Habituellement j'aurai harcelé Daphnée pour qu'elle me raconte tout dans les moindres details. Nathan se place derrière moi et me masse les épaules.
– Tu as l'air tendue, affirme-t-il.
– Non, tout va bien.
– Je te connais, je sais ce qui te tracasse mais ne t'inquiète pas, tout va bien aller.
Comment ça il sait ? Il sait quoi exactement ? La panique prend possession de moi, je la ressens se propager désagréablement dans tout mon corps.
Du calme, ce n'est peut-être pas ce que tu crois.
– Il n'y a que deux heures d'avion, ça passera très vite, me taquine-t-il.
Je me retiens de pousser un soupir de soulagement. Toujours est-il que Nathan à remarqué qu'il y avait un changement. J'ai envie de tout lui dire, mais je sais que je le perdrai s'il finit par apprendre tout ce qui se trame derrière son dos. Aussi égoïste que soit cet acte, je suis terrifiée à l'idée d'imaginer ma vie sans lui.
– Je sais que le vol n'est pas long, mais c'est déjà de trop ! rétorqué-je.

***

Le mois de mai fait son apparition, le soleil s'est levé pour l'occasion. Il fait doux dans les rues parisiennes. Me dirigeant vers la boutique, je marche avec enthousiasme. La brise, le ciel dégagé, les gens en terrasse. C'est comme ça que j'aime Paris.
Je suis étonnée par l'absence de Daphnée en arrivant sur place. J'ouvre le magasin et replace les articles, histoire de m'occuper. Mon téléphone sonne, c'est elle.
– Allô la retardataire, gloussé-je pour la taquiner.
– Mina, peux-tu me rendre un service ?
– Bonjour à toi aussi, marmonné-je ironiquement.
– Je fais l'après-midi toute seule, si tu me laisses arriver à 14h00.
– Je suppose que ta nuit s'est bien passée.
– Mieux que ça... alors, tu veux bien ?
– Oui, bien sûr. Mais, 14h00, pas 14h30 !
– Ooooh merci, tu es la meilleure, s'écrie-t-elle d'une voix enjouée.
Je suis contente de constater que le courant passe entre ces deux là. Pour la suite seul l'avenir nous le dira, toujours est-il qu'ils se plaisent. Nathan a vu juste sur ce coup là. Je l'informe par sms, lui qui se posait la question, il sera sûrement content de l'apprendre.
Grâce aux réductions misent en place à ce jour, les clients affluent en nombre. Ce qui m'empêche de trop penser.

Transparent Lies  (nouvelle version)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant